Pour la première fois en dix ans, le numérique et les télécoms sont représentés au gouvernement par un ministre délégué et non plus par un secrétaire d'Etat. Une vraie promotion pour le secteur. En revanche, le choix de Jean-Noël Barrot, député Modem proche de François Bayrou, étonne l'écosystème du numérique français, qui s'attendait à la nomination d'un expert, dans la lignée des trois derniers titulaires du poste.Déception pour Philippe Englebert et Eric Bothorel, les deux favoris qui y auront cru jusqu'au bout. Et double surprise pour les observateurs du numérique. Dans le cadre du remaniement ministériel du 4 juillet, post-élections législatives, le chef de l'Etat, Emmanuel Macron, et la Première ministre, Elisabeth Borne, ont finalement choisi un profil qui n'était dans aucun radar. Le nouveau ministre délégué à la Transition numérique et aux Télécommunications est donc Jean-Noël Barrot, économiste, député des Yvelines, secrétaire général du Modem, et inconnu au bataillon pour une grande partie de l'écosystème français du numérique, qui aborde sa nomination avec étonnement et une curiosité mêlée d'appréhensions.
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Profil politique plutôt qu'expert, périmètre élargi
C'est un choix étonnant à deux titres. La première rupture d'Emmanuel Macron est le choix du titulaire, Jean-Noël Barrot. Il faut remonter à Fleur Pellerin, de mai 2012 à avril 2014, pour retrouver un vrai politique en charge du numérique au gouvernement. Cette proche de François Hollande et membre du Club XXIè siècle, qui a fourni une légion de cerveaux au président socialiste, n'était pas une spécialiste du sujet mais a durablement marqué l'écosystème en créant la Mission French Tech. De son côté, Jean-Noël Barrot est un proche de François Bayrou. Il est d'ailleurs le secrétaire général du Modem. Il vient de passer cinq ans à l'Assemblée nationale en tant que député à traiter de sujets concernant les entreprises en général et plus particulièrement les PME. Son entrée au gouvernement semble n'avoir été qu'une formalité tant son nom circulait avec insistance pour un maroquin ministériel depuis plusieurs mois.
Fleur Pellerin partage avec Jean-Noël Barrot un autre point commun : leur statut de ministre délégué, et non pas de secrétaire d'Etat. C'est la deuxième rupture d'Emmanuel Macron : tous les successeurs de Fleur Pellerin entre 2014 et 2022 -Axelle Lemaire, Mounir Mahjoubi, Cédric O-, étaient de « simples » secrétaires d'Etat. Ils avaient donc moins de pouvoir, étant donné que les secrétaires d'Etat figurent aux derniers rangs de l'ordre protocolaire et n'assistent pas aux réunions interministérielles où se décident les arbitrages politiques et financiers. Hasard ou pas, Axelle Lemaire, Mounir Mahjoubi et Cédric O étaient aussi tous les trois des « technos », des spécialistes du secteur. Le retour du numérique dans un ministère délégué coïncide donc avec le retour d'une personnalité politique pour l'incarner, plutôt qu'un expert.