Facebook accusé par le Parlement britannique de divulguer des données d'utilisateurs

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Facebook se retrouve une nouvelle fois au coeur d'un scandale sur l'usage qu'il fait des données personnelles de ses utilisateurs.
Facebook se retrouve une nouvelle fois au coeur d'un scandale sur l'usage qu'il fait des données personnelles de ses utilisateurs. (Crédits : Regis Duvignau)
Une commission parlementaire britannique a accusé, ce mercredi, Facebook de divulguer des données personnelles d'utilisateurs à certaines entreprises. Par ailleurs, selon des informations publiées le même jour dans les colonnes du "New York Times", le réseau social aurait également confié à des géants de la Tech américaine (Microsoft, Amazon, etc) et d'autres sociétés, un accès privilégié aux informations de ses utilisateurs.

Il est temps que 2018 se termine pour Facebook. Secoué cette année par de nombreux scandales (Cambridge Analytica, départs de hauts dirigeants et cadres historiques, chute boursière ou encore piratage de 50 millions de comptes), le réseau social se retrouve une fois encore dans l'oeil du cyclone. Une commission parlementaire britannique a accusé, ce mercredi, le groupe dirigé par Mark Zuckerberg de divulguer des données personnelles d'utilisateurs à certaines entreprises, plus de 200 pages d'emails internes au géant américain à l'appui. "La publication de ces documents est dans l'intérêt du public", a tweeté Damian Collins, le président de la Commission sur le numérique, la culture et les médias (DCMSC) de la Chambre des Communes.

"Ils soulèvent des questions importantes sur la manière dont Facebook gère les données de ses utilisateurs, sur leurs politiques en matière de collaboration avec des développeurs d'applications et sur la manière dont ils exercent leur position dominante sur le marché des réseaux sociaux", a-t-il ajouté.

La semaine dernière, le président de la Commission avait demandé à un responsable du réseau social d'expliquer le contenu d'emails internes de Facebook saisis au sein de l'entreprise américaine Six4Three, provenant à l'origine d'une plainte aux Etats-Unis et obtenus en vertu d'une procédure parlementaire rarement utilisée. "Nous ne pensons pas avoir reçu de réponses franches de Facebook sur ces questions importantes. C'est pourquoi nous publions les documents", a expliqué Damian Collins mercredi

L'enquête du New York Times enfonce le clou

Dans un résumé de cette liasse de 250 pages, qui inclut des emails envoyés par le patron de Facebook, Mark Zuckerberg, Damian Collins soulève plusieurs "problèmes-clés". Il affirme que Facebook a noué des accords avec certaines entreprises pour leur permettre "un accès total aux données des amis des utilisateurs" du réseau social, bien que le géant américain ait annoncé en 2015 mettre fin à ces accès.

Selon lui, Facebook a aussi utilisé Onavo, une application proposant un service de VPN (réseau privé virtuel), pour conduire des enquêtes sur l'usage des applications par les utilisateurs, "apparemment à l'insu" de ceux-ci, selon M. Collins. Facebook "n'a jamais vendu les données des gens" et les documents publiés mercredi "sont présentés de manière très trompeuse sans ajouter de contexte", a déclaré un porte-parole de Facebook contacté par l'AFP.

Pourtant de nouvelles révélations publiées ce mercredi 19 décembre par le New York Times soutiennent les dires de Damian Collins. Selon le journal américain, l'entreprise de Mark Zuckerberg aurait divulgué à certaines des plus importantes entreprises de la Tech (Microsoft, Amazon, Apple, Netflix, Blackberry, Yahoo ou encore Spotify) des données personnelles d'utilisateurs.

Le procédé aurait été mit en place dès 2010 et, au total, 150 sociétés en auraient bénéficié accédant ainsi à des informations, contacts et messages des utilisateurs . Facebook a réfuté l'information dans un post de blog. Dans le détail, Bing, moteur de recherche de Microsoft, aurait eu accès aux noms des "amis" des utilisateurs de Facebook. Netflix et Spotify, eux, auraient eu la possibilité de lire leurs messages privés. Netflix a officiellement démenti ces informations et s'est justifié en indiquant n'avoir travaillé que "temporairement" avec le réseau social.

Des données consultées sans l'autorisation de leur propriétaire

Pour sa part, Amazon aurait été autorisé à obtenir les informations d'utilisateurs via leurs contacts sur le réseau social. Pour tous ces accès, Facebook n'a pas été rémunéré. Le New York Time révèle également  que les sociétés concernées ont sollicité des données de centaines de millions de personnes chaque mois. Les demandes d'accès aux données étaient toutes actives en 2017, selon le quotidien et certaines étaient encore en vigueur en 2018.

Les géants de la Tech collaborent depuis des années avec Mark Zuckerberg pour aider ses abonnés à avoir accès à des outils ou des plates-formes. Les utilisateurs du réseau social ont accès, via leur compte, à ces services soumis à des règles de confidentialité.  C'est dans ce cadre que Facebook aurait autorisé certains groupes à consulter les données de ses utilisateurs, explique le quotidien et cela "sans leur consentement".  Et donc en violation de la réglementation du Federal Trade Commission (FTC), le régulateur du commerce américain.

Une version contestée par Facebook. "Aucun de ces partenariats ou fonctionnalités n'a donné à ces entreprises accès à des informations sans la permission des utilisateurs, ni enfreint notre accord de 2012 avec la FTC", a déclaré Konstantinos Papamiltiadis, directeur des plates-formes et programmes de développement de Facebook. Ce dernier  a toutefois reconnu que ces "partenaires" avaient eu accès à des messages privés. Il affirme cependant que ses utilisateurs avaient "dû au préalable explicitement donner leur accord sur Facebook". Le réseau social a ajouté avoir mis fin à la plupart de ces partenariats ces derniers mois, sauf ceux conclus avec Apple et Amazon.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 20/12/2018 à 8:27 :
Résumons: cette boutique, dont le modèle économique ne crée aucune valeur palpable, passe sa vie à se faire épingler pour détruire la propriété privée de millions d'inscrits et pour avoir servi de vecteur à des manipulations électorales de part et d'autre de l'Atlantique.

Quelle est la fonction d'utilité de cette boite ? Nulle !

Elle ne peut que disparaitre donc.

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