Publicités sur Netflix : les places sont chères pour les annonceurs
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DADO RUVIC
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C'est fait : l'offre « Essentiel avec pub » de Netflix est disponible depuis ce jeudi 3 novembre à 17h en France, où Netflix compte plus de 10 millions d'abonnés. Son atout : son prix à 5,99 euros par mois, soit une réduction de 33% par rapport au tarif du forfait le moins cher sans publicités, qui coûte 8,99 euros. Pour cette somme, les abonnés doivent regarder entre 4 à 5 minutes de publicités par heure de visionnage. Pour le reste, rien ne change, ou presque : ils conservent l'accès à Netflix sur leur support habituel (smartphone, tablette, PC, TV...) ainsi que la personnalisation algorithmique de l'expérience. En revanche, ils perdent la possibilité de télécharger des films et séries, ainsi que l'accès à « quelques séries et films non disponibles en raison de restrictions liées aux droits sur certains titres ». « Mais nous y travaillons », indique Netflix France.
L'intégration des publicités sur la plateforme, modèle économique de la télévision traditionnelle, est un changement majeur pour Netflix. Le numéro un mondial du streaming vidéo à la demande (SVoD) a bâti son énorme succès -223 millions d'abonnés dans le monde au troisième trimestre 2022- sur la promesse d'une expérience utilisateur complètement nouvelle, libérée de toutes les contraintes de la télévision, c'est-à-dire la publicité qui dégrade l'expérience de visionnage et une diffusion linéaire à horaire fixe. Intégrer les publicités constitue donc un coup de canif majeur dans l'ADN même de Netflix.
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Prise au printemps dernier, cette décision est expliquée en interne par la fin de la croissance folle observée ces dernières années. A cause d'une concurrence désormais féroce (de Amazon Prime Vidéo à Disney+, en passant par Canal+, OCS, ou encore HBOMax et Paramount+ aux Etats-Unis, sans compter YouTube ou encore TikTok), Netflix a perdu au premier semestre 1,2 million d'abonnés, une première dans son histoire. Et si le groupe a remonté la pente au troisième trimestre (+2,4 millions, soit 1,2 millions de plus que fin 2021), les dirigeants du groupe qualifient la performance de « moyenne » et recherchent de nouvelles sources de revenus, dont la publicité et la lutte contre le partage des comptes.