Difficile de trouver un financement ? ... Allez sur le Net !

 |   |  1397  mots
Copyright Reuters
Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2013. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Comment trouver des fonds pour son entreprise ou son projet lorsque les investisseurs institutionnels vous claquent la porte au nez ? Le crowdfunding, ou financement participatif, veut combler cette lacune en recourant à la participation massive des internautes.

52.945.885 dollars, c'est la somme que Formlabs a levée en octobre dernier avec son projet, Form 1, d'imprimante 3D haute définition à prix abordable, auprès de 2068 internautes sur la plate-forme Kickstarter.com. Mieux : la start-up américaine a touché trois fois la somme espérée! Un « carton » qui illustre l'intérêt grandissant du crowdfunding, « financement participatif ». À savoir le financement d'un projet solidaire (une école en Afrique, des vélos pour les non-voyants, etc.), projet créatif (art, cinéma, musique, BD, jeux vidéo, journalisme, technologies, etc.) ou d'entreprises, grâce à de petites sommes collectées auprès d'un très grand nombre d'internautes. Pour preuve, la moitié des donateurs individuels de Formlabs ont versé moins de 100 dollars. Dans son sillage, d'autres start-up ont mobilisé plusieurs millions de dollars sur le site Kickstarter : 2,437 millions pour Oculus VR, qui rêve de développer un casque 3D immersif pour le jeu vidéo. Et 1,314 million pour Lifx, qui veut révolutionner les ampoules d'éclairage LED.

Selon une étude de mai 2012 conduite par l'association Crowd-sourcing.org, le financement participatif s'est industrialisé, avec plus de 500 acteurs dans le monde qui, à eux tous, ont levé plus de 1,5 milliard de dollars - dont 837 millions aux États-Unis et 583 millions en Europe. Quant au nombre de projets financés avec succès par les internautes, il a dépassé le million durant la seule année 2011! En fait, le crowdfunding, qui recense 56% des acteurs en Europe contre 30% aux États-Unis (14% dans le reste du monde), se répartit en quatre créneaux.

À commencer par les plates-formes de dons purs (donation-based crowdfunding). Avec 27% des acteurs, elles concentrent 49% des fonds. Viennent ensuite les plates-formes de prêts participatifs (lending-based crowdfunding) - avec rémunération ou non - qui totalisent 11% des opérateurs et drainent 22% des fonds. Suivies par les sites d'investissement participatif au capital des entreprises (equity-based crowdfunding). Ceux-ci représentent 15% des opérateurs et 18% des fonds mobilisés. Enfin, le don avec contrepartie en nature (reward-based crowdfunding) rassemble 47% des acteurs et mobilise 11% des fonds collectés.

Le grand bond en avant du capital participatif

« Le mouvement s'accélère! », se réjouit Mathieu Maire du Poset, directeur des projets Ulule (dons avec contrepartie) qui, depuis 2010, enregistrent 1830 projets dont 62% ont été financés - contre 40 à 50% en moyenne dans le secteur du crowdfunding. La plate-forme tricolore, la seule à être présente en six langues, a ainsi collecté 5,3 millions d'euros dont 85% ont été reversés aux projets. « Nous avons collecté 1 million ces quatre derniers mois. Il nous avait fallu deux ans pour collecter les quatre premiers! »

De fait, d'après Crowdsourcing.org, la collecte a connu une progression de 63% entre 2009 et 2011. Les segments les plus dynamiques étant celui du don avec contrepartie (avec une progression de 524%!) et celui de l'equity (avec une augmentation de 114%).Cet engouement s'explique autant par la simplicité d'utilisation de ces plates-formes que par les manques du système financier traditionnel qu'elles comblent. « Cela faisait environ un an que je cherchais des fonds, environ 200000 euros, pour développer mon site web mesvignes.com destiné aux passionnés du vin et de la vigne, explique la PDG, Emmanuelle Garralon, dont l'activité, lancée en 2006, génère 600000 euros de chiffre d'affaires avec 6000 clients et près de 35% de marge opérationnelle. J'avais participé à de nombreuses rencontres avec des investisseurs... mais cela n'avait jamais rien donné. »

La dirigeante entend alors parler des sites d'investissements participatifs et des opérateurs français comme Anaxago, FundMe, Smart Angels, WiSEED ou Finance utile. Emmanuelle Garralon fait affaire avec ce dernier et, au bout de trois mois de campagne, mesvignes.com lève 100000 euros auprès de 35 investisseurs dont cinq proviennent du réseau des 400 investisseurs de la plate-forme Finance utile. Laquelle apporte, à l'instar de ses concurrents, à la fois une méthode (création d'une holding passive pour concentrer les investisseurs), des conseils (business plan, marketing, positionnement, animation des réseaux sociaux...) et une infrastructure Internet peu onéreuse.

