OVHcloud victime d'un violent incendie dans son data center de Strasbourg

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L'incendie, visible pendant la nuit depuis plusieurs quartiers strasbourgeois, a provoqué un important nuage qui s'est déplacé vers les zones résidentielles de la ville de Kehl, en Allemagne.
L'incendie, visible pendant la nuit depuis plusieurs quartiers strasbourgeois, a provoqué un important nuage qui s'est déplacé vers les zones résidentielles de la ville de Kehl, en Allemagne. (Crédits : Olivier Mirguet)
Plusieurs sites Internet français, dont les applications sont hébergées dans ces installations, sont touchés.

Un important incendie a détruit dans la nuit de mardi à mercredi une partie du data center strasbourgeois d'OVHcloud. L'entreprise a indiqué que l'accident n'avait pas fait de victime parmi ses équipes, ni parmi les pompiers. La préfecture du Bas-Rhin a précisé que 43 engins et une centaine de sapeurs-pompiers avaient été mobilisés, soutenus par des moyens opérationnels envoyés sur place par les autorités allemandes. Le data center d'OVHcloud est implanté dans la zone industrielle du Port du Rhin, à proximité de la frontière.

L'incendie s'est déclaré vers 1 heure du matin, il n'a été maîtrisé qu'en début de matinée. L'alimentation électrique du site a été coupée « pour protéger les équipes et limiter la propagation de l'incendie », selon un communiqué diffusé par OVHcloud en milieu de journée. Mercredi en début d'après-midi, les équipes de gestion de crise dépêchées à Strasbourg n'étaient pas en mesure de préciser l'origine du sinistre. Le data center strasbourgeois comprend quatre unités dont l'une, SBG2, a été « totalement détruite », selon un salarié d'OVHcloud présent sur place. SBG1 a été « partiellement détruit » selon Octave Klaba, fondateur d'OVHcloud, qui a affirmé sur Twitter qu'il s'était rendu à Strasbourg. Les autres unités SBG3 et SBG4 n'ont pas été touchées directement par les flammes, mais leur fonctionnement a été impacté par la coupure de l'alimentation électrique. Une partie des installations annexes, situées dans les conteneurs disposés à l'extérieur du bâtiment, ont également été détruites.

Plusieurs sites Seveso à proximité

L'incendie, visible pendant la nuit depuis plusieurs quartiers strasbourgeois, a provoqué un important nuage qui s'est déplacé vers les zones résidentielles de la ville de Kehl, en Allemagne. La préfecture du Bas-Rhin a précisé que le site OVHcloud n'était pas classé Seveso. Le data center se situe dans la zone industrielle du port du Rhin, où se concentrent 500 entreprises et 10.000 emplois. Le bâtiment de 5.000 mètres carrés, qui se trouve au bord d'une darse, est entouré par des industries lourdes (aciérie NLMK, Arcelor Mittal). Plusieurs sites Seveso, dont un grossiste en céréales et des installations de stockage de pétrole, se trouvent à proximité.

Le rétablissement de l'alimentation électrique figurera parmi les priorités pour les équipes strasbourgeoises de gestion de crise. Sur place, les experts se sont rendus par petits groupes à l'intérieur des bâtiments, seulement équipés des lampes de poche de leurs téléphones portables. Certaines portes d'accès au data center sont restées ouvertes faute d'alimentation électrique. Octave Klaba a indiqué en fin de matinée que « tous les serveurs de SBG3 sont OK » et que les diverses alimentations, dont le réseau 20KV pour SBG3, allaient être reconstruites « d'ici une à deux semaines ».

De nombreuses entreprises affectées

Pour l'heure, les équipes d'OVHcloud ont débuté des investigations pour prendre la mesure des dégâts, et accompagner les clients dont les services étaient hébergés sur place. D'après une responsable d'OVHcloud, le site de Strasbourg n'héberge aucun site Internet, mais des applications dont certaines sont parfois nécessaires à leur bon fonctionnement. OVHcloud n'est pas encore en mesure de déterminer le nombre de clients touchés. « Nous devons mener des investigations profondes, pièce par pièce, rack par rack », affirme la responsable. En parallèle, les équipes d'OVHcloud accompagnent ses clients pour trouver, au plus vite, des solutions pour redémarrer leurs services.

A Strasbourg, nombre d'entre eux ont été affectés par les conséquences de l'incendie. D'après les Dernières Nouvelles d'Alsace, le site d'information et de réservation de l'aéroport de Strasbourg aurait été mis hors service suite à une panne informatique. Le journal régional précise que « l'aéroport a continué de fonctionner normalement ». Il rapporte aussi des pannes sur le sites de plusieurs offices de tourisme, et de la brasserie Meteor. Parmi les commerçants touchés dans la capitale alsacienne, des bureaux de tabac ont déploré la panne informatique qui les a privés d'accès aux serveurs de la Française des Jeux.

