Jusqu’ici leader du marché du streaming vidéo avec 158 millions d’abonnés dans le monde, le géant américain a montré des signes de ralentissement cette année.Le terrain de jeu de Netflix est en passe d'être disputé par de nouveaux concurrents de poids. Avec une offre de streaming vidéo lancée dès 2011, le groupe californien était jusqu'ici précurseur et leader du marché avec plus de 158 millions d'abonnés dans le monde (+21 % sur un an). La plateforme, qui avait pour habitude de recruter des utilisateurs payants à une cadence effrénée, montre des signes de ralentissement.
Pour l'ensemble de l'année 2019, le groupe espère gagner 26,7 millions de nouveaux abonnés dans le monde, contre 28,6 millions en 2018. Pour la première fois, la croissance de ses clients pourrait donc être inférieure à celle de l'année précédente. Aux États-Unis, son marché le plus mature, la firme a même perdu 130 000 abonnés au cours du deuxième trimestre. Une première.
Moins de contenus sous licence
« Netflix a certainement atteint un effet de plateau naturel sur son marché domestique, où il possède actuellementplus de 60 millions d'abonnés. En moyenne, le partage de codes permet de toucher quatre utilisateurs pour un abonnement. Cela représenterait donc environ 240 millions de spectateurs sur le marché américain », relativise Gilles Pezet, responsable du pôle économie des réseaux et des usages numériques chez NPA Conseil.
Afin de séduire toujours plus d'abonnés, la clé est le catalogue. Celui-ci doit idéalement regrouper des productions originales variées, mais aussi des franchises populaires obtenues sous licence. Bémol : Netflix voit son offre dépouillée par la concurrence. Par exemple, la fameuse série Friends repartira chez WarnerMedia pour HBO Max, The Office retourne chez NBCUniversal, sans oublier Disney qui récupère les productions Marvel, Pixar et Star Wars...
« Le problème majeur de Netflix n'est pas l'afflux direct de la concurrence - il en a toujours eu avec la télévision traditionnelle, par exemple - mais les conséquences induites sur son catalogue. Pour remuscler son offre, il va devoir investir encore davantage dans les contenus. C'est pourquoi il compte y consacrer environ 15 milliards de dollars en 2019 [un chiffre qui a triplé en seulement trois ans, Ndlr], explique Gilles Pezet. Il pourra continuer cette manœuvre tant qu'il aura la confiance des marchés. », mais Netflix a déjà une dette chiffrée à plus de 13,5 milliards de dollars, selon Bloomberg.
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