Les centaines d'enfants pauvres et sans domicile de la Silicon Valley

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Incapables de rembourser un prêt ou même de payer le loyer, les parents de ces enfants vivent dans des refuges, des véhicules récréatifs ou se partagent une habitation avec d'autres familles.
Incapables de rembourser un prêt ou même de payer le loyer, les parents de ces enfants vivent dans des refuges, des véhicules récréatifs ou se partagent une habitation avec d'autres familles. (Crédits : REUTERS/David McNew.)
Le succès des entreprises technologiques a fait fortement grimper le prix de l'immobilier dans la baie de San Francisco. De nombreuses familles ne parviennent pas à se loger, même lorsque les deux parents travaillent, créant une situation dramatique pour le développement de leurs enfants.

Ils grandissent dans l'ombre de startups au succès international. Dans la Silicon Valley, la réussite de jeunes pousses et grandes entreprises et leur combat à coup de millions de dollars pour attirer les talents professionnels du secteur s'est faite au détriment des prix immobiliers. Les conséquences de cette inflation pèsent directement sur les générations futures : pour exemple, dans la municipalité d'East Palo Alto, plus d'un tiers des enfants - soit 1.147 écoliers - sont ainsi sans-abri, rapporte le Guardian dans un reportage publié le 28 décembre.

Le mal-logement seulement pour les familles pauvres ?

Incapables de rembourser un prêt ou même de payer le loyer, devenu exorbitant, les parents de ces enfants vivent dans des refuges, des véhicules récréatifs ou partagent une habitation avec d'autres familles. Le Guardian prend en exemple la famille Chavez, composée de deux parents et trois enfants, qui vit dans un camping-car garé sur un parking depuis près d'un an. Privation de sommeil et stress sont communs dans les cas de pauvreté infantiles et entraînent dans certains cas des dommages à long terme sur le cerveau, rappelait en 2015 un article interactif de CNN consacré aux enfants pauvres de la Valley. Le mal-logement n'est pas qu'un problème propre aux familles pauvres, il touche également des ménages qui seraient considérés comme appartenant à la classe moyenne dans d'autres villes, comme l'écrit CNN.

Dans le comté de San Mateo - un des six comtés associés à la Silicon Valley -, même le personnel encadrant rencontre des problèmes de logement, souligne le correspondant à San Francisco du GuardianTraditionnellement habitée par des communautés afro-américaines ou d'origine hispanique, la municipalité d'East Palo Alto, considérée pourtant comme un quartier pauvre, compte parmi près de 30.000 habitants, une part grandissante de Caucasiens, travaillant chez les Yahoo, Google et autres Apple. Cette situation, la municipalité du comté de San Mateo n'est pas la seule à la connaître et elle est partagée au quotidien par les quelque trois millions de résidents de la Silicon Valley.

     | Lire La "Jungle", plus grand bidonville des États-Unis, fait ses adieux forcés à la Silicon Valley

Crise du logement dans toute la Silicon Valley

Le problème des logements dans la baie de San Francisco n'est pas nouveau en soi, mais s'est empiré au cours des dernières années, éloignant de plus en plus les classes moyennes et pauvres des villes du cœur de la Silicon Valley, qui est désormais considéré comme le marché immobilier le plus cher des États-Unis. Autour du comté de San José - on y trouve notamment le siège de HP, localisé dans la ville de Palo Alto -, le prix médian des maisons a atteint un million de dollars, selon des données publiées en août par l'Association nationale des agents immobiliers.

     | Lire aussi San Francisco : crise d'identité ou crise immobilière qui tourne mal ?

Accusées d'avoir une responsabilité importante dans cette crise du logement, les entreprises du secteur technologique néanmoins afin de tenter de réduire - et à terme résoudre - le problème. Facebook a ainsi annoncé en décembre qu'il allait investir 20 millions de dollars dans un fonds pour des « logements abordables » et une assistance juridique aux locataires menacés d'expulsion. L'initiative n'est toutefois pas sans contrepartie puisqu'elle permettra à l'entreprise de Mark Zuckerberg d'agrandir son campus à Menlo Park. Gageons que dans les années à venir, ce genre d'actes sera plus spontané, il en va de l'éducation de milliers d'enfants.

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Commentaires
a écrit le 03/01/2017 à 13:29 :
Deux parents qui travaillent 45 heures par semaines et ne peuvent pas se payer un loyer ? Bof bof le système capitaliste non ?
a écrit le 03/01/2017 à 11:57 :
Bon article. Le Yes we can d'Obama, ses potes milliardaires du numérique et du show bizz feraient déjà bien de se préoccuper des pauvres aux USA plutôt que d'organiser des galas à 3000 Euros pour essentiellement montrer leur binette et faire la leçon aux Européens comme les ambassadeurs du luxe et de la mondialisation, M. et Mme Clooney
a écrit le 03/01/2017 à 8:57 :
Vous êtes marrant vous mais c'est quand même primordial de dépenser tout son argent dans la quête de la vie éternelle !

Ah je vous jure, les pauvres ils savent pas ce qui est important...

Merci beaucoup pour cet article.

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