L'incident illustre la criticité du cloud

L'incendie a aussi, vraisemblablement, perturbé plusieurs clients dans tout l'Hexagone. Selon l'agence Reuters, l'agence de relations publiques Caroline Charles Communication, qui travaille pour le compte de groupes de mode et d'habillement, a indiqué ne plus pouvoir accéder à sa messagerie alors que se tient cette semaine la Fashion Week à Paris. Les sites des médias Sofoot et Society ne fonctionnaient pas, non plus, correctement. Le gouvernement, dont certaines données publiques sont hébergées chez OVHcloud, évalue aussi les conséquences du sinistre. Le site data.gouv a, pour sa part, semblé brièvement en panne.

Interrogé par La Tribune, OVHcloud n'était pas en mesure, en début d'après-midi, de préciser si certaines données étaient perdues. Sur les réseaux sociaux, et Twitter en particulier, certains clients s'en inquiètent. « L'incendie touchant un site majeur d'OVH rappelle un fondamental trop souvent oublié : un site Web, une activité Internet critique, cela se redonde sur au moins deux prestataires distincts. Si on privilégie le single-homing 'parce que c'est plus simple', on en assume les risques », tranchait ce matin Alexandre Archambault, avocat spécialiste du numérique. Ce grave incendie montre à quel point le cloud est devenu vital pour le bon fonctionnement des entreprises et services publiques. Dans le cas d'OVHcloud, 3,2% des sites Internet utilisent ses services selon le site spécialisé W3Techs.

Un accident majeur en 2017

En 2017, OVHcloud avait déjà fait l'objet d'un incident majeur. Le site de Strasbourg a essuyé une coupure d'électricité, tandis que ses data centers de Roubaix ont eux été privés d'Internet pendant plus de deux heures. Ces deux incidents, sans lien entre eux, avaient affecté de nombreux services en ligne. Les sites du groupe BFMTV, d'Arrêt sur images ou d'Interflora se sont retrouvés inaccessibles pendant plusieurs heures.

Ce nouvel accident intervient à un moment crucial du développement d'OVHcloud. Le champion du cloud, souvent présenté comme une alternative aux géants américains AWS, Microsoft Azure et Google Cloud, a annoncé ce lundi qu'il se préparait à une introduction en Bourse. « Cette opération, si elle devait se concrétiser, permettrait au groupe d'accélérer ses investissements et d'accroître sa visibilité et son attractivité, afin de proposer un cloud ouvert, réversible et transparent », a indiqué un représentant du groupe à l'AFP. Dans l'immédiat, son état-major a forcément d'autres préoccupations.

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Commentaires
a écrit le 12/03/2021 à 16:09 :
Il est tout a fait naturel de se préoccuper de la récupération des données, mais AVANT cela, peut-on raisonnablement les stocker sur un terrain:
En zone industrielle (incidence des dégâts collatéraux des voisins)
Le long d'une voie ferrée
Dans une zone sismique (modérée)
Dans un zone inondable
A deux pas d'une frontière (pas trop de risque d'envahissement mais incompréhensions administratives inévitables en cas de pépin)
a écrit le 11/03/2021 à 13:54 :
Dans la tech, on vous dit d'héberger vos données et systèmes dans les datacenters pour éliminer les risques d'incendie, d’inondation, de coupure d'accès et contre les tremblements de terre. Non seulement ça a pris feu, c'est inondé (plusieurs milliers de litre d'eau...), manquerait plus que la construction s'écroule. De plus, les accès fibre sont coupés et on a apprit que les générateurs (oui, LES) n'ont pas démarré. ça fait beaucoup... Je n'ai aucune compassion pour cet acteur qui construit un cloud en carton, qui manque également de clarté entre DC (datacenter) et SBG pour la répartition des serveurs lorsque vous souscrivez à un leurs services. Nous avons maintenant un manque total de confiance dans cet acteur du cloud dit "souverain". Peut être que d'autres acteurs français sont plus sérieux dans la gestion des risques à leur propre échelle.
a écrit le 11/03/2021 à 10:28 :
Comment un tel empilement de containers métalliques préfabriqués peut-il être considéré comme sécuritaire ?
La "densité énergétique" est telle que tout incident ne peut que se propager très rapidement, prenant de court les dispositifs de détection/protection.
S'il s'agit d'un feu électrique, très difficile à maitriser d'autant qu'il doit y avoir des alimentations sur batteries, il n'est pas étonnant qu'il se soit propagé aux cellules voisines dont le caractère coupe feu ne doit pas être équivalent à 20cm de béton.
a écrit le 11/03/2021 à 9:39 :
C'est maintenant qu'on va voir si les DRP (disaster recovery plan), existe, on été testé et fonctionnent.
Pour avoir mis en place un DRP en Allemagne, le client m' a dit quelques jours après. J' ai détruit des fichiers par erreur sur mon site, le serveur est HS. Pouvez vous récupérer les fichiers dans la journée, c'est très important. Ce que j' ai fait dans la journée depuis la France avec le pilotage a distance des équipements de secours hors site.
En fait rien n'avez disparu, il avait arrêter le serveur. c'était pour tester le DRP...
En sécurité : informatique, nucléaire, .. Le factuel prime, les dossiers sont nécessaire mais ne suffisent pas.
a écrit le 11/03/2021 à 3:23 :
Un accident, seuls les naifs y croiront. Un data est surequipe en securite incendie, c'est d'ailleurs une obligation, alors un incendie fortuit.....
a écrit le 10/03/2021 à 22:36 :
Si vous pensez encore qu’il n’y a pas de « complot » sur les traitements contre la Covid-19, lisez bien ce qui suit.

