Faut-il un RGPD américain sur le modèle européen ?

Propos recueillis par Jeanne Dussueil
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données personnelles, RGPD
Pixabay / CC

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ADAM MICHEL, expert fiscalité au think tank The Heritage Foundation
« Non, nous n'y sommes pas favorables. Je pense que le California Consumer Privacy Act (CCPA) voté en Californie et qui s'inspire directement du RGPD (Règlement de protection des données personnelles) européen est un désastre [celui-ci permet notamment à l'utilisateur de récupérer ses données personnelles auprès d'une entreprise, de demander leur suppression, de refuser qu'elles soient vendues à un tiers, depuis juin 2018, ndlr]. Le RGPD est incroyablement compliqué et difficile à adapter ici, sans parler du coût que cela implique pour les entreprises pour se mettre en conformité. Pour les grandes entreprises, l'adaptation est envisageable, mais pour les plus petites, cela crée une véritable barrière à l'entrée. Résultat, cela ne fait qu'amplifier les forces en présence sur le marché. Bien sûr, avec Facebook, nous ne sommes pas dans un système parfait ou idéal, mais il reste toujours à l'utilisateur sa liberté de ne pas choisir ses services. Arrêtons d'utiliser Facebook si nous ne sommes pas d'accord avec sa politique en matière de données privées. Personnellement, j'ai accepté le fait qu'ils ont accès à tout ce que je publie. Si je marche dans un magasin, il est possible de savoir quel produit m'intéresse en particulier, celui que je regarde et lequel j'achète. C'est la même chose sur Facebook : ce n'est pas parce que c'est digital que nous devrions penser différemment.
Quant au risque de monopole sur la donnée, on disait exactement la même chose lorsque MySpace était à son apogée [réseau social lancé en 2003 attirant jusqu'à 130 millions d'utilisateurs en 2007, pour une valorisation qu'on estimait alors de 6 milliards de dollars et pouvant atteindre 20 milliards d'après les pronostics de l'époque] ; on les croyait intouchables. On a bien vu que ça n'était pas le cas.
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Au final, il ne faut jamais avoir recours à un gouvernement pour réguler la propriété privée car il ne fera jamais mieux. L'État engendre toujours des coûts additionnels et davantage de complexité pour tout nouveau compétiteur potentiel. Dans le même temps, les consommateurs ont, eux, toujours moins de pouvoir sur leurs données et leur vie privée. Dès lors, Facebook a tout intérêt à promouvoir davantage de régulation pour ériger ces barrières à l'entrée sur son propre marché. Notre monde actuel n'est pas parfait, mais le réguler massivement ne le rendra pas meilleur en termes de protection de la vie privée ou de liberté du consommateur. »
Propos recueillis par Jeanne Dussueil