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Trump cherche à museler les réseaux sociaux avant la présidentielle, Twitter contre-attaque !

Photo de Sylvain Rolland

Sylvain Rolland

Publié le 29 mai 2020 à 08:53 - Mis à jour le 29 mai 2020 à 09:46

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En signant un décret revenant sur la loi de 1996 considérée comme un pilier d'Internet, Donald Trump encourage la dé-responsabilisation totale des réseaux sociaux et ouvre un boulevard aux fake news.

En signant un décret revenant sur la loi de 1996 considérée comme un pilier d'Internet, Donald Trump encourage la dé-responsabilisation totale des réseaux sociaux et ouvre un boulevard aux fake news.

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05 juin 2026

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Donald Trump accuse Twitter d'être sorti de sa neutralité en signalant comme "trompeurs" deux tweets du président américain. En réaction, il a signé un décret pour limiter la protection juridique des réseaux sociaux, dans le but de réduire leurs velléités de modération des fake news à quelques mois de l'élection présidentielle... Mais Twitter ne compte pas se laisser faire. Décryptage.

Comment les réseaux sociaux peuvent-ils à la fois être des plateformes responsables en luttant contre la propagation des fausses nouvelles, et garder leur neutralité vis-à-vis des politiciens, notamment ceux qui relaient ou diffusent ces fausses nouvelles ? Tel est le dilemme de Facebook et de Twitter. Jusqu'à présent, les deux plateformes, tout en multipliant les initiatives contre les fake news pour ne pas être accusées d'inaction face à ce phénomène qui menace la démocratie -et qui a fortement pesé sur le vote présidentiel en 2016-, n'avaient jamais pointé du doigt directement un acteur politique.

Mais Twitter a franchi le pas, mardi 26 mai, en signalant deux tweets de Donald Trump comme "trompeurs", et en renvoyant à des informations vérifiées de médias nationaux sur le sujet. Le président américain y parlait du vote par correspondance en Californie et accusait le gouverneur démocrate du Sunshine State de vouloir "truquer" l'élection.

De quoi déclencher la fureur du locataire de la Maison Blanche. Qui a immédiatement réagi. D'abord en publiant, mercredi 27 mai, une rafale de tweets incendiaires accusant Twitter "d'intervenir" dans l'élection présidentielle de novembre 2020 en mettant en doute sa parole. Puis en joignant le geste à la parole, jeudi 28 mai, en signant un décret 

visant à limiter la protection des réseaux sociaux et la latitude dont ils bénéficient dans la modération de leurs contenus. Très actif sur Twitter où il mêle, à un rythme effréné, annonces politiques, attaques personnelles contre ses opposants, théories du complot et propos de campagne, le locataire de la Maison Blanche dénonce de longue date ce qu'il estime être un biais idéologique et politique de la part des géants de la Silicon Valley.

Fin de l'immunité juridique pour les réseaux sociaux s'ils suppriment les fake news !

À lire également

  • Un tribunal américain empêche Twitter de révéler des demandes de surveillance
  • Twitter abaisse sa prévision de chiffre d'affaires... mais gagne des utilisateurs
  • Fake news : les pro-Trump jouent au chat et à la souris avec Facebook et Twitter
Au nom de la liberté d'expression -et à titre de représailles, selon ses détracteurs- le tempétueux président a donc décidé de s'attaquer à la célèbre Section 230 du "Communications Decency Act". Pierre angulaire de l'internet américain, elle offre notamment à Facebook, Twitter ou YouTube (Google) une immunité contre toute poursuite judiciaire liée aux contenus publiés par des tiers et leur donne la liberté d'intervenir sur les plateformes à leur guise. 

Tout comme un bar n'est pas responsable des propos tenus à son comptoir, ils ne sont en théorie pas tenus de policer les messages, photos et vidéos postés sur leurs sites, contrairement à des éditeurs, comme les médias d'information par exemple. Ils ne peuvent donc pas être poursuivis pour le contenu d'un billet de blog, de tweets ou de vidéos conspirationnistes.

Sylvain Rolland

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