Il y a quelques jours, Emmanuel Macron a fait autoriser la prescription d’un médicament « innovant » à plus de 1 000 euros le traitement.

Ce médicament, appelé bamlanivimab, est très controversé :

Il n’a même pas passé la phase 2 des expérimentations (normalement un médicament doit avoir passé la phase 3 pour être autorisé) ;

Les tests préliminaires ne montrent pas d’efficacité probante… et on sait déjà que ce médicament sera inefficace contre les nouveaux variants ;

Il doit être prescrit à l’hôpital, donc bien après le début des symptômes, alors qu’il n’a de chances d’être efficace qu’au début de l’infection ;

Et pour couronner le tout, c’est le genre de médicament qui favorise l’apparition de nouveaux variants[1].
Bref, il n’y a vraiment aucune bonne raison d’accorder une « autorisation temporaire d’utilisation » à ce médicament.

Mais c’est pourtant ce que vient de faire l’Agence du Médicament.

« Une autorisation temporaire d’utilisation délivrée sur un niveau de preuve aussi faible, c’est probablement du jamais-vu »[2], a déclaré le Pr Mathieu Molimard, chef de service de pharmacologie clinique au CHU de Bordeaux.

Alors pourquoi avoir fait une chose pareille ?

Pour une seule raison : il y a derrière ce médicament un Big Pharma au lobbying puissant, le laboratoire Eli Lilly.

Les grands laboratoires comme Eli Lilly ont des relais chez les « grands pontes » de la médecine, les politiques et les hauts fonctionnaires bien placés.

Généralement, on ne sait pas trop qui a corrompu qui, qui a influencé qui.

Mais ici, on en a appris de belles !

Figurez-vous que parmi les grands directeurs du laboratoire Eli Lilly, on trouve une certaine Béatrice Cazeneuve.

Or, tenez-vous bien[3] :

Son mari, Jean-René Cazeneuve, est député LREM, le parti d’Emmanuel Macron ;

Son fils, Pierre Cazeneuve, est conseiller technique à l’Elysée ;

Sa fille, Marguerite Cazeneuve, était cheffe du pôle santé, solidarités et protection sociale auprès du Premier ministre Jean Castex.
Comme cela a été résumé sur twitter :

« Donc le médicament miracle identifié par Macron qui ne marche pas (1) est commercialisé par Eli Lilly, dont la directrice des nouveaux produits France (2) est l'épouse d'un député LREM (3), la mère de l'adjoint au chef de cabinet de l'Élysée (4) et de sa conseillère santé (5). » [4]

Et comme si cela ne suffisait pas, le mari de la fille, Marguerite Cazeneuve, est le très influent patron de l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France !!

Et voilà comment un médicament à 1 000 euros, inefficace et risqué a été approuvé par nos autorités.

C’est honteux.

Mais ce qui est beaucoup plus grave, c’est que ce sont les mêmes autorités qui bloquent un traitement pas cher, qui sauve des vies.
Réponse de le 11/03/2021 à 14:31 :
Pouvez-vous nommer le "traitement pas cher, qui sauve des vies" dont vous parlez ? Serait-ce l'antipaludéen obsolète totalement inefficace promu par un charlatan chevelu ?
Si cela était le cas, cela mettrait à bas votre théorie du complot.
Réponse de le 12/03/2021 à 9:44 :
"Pouvez-vous nommer le "traitement pas cher, qui sauve des vies"

Faut demander à Estrosi et Ciotti ,voir Macron, Brigitte ou Lemaire ils ont l'air en forme un an après .
a écrit le 10/03/2021 à 20:26 :
Avec tous les systèmes de sécurité dans un data center, il faut m’expliquer comment un incendie peux détruire l’ensemble du bâtiment. on ne nous dira jamais que ce ne peux êtres qu’un acte de malveillance
Réponse de le 11/03/2021 à 21:55 :
Dans une structure freecooling la gestion des incendies est hyper complexe voir impossible.

Le flux d'air traverse la structure et fait un vortex.

Sans clapet point de salut...

Et les gaz ne fonctionnent que si c'est étanche c'est quasi pareil pour le brouillard d'eau....

De toute façon quand une baie part en surchauffe... ça va vite et fort.

Avec de l'air qui passe ça fait torche...
a écrit le 10/03/2021 à 19:55 :
Great RESET !
Réponse de le 10/03/2021 à 22:30 :
Exactement ! Détruire pour reconstruire ailleurs, en Irlande ou en Allemagne ?

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