"Chaque année, 2.000 start up cherchent des fonds propres"

En effet, Finance utile ne prend que 5% de frais de gestion sur les internautes et 6% sur les start-up. Ainsi que de 15% à 20% des plus-values, s'il y en a, en sortie (revente des parts des investisseurs à un autre investisseur ou à l'occasion d'une introduction en Bourse).« Chaque année, près de 2.000 start-up en France cherchent des fonds propres. Et à peine 200 d'entre elles en trouvent auprès des business angels. C'est dire le besoin de voir émerger une nouvelle race d'investisseurs avec le crowdfun-ding », souligne Thierry Merquiol, le PDG de WiSEED, lancée à Toulouse en 2009 qui a financé, pour 4 millions d'euros, 22 sociétés grâce à 14000 investisseurs.

« Sur notre plate-forme, le ticket moyen d'un investisseur est de 1500 euros. Tandis que le portefeuille d'un business angel est de 17000 euros et celui d'un investisseur en Bourse sur Internet [il y en a 2 millions en France, ndlr] est de 15000. En revanche, chez nous, le taux de réinvestissement est de 2,2 », reprend Thierry Merquiol dont le plus beau « coup » est la sortie d'Antabio (lutte contre les infections nosocomiales) à 600000 euros en à peine dix-huit mois après avoir levé 300000 euros! « Mais nous sommes bloqués par la réglementation française, assure-t-il. Pour faire une offre publique de titres financiers, il faut obtenir un agrément auprès de l'Autorité des marchés financiers [AMF]. » Trop coûteux, trop long et trop complexe pour une TPE de quatre salariés qui réalise 200000 euros de chiffre de d'affaires.

La France n'est pas la seule à devoir adapter sa réglementation. « Aux États-Unis, l'investissement participatif devrait être légalisé en 2014. À ce moment-là, les réseaux de business angels devraient y adhérer », analyse David Drake, dans le magazine Forbes. Le président de LDJ Capital, une société new-yorkaise d'investissement, prophétise que le crowdfunding pourrait alors lever 1000 milliards de dollars en 2020! Autant de problèmes que ne connaît pas le don avec contrepartie. Lequel comporte - encore - une dimension militante ou relati-vement désintéressée. « Nous voulons fédérer les enthousiasmes sur des projets participatifs : construire une cantine au Nord du Togo au profit d'enfants atteints du sida, acquérir cinq tandems pour emmener des jeunes voyants et malvoyants en séjour d'Angers à l'Île de Ré... », énumère Hortense Garand, cofondatrice et responsable de Babeldoor qui, depuis février 2010, a collecté 250.000 euros auprès de 12.000 membres. « Soutenir un projet, recevoir des informations sur son déroulement, prendre part ainsi à l'aventure... tout ceci plaît à un certain public », confirme-t-elle.

Quand le don rapporte jusqu'à 20 fois la mise !

« Nous voulons rendre l'argent à son utilité première : aider à concrétiser les projets qui, chez nous, concernent en priorité l'audiovisuel - courts, moyens, longs métrages, vidéos, etc. - pour des montants, en moyenne, de 5.000 à 6.000 euros », renchérit Vincent Ricordeau, PDG de KissKissBankBank, qui a réalisé un chiffre d'affaires 2012 de 439.000 euros. Depuis 2010, il a collecté 4 millions d'euros auprès de 90000 membres, au profit de 2397 projets, sur 9.322 projets reçus. En majorité, les opérateurs de dons avec contrepartie, comme Babeldoor, KissKissBankBank ou Ulule se rémunèrent à hauteur de 8% (5% pour l'opérateur et 3% pour les transactions financières de paiement électronique) sur la collecte lorsque celle-ci réussit à atteindre le montant annoncé par le porteur du projet.

