Cookies et publicité ciblée : la Cnil veut plus de transparence pour les internautes

La Cnil veut notamment simplifier le refus aux cookies.
Charles Platiau

La Cnil veut notamment simplifier le refus aux cookies.
Charles Platiau
Vous avez consulté votre site favori de sneakers, et vous vous retrouvez matraqué de publicités pour votre modèle préféré ? Ne cherchez pas plus loin : des cookies ont attentivement scruté vos activités en ligne. Ces mini-fichiers invisibles se déposent sur le terminal des internautes lors de la consultation de sites Internet. Ils permettent de collecter des informations sur les comportements de navigation pour proposer des publicités ciblées, par exemple.
en mai 2018.
Pour recueillir le consentement, les sites recourent à des petites fenêtres qui s'ouvrent lorsqu'un internaute consulte une page pour la première fois. Et bien souvent, il est mis en avant la possibilité d'accepter par défaut alors qu'il faut se heurter à des explications à rallonge pour s'opposer aux cookies. C'est notamment sur ce point que la Cnil s'attarde dans ses recommandations. Les professionnels doivent offrir à l'utilisateur "tant la possibilité d'accepter que celle de ne pas accepter", comme exigé par le RGPD, rappelle la Commission. Elle incite notamment à appliquer "le même degré de simplicité" pour accepter ou refuser les cookies. L'utilisateur ne devrait pas non plus subir de préjudice s'il refuse d'être tracé et doit être en mesure de retirer son consentement à tout moment, souligne le gendarme des données.
Le projet de recommandation est soumis à consultation publique jusqu'au 25 février, avant son adoption définitive courant mars. Le texte ne sera pas contraignant, mais visera à instaurer des bonnes pratiques pour l'ensemble de l'industrie. Évoquant une "véritable prise de conscience" des citoyens, la Cnil dit avoir "reçu de nombreuses plaintes individuelles et collectives (La Quadrature du Net, Privacy International, NOYB) relatives au marketing en ligne", justifie la Commission. C'est pourquoi elle a défini le ciblage publicitaire comme l'un des sujets prioritaires pour l'année 2019, et lancé un plan d'action en juin dernier.
D'après une étude IFOP commandée par la Cnil (voir méthodologie en bas de l'article), 65% des personnes interrogées ne jugent "pas efficaces" les demandes d'autorisation actuelles du consentement. De même, "65% des personnes indiquent avoir déjà accepté alors qu'elles n'étaient pas tout à fait d'accord ou qu'elles n'arrivaient pas à exprimer leur refus."
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Méthodologie : L'enquête a été menée auprès d'un échantillon de 1.005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l'échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d'agglomération. Les interviews ont été réalisées du 3 au 4 décembre 2019.