Fleur Pellerin à Granjon de Vente-privée : «Bravo et accélérons la TVA unique»

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Jacques-Antoine Granjon, le PDG de Vente-privée.com, et Fleur Pellerin, la ministre déléguée à l'Economie numérique.
Jacques-Antoine Granjon, le PDG de Vente-privée.com, et Fleur Pellerin, la ministre déléguée à l'Economie numérique. (Crédits : DR)
Venue visiter le siège du site d'e-commerce Vente-privée.com à l'approche des fêtes de Noël, la ministre déléguée à l'Economie numérique a félicité le PDG et fondateur, Jacques-Antoine Granjon de cette «belle réussite française qui s'exporte». Elle a aussi promis de militer pour que la concurrence fiscale entre Etats européens cesse avant 2019.

«Bienvenue dans le plus grand magasin de France... en visiteurs uniques quotidiens», a lancé Jacques-Antoine Granjon, le fondateur et PDG du site Vente-privée.com en accueillant mardi matin Fleur Pellerin, la ministre déléguée à l'Economie numérique, à son siège de Saint-Denis, près de Paris. «Je ne peux que me réjouir de visiter une entreprise française en si bonne santé. Vous créez des emplois en France, bravo! Vente-privée.com est une réussite française qui a connu une croissance extrêmement rapide, qui s'exporte même aux Etats-Unis, c'est l'un des fleurons du e-commerce français», a déclaré la ministre, devant plusieurs centaines de salariés. Déstockeur reconverti en site de vente événementielle en ligne en 2001, Vente-privée emploie 1.800 personnes et réalise plus de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires, à 80% en France. Venue lancer symboliquement l'ouverture des achats en ligne à l'approche des fêtes de Noël, afin de passer un message sur les progrès de la confiance dans le numérique et le paiement en ligne, Fleur Pellerin a fait valoir qu'«en période de crise, Internet permet d'acheter moins cher et de faire gagner aux Français du pouvoir d'achat».

Couplet de Granjon contre le «dumping fiscal» en Europe
Remerciant la ministre de sa visite, «une preuve de reconnaissance, nous en avons besoin», l'entrepreneur au look inimitable a demandé «la stabilité sociale et fiscale» et surtout l'avènement d'un «grand marché européen où il n'y ait pas de dumping fiscal: je ne vois pas pourquoi des entreprises paieraient moins d'impôts parce qu'elles sont installées au Luxembourg ou en Irlande», a relevé Jacques-Antoine Granjon (comprendre des entreprises comme Amazon). La ministre a répondu que le gouvernement était pour l'accélération du calendrier de passage à la TVA unique dans l'Union qui doit s'étaler entre 2015 et 2019: «c'est un horizon très lointain. Nous discutons avec nos partenaires européens pour que cette concurrence fiscale entre Etats cesse avant 2019.» Interrogée sur les subventions que le géant américain Amazon pourrait recevoir dans le cadre de l'implantation de son quatrième entrepôt en France, près de Douai, et qui devrait créer 2.500 emplois d'ici à 2015, la ministre a observé que ces subventions ne sont pas de son ressort mais sont attribuées par les collectivités locales qui sont forcément sensibles à cette perspective de création d'emploi. «C'est très bien qu'ils créent des emplois. Amazon, c'est une boîte merveilleuse, dont j'ai appris beaucoup, sur l'importance de la qualité de service et de la logistique. Mais il n'y a aucune raison qu'elle paie zéro impôt en France», a réagi de son côté Jacques-Antoine Granjon, qui croit en une «Europe des 9», plus réduite mais aux règles communes.

«Pas de sur-régulation du droit du consommateur» selon la ministre
Autre demande de l'entrepreneur: «ne pas trop légiférer sur la défense du consommateur. La concurrence se trouve à un clic. Le consommateur est roi, libre, mature, il s'informe et sait se défendre. Le Net trompeur ça ne marche pas, les gens ne reviennent pas sur le site», a-t-il remarqué. «Il faut trouver un bon équilibre, éviter la «sur-régulation» en matière de droit du consommateur. Les gens votent avec leurs pieds s'ils ne sont pas contents», a répondu la ministre. «L'e-commerce c'est du commerce, ce n'est plus un secteur à part», selon le fondateur de Vente-privée qui pronostique qu'il restera «le dernier pure-player, car nous venons des entrepôts. Même Amazon ouvrira des boutiques. Nous, grâce au numérique, on se réinvente tous les jours. On va se diversifier: on développe la vente de vin, de voyages, de spectacles» et le site envisage aussi de vendre des applications mobiles. Une idée sans doute inspirée d'Amazon qui a son propre App Shop d'applications pour smartphones et tablettes sous Android...

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Commentaires
a écrit le 27/11/2012 à 18:15 :
ce qui est dommage c'est qu'il n'est pas parler à quand la fin du droit d'auteur ?ce qui est une vrai menace sur les liberté individuelles et sur les entreprises qui veulent se développer sur internet.

mais bon, comme les politiciens ont peur de perdre des spectacles dans leur villes que la sacem et cie menace de ne plus financer si les élus ne votent pas les lois et les barèmes exiger par eux dont même la presse ne relaient même pas ces menaces.

et puis, uniformaliser la fiscalité européenne mais avec quel barème? les barèmes de la france avec toutes ces taxes? ou les barème du luxembourg ou irlande qui sont moins chers?
a écrit le 27/11/2012 à 18:13 :
en 2019 , elle ne sera plus la , parole parole parole
a écrit le 27/11/2012 à 18:13 :
Uniformiser les TVA, c'est bien (25% au Danemark, on s'aligne ?) mais je ne sais pas si elle espère que l'Irlande va augmenter ses taxes, et autres impôts sur les sociétés, ou le Luxembourg, la Belgique. La TVA d'ici 2019, les taux d'imposition, vers 2039 ? A quoi ça servirait si les industries pouvaient aller dans tout pays sans avoir besoin de comparer pour optimiser ? L?Europe est un assemblage de pays différents, pas une unité (à part la monnaie).
a écrit le 27/11/2012 à 17:52 :
uniformisation de la fiscalité en europe? je suis preneur, mais alors fini les somptueuses dépenses publiques française, et puis fini la souveraineté de la france. Peut-etre meme qu'alors un gouvernement français deviendra inutile?

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