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Benjamin Benharrosh est un entrepreneur comblé. Cofondateur de Delair Tech, un spécialiste des drones civils basé à Toulouse, il a déjà levé 3 millions d'euros il y a un an et demi. Mais pour se développer, et notamment ouvrir des bureaux commerciaux à l'international, il prépare sa deuxième levée de fonds. Sans anxiété. « On a besoin de 10 à 15 millions d'euros pour se développer, indique-t-il. On espère disposer de cette manne d'ici à l'automne. » Serein, il assure être en discussion avec plusieurs investisseurs, et ne doute pas d'une issue positive. « On est bien armé, bien préparé, et on sait davantage se vendre qu'à nos débuts », souligne-t-il. D'après lui, il était plus difficile de trouver des investisseurs il y a quelques années. Et notamment quand il s'est lancé, en novembre 2012. « Il faut dire qu'à l'époque, personne ne connaissait les drones, alors que maintenant, c'est hyper à la mode ! », poursuit-il, conscient de surfer une vague particulièrement porteuse.
Toutefois, toutes les startups de l'Hexagone n'ont pas cette chance. Aux dires de plusieurs observateurs sondés par La Tribune, lever des fonds s'apparente parfois à un chemin de croix pour les startups qui n'ont pas remporté de prix, ou qui ne sont passées par des incubateurs prestigieux. Directrice générale du Numa, un des plus célèbres incubateurs de la capitale, Marie-Vorgan le Barzic abonde en ce sens : « Il est vrai que les startups que nous accompagnons n'ont généralement pas de problème à lever des fonds. Mais c'est vrai qu'elles font l'objet, en amont, d'une très forte sélection... » Laquelle leurs permet, en aval, de bénéficier d'une « labellisation » de premier choix. Et donc d'une cote élevée auprès des capitaux-risqueurs.
Mesurée, Marie-Vorgan le Barzic affirme « comprendre » que certaines start-ups puissent éprouver des difficultés de financement, dans la mesure où elles évoluent dans un environnement de plus en plus concurrentiel : « Ce que je constate, c'est qu'il y a plus de monde dans certains domaines. Dans la logistique, par exemple, on reçoit dorénavant cinq à dix candidatures concurrentes, là où il y en avait deux ou trois il y a quelques années. »
Or du côté des investisseurs, la manne allouée aux jeunes pousses stagne. Dans son étude annuelle sur le capital-investissement, l'Association française des investisseurs pour la croissance (Afic) a mis l'accent sur une « zone d'ombre » en mars dernier. Pour l'exercice 2014, les montants investis en capital innovation se sont élevés à 626 millions d'euros, en léger recul de 2,5% par rapport à 2013. Le nombre d'entreprises accompagnées s'affiche aussi en baisse, passant de 469 à 438.
En outre, les investissements des business angels français dans les start-ups Internet, eux, ne sont pas au beau fixe. Au second semestre 2014, ceux-ci se sont élevés à 12 millions d'euros, un montant en chute de 24% par rapport à la deuxième moitié de l'année 2013. La faute à une conjoncture économique morose, mais aussi, selon Isai, à une difficulté des business angels à « évaluer de nombreux projets Internet, faute de (disposer de) l'expertise nécessaire dans certains sous-secteurs ». La société de capital-risque tire d'ailleurs la sonnette d'alarme, jugeant la baisse « inquiétante et potentiellement révélatrice d'un trop faible renouvellement de l'écosystème » des investisseurs.
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Un credo repris par la Coface. Dans une étude dévoilée en mars dernier, l'assureur crédit fusille le modèle français d'accès aux financements.
Président de France Angels, qui rassemble près de 4.500 business angels, Tanguy de la Fouchardière fait le même constat. « Il y a de l'argent en France. Mais il y a effectivement un manque d'appétence des capitaux-risqueurs. » A ses yeux, le problème vient notamment de la fiscalité, « qui privilégie la rente plutôt que l'investissement à risque ». Ce qui, d'après lui, vient in fine impacter négativement les entreprises innovantes.
Pour la Coface, cette « insuffisance d'investisseurs privés » est illustrée par la « surreprésentation des pouvoirs publics dans le financement des startups ». Une critique qui vise notamment BPI France, qui a lancé son fonds Large Venture en novembre 2013. Doté de 500 millions d'euros, ce fonds est spécialisé dans les opérations de capital-risque pour des tickets compris entre 10 et 50 millions d'euros. Or il est vrai qu'en France, les startups plus matures peinent souvent à boucler leur deuxième ou leur troisième tour de table pour s'imposer sur leurs marchés.
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Le gouvernement en a bien conscience. Et il compte, entre autre, sur Bruxelles pour épauler les pépites de l'Hexagone. A la mi-mars, Emmanuel Macron a ainsi demandé à la Commission d'affecter une bonne part du plan d'investissement européen de 315 milliards d'euros pour soutenir les startups.
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