Midzo Fly veut déjouer les embouteillages à Mayotte
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Le symbole n'a pas échappé à Soiyiff Mzé, porteur du projet Midzo Fly, lauréat 2024 du programme Propulse de l'Agence de l'innovation pour les transports (AIT)... En grève depuis le 2 juin, les chauffeurs de taxi de Mamoudzou, capitale de Mayotte, réclament l'accès aux voies du Caribus, le nouveau réseau de transport en commun qui desservira l'agglomération. Leur objectif ? Éviter les bouchons. Les embouteillages sont en effet un fléau sur l'archipel. Les infrastructures, que ce soit les routes, peu nombreuses, ou les quelques barges, nécessaires pour rallier les deux îles principales, sont vite saturées.
« Pour faire les sept kilomètres entre la ville et l'aéroport, il faut parfois plus de deux heures ! », s'exclame ainsi Soiyiff Mzé. Le jeune entrepreneur, qui a grandi en métropole et est revenu sur l'archipel il y a quelques années, a lui-même constaté ces difficultés. « J'attendais la barge pour rentrer et j'ai vu des dizaines de voitures à l'arrêt. Tout le monde va au même endroit, aux mêmes heures. Cela n'a aucun sens », s'exclame-t-il.
Comment régler le problème ? Au-delà du manque de routes, pas question de « rajouter des voitures aux voitures », poursuit-il. En fait, le problème majeur, pour ceux qui voyagent, ce sont les bagages. « Après analyse de la situation, mon idée a été de décharger les voyageurs de leurs bagages, pour qu'ils puissent prendre des taxis collectifs, par exemple », enchaîne-t-il. Les voyageurs peuvent donc contacter TCM (Transport Citoyen de Mayotte) Midzo Fly et faire livrer leurs bagages à l'aéroport avant leur départ, ou chez eux à leur arrivée, grâce aux utilitaires de la jeune pousse.
C'est certes un peu plus cher que les transports classiques, mais au moins, les passagers peuvent voyager légers et arriver à destination plus rapidement. Le service fonctionne depuis mars 2023 et les usagers, de plus en plus nombreux, sont satisfaits. Mais « d'autres clients potentiels ont encore du mal à franchir le pas, regrette-il, il faut faire évoluer les habitudes. » Ce que Soiyiff Mzé veut dire, c'est que les habitants de Mayotte ont l'habitude de « subir » les désagréments des transports et rechignent en outre à engager de nouveaux frais, après avoir payé très cher un billet d'avion - sans compter qu'ils ne sont pas encore convaincus des avantages...
Pour l'heure, Soiyiff Mzé organise les divers trajets mais à l'avenir, il n'exclut pas de faire appel à l'intelligence artificielle pour l'aider à optimiser les transports de bagages en utilisant le moyen le plus adapté et en évitant autant que possible les grands axes routiers. L'entrepreneur pense aussi à une campagne de communication, pour mieux faire connaître les atouts - pratiques, mais aussi en termes de respect de l'environnement, du fait de la mutualisation du transport de bagages et de personnes - de Midzo Fly.
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Le fait d'être lauréat du programme Propulse, en 2024, lui a permis d'échanger avec d'autres porteurs de projets. « J'ai pu m'ouvrir à différentes solutions, rencontrer des experts et me pencher sur la multimodalité, résume-t-il, sans oublier, bien sûr, l'apport en conseils techniques de la part des équipes de l'AIT, notamment sur la question réglementaire. » Aujourd'hui, il mesure l'impact de Propulse : grâce à la crédibilité qu'apporte la sélection au programme, il a accès aux décideurs et à d'éventuels investisseurs, « ce qui est très précieux, souligne-t-il. Désormais, quand j'écris à un dirigeant, il me répond. »
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Autant de points positifs qui l'invitent à aller de l'avant. Avec un service plus complet à l'avenir. Le transport de bagages pour l'aéroport pourrait ainsi être assorti de services complémentaires. D'autres lauréats qui utilisent la multimodalité route, transport par voie navigable, vélo....l'ont aussi incité à réfléchir non seulement à un service mêlant plusieurs modes de transport mais aussi à une offre de livraison de petits colis ou de médicaments, y compris par drone, afin, là encore, de déjouer les embouteillages. « Nous avons déjà un bel écosystème à Mayotte, il faut l'enrichir ! », conclut Soiyiff Mzé, qui compte bien, à l'avenir, participer de cette façon au développement économique et environnemental de l'archipel.
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