Crainte d'une recrudescence des paris en ligne illégaux

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Les paris sportifs sur Internet sont à la baisse deux ans après l'ouverture du marché. Les internautes commencent à retourner sur les sites de paris illégaux. Les paris hippiques se portent bien, mais profitent seulement au PMU.

On s'en doutait, mais cette fois, les chiffres ne laissent plus la place au doute. Les paris en ligne sont un demi-échec. Au quatrième trimestre 2011, les mises des internautes dans les paris sportifs en ligne ont reculé de 23% à 154 millions d'euros. Le nombre de parieurs a reculé de 17%, soit 70.000 comptes de moins qu'en 2010. La plus jeunes (18-24 ans) désertent. Un bilan inquiétant alors que l'ouverture à la concurrence du marché, censée mettre fin aux sites illégaux, n'a pas fêté ses deux ans. « Ce que l'on constate globalement, c'est un tassement des mises, un peu moins du produit brut des jeux [PBJ, l'équivalent du chiffre d'affaires des opérateurs de paris, NDLR], alors qu'en Europe, le marché est stable dans les pays matures et en hausse dans les pays qui ont récemment ouvert le marché », indique le président de l'Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), Jean-François Vilotte.

Les opérateurs sont prélevés à 50% de leur chiffre d'affaires

A l'origine, les opérateurs et les pouvoirs publics ont surestimé le potentiel du marché. Mais cette surestimation n'explique pas la déconfiture actuelle. « L'offre s'est insuffisamment développée. Il y a un problème de modèle économique dans les paris à cote fixe », complète le président. Une façon polie d'expliquer que les contraintes fiscales de la loi de mai 2010 empêchent les opérateurs de paris sportifs, qui sont prélevés à hauteur de 50% de leur PBJ, de gagner leur vie et de proposer des cotes attractives. Résultat, les internautes commenceraient à retourner sur les sites de paris illégaux, qui proposent une gamme de paris plus large et des gains potentiels plus importants. « Nous réassignons des opérateurs de paris sportifs illégaux, alors qu'ils s'étaient raréfiés », assure Jean-François Vilotte.

De fait, en moins de deux ans, la plupart des acteurs ont déserté, à l'image d'Eurosportbet (TF1), de Sajoo (Amaury), ou de Canal Plus. Ceux qui restent, comme Betclic, sont fortement déficitaires et ont nettement réduit la voilure. Une clause prévoyait une révision de la loi à l'automne dernier. En prévision, l'Arjel avait recommandé au législateur de revoir les modalités et le niveau des prélèvements afin de dynamiser le marché. Le rapporteur du texte à l'Assemblée nationale, Jean-François Lamour (UMP),  avait émis une recommandation dans le même sens. Mais à l'heure de la rigueur budgétaire, la ministre du budget Valérie Pécresse a préféré jouer la prudence en optant pour le statu quo.

Manque de concurrence dans les paris hippiques

Autre problème, les paris hippiques. Là aussi, l'effet de la loi est inverse au résultat escompté. Contrairement aux paris sportifs, les paris hippiques mutuels ont conquis les internautes. Au quatrième trimestre, les mises ont augmenté de 12% à 268 millions d'euros. Le nombre de comptes joueurs a progressé de 37% à 502.000. Problème : cette croissance se fait au bénéfice seul du PMU, et non des nouveaux acteurs. « Dans le pari mutuel (où les gagnants se partagent les gains des perdants), les opérateurs ont du mal à se faire concurrence, car ce qui compte, c'est la masse des enjeux », indique Jean-François Vilotte. Or, c'est le PMU, qui, grâce à son réseau physique, a la capacité de proposer les cagnottes les plus importantes. L'Arjel exhorte à « instaurer les conditions d'une concurrence durable ». En janvier 2011, l'Autorité de la concurrence a rendu un avis plutôt sévère (mais non contraignant) sur les paris hippiques, conseillant par exemple au PMU de séparer ses marques en ligne et en dur. Un an plus tard, les positions ont peu évolué. Finalement, Betclic, comme l'ont indiqué "Les Echos", a décidé d'ouvrir un contentieux devant le gendarme de la concurrence.

 

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