La vie numérique après la mort : le nouveau défi des géants du web

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Le service de Yahoo propose pour 180 yens (1,31 euro) par mois l'envoi d'un email préparé par l'utilisateur à jusque 200 adresses mail. | Yahoo Japan
Le service de Yahoo propose pour 180 yens (1,31 euro) par mois l'envoi d'un email préparé par l'utilisateur à jusque 200 adresses mail. | Yahoo Japan (Crédits : Yahoo Japan)
Yahoo a lancé au Japon un service permettant aux abonnés de résilier leurs offres à ses services payants mais aussi d'effacer certaines de leurs traces digitales. Ce n'est pas la première entreprise à se lancer dans cet exercice.

La mort constitue généralement un obstacle de taille dans la gestion de la vie numérique. Au Japon, il suffit de demander à Yahoo. L'entreprise propose désormais à ses utilisateurs prêts à payer le prix de gérer leur existence en ligne après la mort

"Le travail de Yahoo Japan a été de résoudre les problèmes sociaux à travers le pouvoir de l'Internet et de fournir des services du berceau au tombeau", a expliqué au Washington Post Megumi Nakashima, porte-parole de l'entreprise. "Nous avions des services pour la partie berceau, mais rien pour le tombeau."

Envoi d'emails et espace de commémoration 

Destiné notamment aux personnes éloignées de leurs proches, le service propose pour 180 yens (1,3 euro) par mois l'envoi d'un email préparé par l'utilisateur à jusque 200 adresses mail, ainsi qu'un "espace de commémoration", où chacun peut laisser une message de condoléance en ligne.

Avec Ending, l'entreprise propose également de supprimer les données de la boîte mail Yahoo, les photos et vidéos herbergées sur le service de stockage en ligne Yahoo Box mais aussi d'arrêter automatiquement les prélèvements au service de paiement en ligne Yahoo Wallet, facilitant ainsi les démarches administratives pour la famille du défunt.   

Un service de plus en plus présent sur le Net 

Yahoo Japan n'est pas la première entreprise à se soucier de la vie digitale de ses utilisateurs après leur décès. La France n'est pas en reste avec le site La Vie d'Après, lancé en 2010, sorte de coffre-coffre numérique permettant le stockage en ligne de documents importants ou la rédaction de mémoires en ligne. La sépulture à Montauban (Midi-Pyrénées) du dernier président de la République espagnole a même été dotée d'un QR code redirigeant vers le site d'une association lui rendant hommage, avec notamment un accès au testament du défunt, mais aussi à des photos ou vidéos. 

À l'international, nombreux sont les sites offrant également des services en ligne pour saluer la mémoire des morts, comme les liste le blog The Digital Beyond, consacré à l'existence digitale après la mort. 

Parmi eux, Dead Man Switch, créé en 2008, qui propose de créer des emails à envoyer après le décès de l'utilisateur. Le site impose toutefois des connexions régulières (une fois tous les deux mois à peu près), sans quoi les emails partiront sans sommation. Autre solution, plus complète cette-fois, Afternote. La plateforme sécurisé en ligne permet de stocker ses photos dans un album digital, de laisser des messages pour ses proches mais aussi d'indiquer quoi faire de ses comptes personnels sur les réseaux sociaux. 

Google et Facebook s'y sont mis aussi

Facebook d'ailleurs propose de transformer le compte d'une personne décédée en "compte de commémoration" et indique sur son site toutes les démarches à suivre, notamment fournir une preuve du décès. Attention toutefois, le compte sur le réseau social en ligne reste ainsi figé pour l'éternité :

Les comptes de commémoration ne peuvent en aucun cas être modifiés. [...] Tout le monde peut envoyer des messages privés à la personne décédée. [...] Les contenus qui ont été partagés par la personne décédée  restent sur Facebook et sont toujours visibles par les personnes avec qui ils ont été partagés.

De son côté, Google a mis en place depuis avril 2013 un moyen de donner accès à son compte grâce à ce que le moteur de recherche qualifie, dans un doux euphémisme, de "Gestionnaire de compte inactif". Après une période de non-connexion allant de trois à 12 mois, un utilisateur peut choisir de supprimer toutes ses données (cela inclut les services Gmail, Google+ ou encore Picasa) ou de les faire transférer à une ou plusieurs personnes de confiance. 

À la différence de Yahoo Ending, aucun de ces services ne propose toutefois d'offre incluant les funérailles du défunt. La mort digitale va finir par perdre toute réalité. 

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Commentaires
a écrit le 24/07/2014 à 9:44 :
A suivre aussi, Perpetu et WishTree, 2 startups basees a Hong Kong.

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