Dans le cas inverse, les fonds sont restitués aux donateurs. Bien qu'éloigné de la spéculation, le don peut se révéler lucratif s'il se fait contre rémunération. En témoigne Michaël Goldman, PDG de MyMajorCompany, une société de production pour musiciens créée en 2007, qui a fait un « carton » en lançant le chanteur Grégoire, devenu plus gros vendeur français de disques en 2009 : « Nous avons d'emblée proposé de partager les recettes des disques entre les internautes, les artistes et nous. Nous avons ainsi mis une dizaine d'artistes en ligne. Ils ont été produits en six mois à hauteur de 70.000 à 100.000 euros. Avec Grégoire, les internautes ont gagné plus de vingt fois leur mise. L'un d'eux, qui avait investi 6.000 euros, a donc gagné 130.000 euros! »À noter enfin que le crowdfun-ding veut désormais diversifier ses recettes. Ainsi l'opérateur KissKissBankBank s'apprête-t-il à ouvrir le code source du logiciel de sa place de marché électronique. D'autres veulent proposer leur plate-forme en marque blanche ou devenir « sourceur » de projets auprès des business angels en présentant des start-up avec un solide business plan.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 26/02/2018 à 16:08 :
bonjour, je recherche un financement remboursable sur 5ans. merci
a écrit le 11/11/2017 à 15:52 :
Bonjour je cherche un partenaire financier pour monter une affaire dans le domaine en réseau informatique Telecom et sécurité
a écrit le 04/05/2016 à 16:51 :
bonjour,Je recherche un financement pour la realisation de mon projet de patisserie.
a écrit le 13/03/2016 à 11:44 :
Bjr c'est pr demander si ce site a une plate-forme participatif en afrique plus particulierment au niger,prceque jaimerai monter 1ptit-bussness etant etudiant ds la trsport-logistique,besoin d'appui financier pr me lancer ok merci de votre aide.
a écrit le 13/03/2016 à 11:44 :
Bjr c'est pr demander si ce site a une plate-forme participatif en afrique plus particulierment au niger,prceque jaimerai monter 1ptit-bussness etant etudiant ds la trsport-logistique,besoin d'appui financier pr me lancer ok merci de votre aide.
a écrit le 13/03/2016 à 11:43 :
Bjr c'est pr demander si ce site a une plate-forme participatif en afrique plus particulierment au niger,prceque jaimerai monter 1ptit-bussness etant etudiant ds la trsport-logistique,besoin d'appui financier pr me lancer ok merci de votre aide.
a écrit le 29/02/2016 à 13:06 :
Je suis en quête d'un partenaire financier
a écrit le 07/05/2013 à 8:32 :
Merci Erik pour ce bel article. Pour suivre sur les commentaires de Patrick Hannedouche, je suis convaincu qu'il y aura des rapprochement, mais c'est encore tôt, plusieurs business models co-existent et d'autres sont encore à inventer. Par exemple chez happy-capital.com, plateforme dédiée au financement des entreprises par les particuliers, chaque entreprise qui lève des fonds doit être accompagnée par un cabinet spécialisé pendant un an. Autre particularité, l'internaute peut financer des sociétés quel que soit leur stade de vie et ainsi répartir son portefeuille... Le crowdfunding se professionnalise! Philippe GABORIEAU
a écrit le 29/04/2013 à 19:10 :
De même qu'en France bien que ce système de financement connait un grand essor aux Etats unis, son utilisation en Afrique reste encore à être adopté. Plusieurs plateformes existent comme devhope.com mais la population reste encore inactive par rapport à ce genre d'initiative, toutefois certains projets sont financés mais pas comme aux Etats unis, donc debout l'Afrique!
a écrit le 27/04/2013 à 10:03 :
On s en fout !!! Nous en France on a la royale BPI ... Ça sert à rien , à part engraisser quelques hauts fonctionnaires mais c est à nous !!! Et puis surtout, tout investissement fait en France serait immédiatement punis par une taxe ... Une confiscation en cas de succès par l état , un prélèvement en cas de leg ...
a écrit le 27/04/2013 à 8:02 :
Attention de ne pas faire croire les startups au Père Noël, Erick. En effet, le crowdfunding balbutie encore en France. Maintenant espérons qu'il va vraiment décoller, par exemple grâce à un regroupement des acteurs, beaucoup trop nombreux par rapport à la taille du marché.
Cordialement - Patrick Hannedouche
a écrit le 26/04/2013 à 21:26 :
Bonjour,

Merci pour cet article intéressant. En effet le financement participatif en est encore à ses débuts en France, et n'est pas aidé par la législation (pou l'instant).
Attendons le résultat des Assises de l'Entrepreneuriat, des mesures doivent être prises pour favoriser l'émergence de cette alternative.

Vous oubliez de citer Particeep.com, qui propose un accompagnement personnalisé aux investisseurs et des outils dédiés...

A très vite,

www.particeep.com

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :