Apple Music arrive, le streaming en ébullition

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(Crédits : DR)
La marque à la Pomme a enfin lancé Apple Music, son nouveau service de streaming musical par abonnement mensuel. Un coup dur pour les actuels leaders de ce marché, Deezer et Spotify, mais qui réjouit les maisons de disques.

Article mis à jour le 1er juillet avec précisions sur le service, réactions des maisons de disque et des acteurs du streaming.

C'est fait : Apple a officiellement lancé son nouveau service de streaming payant. Disponible dans plus de 100 pays dont la France, Apple Music fonctionne grâce aux technologies développées par Beats, la société du rappeur Dr Dre et du producteur Jimmy Lovine, rachetée à prix d'or 3 milliards de dollars l'an dernier.

Alors qu'il était question d'un forfait low-cost, combattu par les maisons de disques avec lesquelles Apple négociait ses droits, Apple Music coûtera en fait, comme Deezer et Spotify, 9,99 euros par mois. Sans créer de nouveau compte, l'utilisateur d'iTunes pourra bénéficier d'un catalogue de 40 millions de titres, soit davantage que les acteurs leaders du marché. D'abord disponible uniquement sur iPhone, le catalogue sera aussi proposé sur Android dès l'automne.

Une radio mondiale, un réseau social et Taylor Swift

Pour séduire un nouveau public et débaucher les utilisateurs des services concurrents, Apple Music applique le principe du "try and buy" : les trois premiers mois seront gratuits, l'utilisateur devra ensuite s'abonner pour continuer à profiter du service.

Apple Music proposera aussi une radio mondiale, Beats One, qui diffusera depuis trois villes, New York, Los Angeles et Londres. Le service comprend également une plateforme sociale, nommée Connect, sur laquelle les artistes pourront poster photos, vidéos, paroles de leurs chansons ou même nouveaux titres, que leurs fans pourront partager et commenter.

L'arrivée d'Apple Music s'accompagne aussi d'un "scoop éditorial" en proposant en exclusivité en streaming l'album "1989" de la chanteuse Taylor Swift. Apple a eu chaud: la star américaine avait menacé de retirer son album de la plateforme si Apple ne la rémunérait pas pendant les trois mois d'essais du service. Une revendication à laquelle la Pomme a immédiatement cédé.

"Une marée qui va soulever tous les navires"

Comment le vivent les concurrents ? Officiellement, tout va bien. La concurrence aborde l'arrivée de l'éléphant Apple dans leur magasin de porcelaine avec une grande sérénité. "Il y a assez de place pour trois, voire quatre ou cinq acteurs, vu le potentiel du marché", a déclaré aux Echos Hans-Holger Albrecht, le nouveau patron de Deezer, lors du Midem de Cannes, début juin.

De son côté, le patron de Sony Music Entertainment, Doug Morris, qui a signé un accord avec Apple, se réjouit de son entrée en scène dans le streaming. "Toutes les entreprises vont bénéficier de l'arrivée d'Apple, c'est une marée qui va soulever tous les navires", a-t-il déclaré.

Pascal Nègre, le PDG d'Universal Music France, est sur la même longueur d'ondes, comme il l'a exprimé ce mardi devant La Tribune :

"C'est une excellente nouvelle car l'abonnement en streaming est clairement le présent et l'avenir de l'industrie musicale. Apple, par sa puissance de frappe, représente un extraordinaire accélérateur et va convertir une part importante de la population au streaming".

Toutefois, l'arrivée tonitruante d'Apple dans le streaming musical ne fait pas que des heureux, à l'image d'une partie des artistes et producteurs indépendants, qui critiquent une très faible rémunération, notamment à cause de l'offre "Famille".

>> Lire : "Apple va tirer l'ensemble du secteur de la musique vers le bas"

Objectif 100 millions d'utilisateurs !

