Facebook : des bénéfices records malgré une image dégradée

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Le géant du numérique a réalisé d'importants profits au quatrième trimestre cela malgré des pratiques douteuses dans le domaine de la protection des données personnelles de ses utilisateurs.
Le géant du numérique a réalisé d'importants profits au quatrième trimestre cela malgré des pratiques douteuses dans le domaine de la protection des données personnelles de ses utilisateurs. (Crédits : Regis Duvignau)
Le réseau social continue d'attirer des nouveaux utilisateurs et, surtout, de dégager des bénéfices colossaux.

Bien que sujet aux controverses, Facebook demeure un géant du numérique difficile à ébranler. Pour cause, l'action de l'entreprise de Mark Zuckerberg a bondi de presque 12% dans les échanges électroniques suivant la clôture de Wall Street, mercredi 30 janvier, après la publication de résultats financiers meilleurs que prévu. Ces derniers renouent avec un rythme de croissance élevé et une hausse du nombre d'usagers un peu plus élevée qu'attendu. C'est simple : le bénéfice net de Facebook a explosé de 61% au dernier trimestre (6,9 milliards) et de 39% sur l'année (22,1 milliards), renouant avec des taux de croissance très soutenus. Sur le trimestre, le chiffre d'affaires a encore crû de 30% à 16,9 milliards de dollars et de 37% (à 55,8 milliards) sur l'année, des chiffres meilleurs que prévu par les marchés.

De plus, avec 2,32 milliards, le nombre d'utilisateurs mensuels actifs est d'ailleurs légèrement supérieur aux prévisions. L'entreprise demeure l'une des plus grosses plateformes de publicité numérique et peut compter sur le succès croissant de sa filiale Instagram, qui dépasse le milliard d'utilisateurs et offre - comme sa messagerie Messenger - de nouveaux débouchés publicitaires. Ces résultats brillants contrastent avec l'année 2018 traversée par Facebook, cauchemardesque en termes d'image.

2018, annus horribilis

Cambridge Analytica, piratage massif de 50 millions de comptes, rôle controversé dans les violences meurtrières en Birmanie... Facebook a vécu en 2018 les moments les plus compliqués de son histoire. Le géant américain a été touché par de nombreux scandales cette année, mettant en lumière ses pratiques peu scrupuleuses en matière de protection des données personnelles de ses utilisateurs. Ce mercredi encore, il a été critiqué pour avoir diffusé auprès d'utilisateurs un programme de collecte de données personnelles sur smartphone en échange d'une petite rémunération mensuelle, un programme auquel de jeunes adolescents ont participé.

Le groupe a affirmé avoir agi en toute transparence avec les volontaires. Mais Apple, qui estime que le réseau a enfreint ses engagements auprès de lui, a vivement réagi en bloquant sur iPhone des applications internes à Facebook utilisées par les employés. Le 19 décembre dernier, une enquête du New York Times a révélé que Facebook s'était une nouvelle fois montré un peu trop généreux avec les données de ses utilisateurs, en donnant notamment des droits de lecture à des géants de la Tech américaine (tels que Microsoft, Yahoo, Netflix, Amazon, Spotify...) sur les messages privés des internautes et les publications de leurs amis. Un énième scandale qui venait s'ajouter à la longue liste de déboires qu'a connu le réseau social cette année...

Un impact non durable sur l'activité

Le PDG Mark Zuckerberg, lui-même violemment mis en cause dans les différentes polémiques, a reconnu que l'année avait été "difficile", tout en assurant, selon une rhétorique devenue habituelle, que le groupe avait "fait d'importants progrès" pour mieux protéger les données personnelles et assainir la plateforme. "Nous avons fondamentalement changé la façon dont nous gérons l'entreprise", a-t-il ajouté, prenant soin une nouvelle fois d'élargir le propos à tout le secteur. "En ce moment, il y a beaucoup de (choses) négatives sur l'impact de la technologie: certaines sont justifiées, d'autres non. Et le secteur technologique entier doit être surveillé de près car nous jouons un rôle dans la vie de beaucoup de gens", a-t-il dit, alors qu'élus et régulateurs du monde entier veulent demander des comptes au secteur.

Cependant, la société au logo bleu et blanc "a clairement montré que les problèmes de 2018 n'avaient pas eu d'impact durable sur sa capacité à faire croître ses revenus et ses usagers. Les annonceurs sont toujours clairement très dépendants de Facebook", a relevé Debra Aho Williamson, analyste chez eMarketer, notant en particulier un rebond du nombre d'usagers aux Etats-Unis/Canada et en Europe. Pour autant, l'analyste Brian Wieser (Pivotal Research Group) a estimé que les investisseurs avaient sous-estimé le ralentissement prévu de la croissance et les difficultés qui attendent le groupe en 2019.

"Au final, la liste des problèmes avec lesquels se débat le groupe est longue et les solutions esquissées sont floues, avec des répercussions possibles sur toute l'entreprise et ses performances financières à long terme", a-t-il estimé.

Côté stratégie, le groupe a confirmé son virage vers les modes de communication plus intimes que le traditionnel "Fil d'actualités" comme les "Stories", petits montages éphémères d'images et de texte. Un virage qui pèsera sur sa croissance car ces formats et ces plateformes sont pour l'instant bien moins rémunérateurs que le "Fil" Facebook.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 31/01/2019 à 15:50 :
Facebook est devenu un outil de communication irremplaçable il est donc logique qu'il soit solide malgré tout un tas d'article que j'ai lu prédisant sa fin, au moins ça permet de bien rigoler.

Il est tout de même très intéressant justement de constater que malgré la propagande de masse des médias de masse au moins européens contre facebook, en utilisant le fameux prétexte des "fakes news" n'ai au final quasiment pas influencé les gens.

Les peuples commencent enfin à se réveiller mais depuis le temps qu'ils auraient on se demande bien pourquoi maintenant or le fait que les médias de masse aient de moins en moins d'influence sur notre analyse en est certainement la raison principale et ceux-ci au lieu d'intelligemment comprendre que internet est bien plus proche de ce que nous cherchons, de ce dont nous avons besoin, que la télévision et du coup essayer d'évoluer pour le concurrencer sur son terrain préfère appuyer encore plus leur manipulation des citoyens qui pourtant n'a jamais été aussi visible.

On les voit nous tromper et on les voit essayer d'encore plus nous tromper.
a écrit le 31/01/2019 à 15:42 :
Les gens sont maso et contradictoires manifester contre le fichage d'état et étaler sa vie privé sur un réseau commercial sans aucune garantie que ces données ne seront utilisés par des tiers !

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