Bruxelles accuse Google d'abuser de sa "position dominante"

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Google est sous la menace d'une amende équivalent à 10% de son chiffre d'affaires. Ce qui représente environ 6 milliards de dollars (5,6 milliards d'euros).
Google est sous la menace d'une amende équivalent à 10% de son chiffre d'affaires. Ce qui représente environ 6 milliards de dollars (5,6 milliards d'euros). (Crédits : © Christian Hartmann / Reuters)
La Commission européenne a adressé ses griefs au géant de Mountain View. Elle a également ouvert une enquête antitrust sur Android, son système d'exploitation pour appareils mobiles.

Comme attendu, la Commission européenne a mis en cause formellement Google, mercredi 15 avril. Elle explique que le géant américain "a abusé de sa position dominante sur les marchés des services de recherche générale sur Internet dans l'Espace économique européen". Et ce, "en favorisant systématiquement son propre comparateur de prix dans ses pages de résultats de recherche générale". Un comportement qui selon la Commission "entrave la concurrence et porte préjudice aux consommateurs".

Android dans le collimateur de Bruxelles

En outre, Bruxelles a ouvert une enquête sur le système d'exploitation Android. La Commission cherche à  savoir si le géant américain a, par le biais d'"accords anticoncurrentiels", commis un éventuel abus de position dominante "dans le domaine des systèmes d'exploitation, applications et services relatifs aux dispositifs mobiles intelligents".

Dans le détail, la Commission européenne tentera de déterminer si le géant américain a incité "les fabricants de téléphones intelligents et de tablettes à préinstaller exclusivement les applications ou services de Google".

En outre, elle évaluera si l'entreprise a "empêché les fabricants de téléphones intelligents et de tablettes, qui souhaitent installer des applications et des services de Google sur certains de leurs appareils Android, de développer et de commercialiser des versions modifiées et potentiellement concurrente".

Pour rappel, en 2013, Nokia, Microsoft et Oracle entre autres avaient porté plainte auprès de la Commission européenne, dénonçant les pratiques anticoncurrentielles du moteur de recherche pour dominer le marché mobile.

Google sous la menace d'une amende salée

La commissaire européenne chargée de la politique de concurrence Margrethe Vestager craint que Google "n'ait injustement avantagé son propre service de comparaison de prix, en violation des règles de l'UE " mais ne ferme pas la porte à la société américaine, qui dispose désormais de 10 semaines pour répondre à ces "griefs":

"Google a à présent la possibilité de convaincre la Commission du contraire. Toutefois, si l'enquête devait confirmer nos craintes, Google devrait en assumer les conséquences juridiques et modifier la façon dont elle conduit ses activités en Europe."

Google est sous la menace d'une amende équivalent à 10% de son chiffre d'affaires. Ce qui représente environ 6 milliards de dollars (5,6 milliards d'euros).

Google prêt à discuter

Le géant américain a réagi sur son blog officiel, déclarant avoir "hâte de discuter avec la Commission européenne au cours des prochains mois". Concernant Android, Google a assuré que son système avait plus que jamais aidé au développement de plus "d'alternatives et d'innovation" dans le mobile.

De son côté, l'organisation Icomp, s'est réjouie de la décision de la Commission,  la percevant comme une étape cruciale pour permettre aux consommateurs européens d'accéder à des marchés en ligne compétitifs et dynamique.

Les eurodéputés socialistes français se sont montrés satisfait par la décision de la Commission européenne:

"La Commission européenne ne doit pas transiger, elle doit utiliser tout l'arsenal dont elle dispose, en particulier la sanction financière. Le numérique représente en effet un gisement d'emplois considérable et l'Europe ne peut pas rester inerte face à Google et aux autres géants du web américain."

Investi dans la question Google, le Parlement européen avait appelé fin 2013 à un démantèlement de Google, soit une séparation de ses services commerciaux et de son moteur de recherche.

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Commentaires
a écrit le 16/04/2015 à 6:27 :
Cette enquête est probablement issue du lobbying d'un concurrent qui est encore plus dangereux mais paraissant plus "beau" aux yeux du grand public, y allant de belles déclarations de ce qu'elle fait pour la planète, pour les salariés de ses sous-traitants, de la poignee d'euros payes .....sur des milliards de bénéfices.
Bref genre "chez nous tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil".
Espérons qu'après le méchant, Bruxelles s'occupe aussi du gentil.
a écrit le 15/04/2015 à 20:22 :
Commençons déjà par s'occuper du problème de l’évasion fiscale. Est-il normale que quelques particuliers et grandes multinationales ne contribuent pas alors que le reste des entreprises et contribuables croulent sous les taxes ? C'est écœurant.
Est-ce que c'est ca concurrence non faussée ?
a écrit le 15/04/2015 à 16:15 :
"Abus de position dominante"!!! .... C'est énorme, comme ânerie. Google s'est créé tout seul, par la volonté simple de son créateur. Si l'on ne voulait pas de sa position dominante, alors pourquoi l'Europe n'a pas créé un concurrent valable? Et pourquoi ne le fait-elle pas aujourd'hui? C'est un terrible aveu de faiblesse de notre part. Google est une société américaine, les Américains sont nos fidèles amis depuis toujours et c'est grâce à leur bienveillance envers nous que l'Europe peut avoir l'accès à l'internet et à web. Autrement la France resterai encore scotchée au Minitel !! pensez-y.
Réponse de le 16/04/2015 à 16:47 :
Je parie plein de dollar US que vous ne savez meme pas qui a inventé le web
a écrit le 15/04/2015 à 14:55 :
"Abus de position dominante"!!! .... C'est énorme, comme ânerie.
Google s'est créé tout seul, par la volonté simple de son créateur. Si l'on ne voulait pas de sa position dominante, alors pourquoi l'Europe n'a pas créé un concurrent valable? Et pourquoi ne le fait-elle pas aujourd'hui?
C'est un terrible aveu de faiblesse de notre part et une façon honteuse de démontrer notre dépit.

Google est une société américaine, les Américains sont nos fidèles amis depuis toujours et c'est grâce à leur bienveillance envers nous que l'Europe peut avoir l'accès à l'internet et à web. Autrement la France resterai encore scotchée au Minitel !! espérons que nos amis américains relèvent qu'une telle ânerie ne vient que de la part de quelques zozos à Bruxelles, dépités du succès du géant Google, et qu'ils restent nos bons amis et protecteurs contre tous les maux de ce monde (ISIS, Poutine, la Chine, le BRICS, la Grèce, l'ébola et j'en passe).
a écrit le 15/04/2015 à 14:27 :
...et pourquoi pas iOS et Apple ? ...et pourquoi pas le montage Irlandais ?

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