Hadopi : le message de la musique à Pierre Lescure

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Amy Winehouse Copyright Reuters
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Le chiffre d'affaires du streaming musical a progressé de 29,6% sur les 9 premiers mois de l'année. Une performance atteinte grâce à Deezer et à Spotify, mais également à la «riposte graduée», selon les producteurs de musique. Ces derniers veulent aussi leur part de la future taxe télécoms, qui alimente le CNC.

Surtout ne pas jeter l?Hadopi avec l?eau du bain. Tel est le message des producteurs de musique représentés par le Syndicats national de l?édition phonographique (SNEP) qui a présenté le bilan du marché sur les 9 premiers mois de l?année. Globalement, l?industrie, plombée par le désintérêt des mélomanes pour les CD, a reculé de 7,8% sur un an à 296 millions d?euros de recettes. Signal positif, le streaming, porté par Deezer et Spotify, a fait un bond de 29,6% à 5,3 millions d?euros, faisant mieux que le téléchargement sur Internet ? donc iTunes ? dont la croissance n?a atteint « que » de 17,3% à 7 millions d?euros. Au final, le numérique pèse 30% des recettes, soit 6 points de plus qu?il y a un an.

« En matière de streaming, la France est le deuxième pays derrière la Suède. Je remarque que c?est un pays, qui comme la France, a permis l?émergence d?un acteur ? Spotify - , mais qui protège aussi les droits des créateurs sur Internet. Hadopi a créé un cadre juridique favorable. On voit bien que l?on ne peut parler d?offre sans régulation », indique David El Sayegh, le directeur général du SNEP. Un message adressé à Pierre Lescure, chargé de mission sur « l?exception culturelle», et qui l?a auditionné. Alors qu?Hadopi est sur la sellette, l?ancien patron de Canal Plus, n?a jamais caché qu?en matière de piratage, il était plutôt pour poursuivre les gros poissons ? comme AlloStreaming ? que les internautes. « Pour un paysan, qu?est-ce qui est plus dommageable ? Avoir un million de sauterelles dans son champ ou un sanglier ? », s?interroge David El Sayegh, qui a déjà son idée sur l?avenir de l?Hadopi. «Il faut que l?institution soit chargée de la réponse graduée, et de son extension, à savoir le dé-référencement des sites pirates ». S?appuyant sur une décision de la cour de cassation de cet été, qu?il estime en sa faveur, le directeur général du SNEP souhaite que Google, lorsque l?internaute recherche une chanson, ne remonte plus les sites pirates qui sont associés.

Une part de la taxe télécom
Autre urgence pour l?industrie musicale, le Conseil national de la musique, mort dans l??uf, faute de financement. S?il ne se focalise pas sur la forme juridique, le SNEP réclame toujours une soulte pour la musique. David El Sayegh a sa solution : il souhaite obtenir une part de la taxe télécoms qui alimente le Centre national du cinéma, qui va être de nouveau notifiée à Bruxelles. Pas sûr que le CNC ait envie de partager. La question du financement du CNM par le CNC s?était déjà posée, et le Centre national du cinéma avait peu goûté l?hypothèse. «Il y a une alliance objective entre nos industries culturelles », rétorque David El Sayegh, qui suggère qu?en finançant un plus grand nombre d?acteurs, l?image du dispositif serait plus légitime. Pour le moment, le ministère de la Culture n?a pas fait de retour au SNEP sur cette idée.

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Commentaires
a écrit le 12/11/2012 à 15:43 :
J'ai travaillé jusqu'en 1998 dans le secteur du disque chez Sony Music. Nous avons expliqués à nos dirigeants à de très nombreuses reprises qu'il fallait développer une offre pour répondre à la demande liée au numérique. Pascal Nègre, PDG de Polygram puis d'Universal Music, s'y est toujours opposé et a largement contribué au développement du piratage. Aujourd'hui encore il est très facile de récupérer des oeuvres numériques sans risque de se faire attraper par les autorités. Tant que les patrons des majors, représentés par le SNEP, n'accepteront pas le fait que la majorité des consommateurs n'en veulent plus de leur CD à 15 euros ! Cela fait déjà 15 ans qu'on leur demande d'arrêter d'avoir cette vision rétrograde mais ils s'entêtent comme des enfants trop gatés par des marges indécentes sur les ventes de disques qu'ils ne retrouveront plus.
a écrit le 10/11/2012 à 14:32 :
"On voit bien que l?on ne peut parler d?offre sans régulation" Ben, si l'offre légale avait été développée depuis des lustres, la comparaison eût pu être différente ! Les majors étaient frileuses sur le numérique, tout le bénef venant de la vente de galettes, comme dans le temps. Moins de galettes, obsolète et encombrant, changement de mode de consommation, on attribue ça à un piratage éhonté et généralisé. Ben voyons ! Et les DRM qui empêchaient de lancer un CD original dans un lecteur ??? ???? A trop vouloir se protéger, on ne voit pas les solutions au problème : une vaste offre légale, un autre moyen de diffusion, pas trop chère de préférence, et la machine repart de plus belle. Que de temps perdu ! Peut-être trop de nombrilisme, ou grosse tête, manque d'humilité ?
a écrit le 09/11/2012 à 20:06 :
hadopi fait tout à l'envers depuis le début :
http://iiscn.wordpress.com/2011/05/15/piratage-hadopi-etc/
a écrit le 09/11/2012 à 8:37 :
En même temps il serait bon de rappeler que le Snep ne représente pas tous les producteurs mais les majors et qu'il existe aussi les gros Indes réunis au sein de l'upfi et les centaines de petits indés réunis au travers de CD1D et du Sma

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