Quelles sont les chances d'Apple de réussir dans cette industrie ? Les analystes se refusent à pronostiquer un succès aussi fulgurant que l'iTunes Music Store en 2003. La raison est simple : Apple arrive tard sur le marché du streaming musical. En revanche, la Pomme dispose de nombreux atouts.

Sa base de clients iTunes et sa communauté encore plus large d'utilisateurs d'iPhone et d'iPad pourraient lui permettre de rattraper vite son retard. Et en intégrant automatiquement Apple Music à ses produits, notamment ses smartphones et ses tablettes, la marque à la pomme compte inciter ses clients à adopter naturellement son propre service de streaming... et délaisser celui des concurrents.

Apple, en tout cas, ne doute pas. Selon l'agence AP, la firme vise pas moins de 100 millions d'abonnés ! Un chiffre pharaonique, peut-être un peu trop ambitieux puisque l'actuel leader mondial du streaming musical, Spotify, ne compte que 60 millions d'abonnés.

Au rayon des risques, Apple déboule dans le streaming dans une position quelque peu nouvelle. Jusqu'à présent, la Pomme lançait les tendances, comme ce fut le cas avec l'iTunes, l'iPod, l'iPhone ou l'iPad. Cette fois, Apple arrive dans la peau du challenger.

"Spotify, Pandora ou Deezer ne sont pas indélogeables, mais ils sont tout de même bien installés. D'autant plus qu'ils ont conclu dans plusieurs pays des partenariats avec des opérateurs de télécommunications qui proposent leur service de streaming avec leurs forfaits internet et mobile", rappelle à La Tribune Stéphanie Baghdassarian, analyste chez Gartner spécialisée dans la musique en ligne.

Changement de stratégie

L'arrivée de la firme dirigée par Tim Cook dans le streaming musical est une petite révolution. Car la Pomme avait tout misé sur le téléchargement de musique avec l'iTunes Music Store, lancé en 2003.

Et même si Apple reste numéro un mondial sur le marché de la musique téléchargée, il perdait inexorablement des parts de marché sur le secteur de la musique en ligne en général en étant absent du streaming.

Une erreur imputable à Steve Jobs, le fondateur d'Apple, qui a laissé Spotify et Deezer se partager un gâteau de plus en plus gros. Selon la Recording Industry Association of America (RIAA), le chiffre d'affaires du streaming musical atteint 1,9 milliard de dollars en 2014. Soit une augmentation de 27% par rapport à 2013... qui marquait déjà une hausse de 21% par rapport à 2012 !

      >>Lire: Comment Apple va bousculer Deezer et Spotify

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Commentaires
a écrit le 09/06/2015 à 21:44 :
C'est impressionnant que la "marque à la pomme" est toujours tant de succès malgré leur politique économique du toujours plus cher et surtout moins fiable. Les vieux IPOD fonctionne toujours, la batterie est d'origine, alors que les iphone... Et les pire sont ceux dont les écrans cassent.
Si dans un futur proche une marque doit mettre la clé sous la porte c'est bien elle.
Réponse de le 01/07/2015 à 14:36 :
c'est vrai que les tels sous android ne cassent jamais leurs ecrans et sont de plus en plus fiable.........
LOL
Il en faut pour tous le monde
a écrit le 09/06/2015 à 17:20 :
Reste a savoir si Apple ne vas pas faire pression auprès des éditeurs pour que la concurrence ne puisse plus proposer du "gratuit" financé par la pub.
a écrit le 09/06/2015 à 12:38 :
Apple va-t-il changer la répartition des revenus, c'est surtout LA vraie question. Pour le service, ce sera du Spotify, probablement en moins bien. Mais la répartition de la rémuneration des artistes est un sujet. Est-ce que leur système va donner 30 millions de dollars au lieu de 6 aux Taylor Swift et autres trucs bouseux poussés par les industriels ? Ou permettre une répartition plus qualitative comme le suggère Yves Riesel dans Le Monde ? J'ai peu d'illusions.

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