Sous la pression d'un mouvement de boycott de certains gros annonceurs dont Coca-Cola et Unilever, Facebook a annoncé un revirement dans sa politique de modération des contenus. Il va désormais retirer les publicités racistes et ajouter un avertissement aux publications problématiques. Un véritable revirement quelques mois avant l'élection présidentielle.Fallait-il simplement mobiliser les annonceurs pour que Facebook prenne ses responsabilités vis-à-vis des contenus qu'il héberge ? Son fondateur, Mark Zuckerberg, brandit depuis des années le respect de la liberté d'expression pour justifier sa politique d'intervenir le moins possible sur Facebook, Instagram, Messenger ou encore WhatsApp, quitte à laisser exploser les fake news, théories du complot et propos racistes et haineux.
Mais le jeune milliardaire vient d'annoncer un durcissement inédit de sa politique de modération des contenus. Une fois n'est pas coutume, Mark Zuckerberg a détaillé lui-même des réformes qui peuvent paraître anodines au premier abord, mais qui révèlent que Facebook admet enfin sa responsabilité vis-à-vis des contenus qu'il héberge. Ainsi, l
a plateforme retirera désormais les publicités qui affirment que les personnes de certaines origines, ethnies, nationalités, genre ou orientation sexuelle représentent une menace pour la sécurité ou la santé des autres.
Encore plus significatif,
Facebook a aussi décidé de sortir de sa politique binaire du retrait ou du laissez-faire, lourdement critiquée y compris en interne. Comme Twitter,
qui s'est attiré à cause de cela les foudres de Donald Trump, la plateforme ajoutera bientôt des avertissements aux publications problématiques, tout en les laissant en ligne au nom de leur "
intérêt à être connues du public". Lors de la polémique entre Twitter et Donald Trump, il y a un mois seulement, Mark Zuckerberg avait pourtant désavoué Twitter en aff
irmant qu les plateformes ne devraient pas se poser en "
arbitre de la vérité sur tout ce que les gens disent en ligne".
Boycott de très gros annonceurs comme Coca-Cola ou Unilever
Pourquoi ce revirement alors que Facebook n'avait jamais cédé à la pression de l'opinion publique, ni à celle des politiques, au nom des "valeurs" de Mark Zuckerberg ? Tout simplement car cette fois, Facebook fait face à la fois à une grosse pression sociétale mais aussi à une pression économique.