« La Grande Fabrique de l'image » : les premiers financements de studios de tournage validés... malgré de nombreuses interrogations
Pascale Paoli Lebailly
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Très prometteuses en termes d'emplois et de retombées économiques, les industries culturelles et créatives (ICC) sont l'un des axes de développement de nombreux territoires, de Paris à Montpellier en passant par Nice, Marseille, Reims ou Vendargues.
La Planète Rouge
En plein dans la phase d’instruction des dossiers des 68 lauréats de l’appel à projets « France 2030-La Grande Fabrique de l’image », le CNC a déjà signé les premières conventions avec une quarantaine de studios de production numérique et de formations. Complexes en raison des montants très élevés des subventions sollicitées, les discussions avec les porteurs de projets de studios de tournage prennent plus de temps pour respecter les règles européennes. Huit dossiers, dont celui du pôle cinématographique Pics Studio à Montpellier, sont quasi bouclés.
L'appel à projets national « La Grande Fabrique de l'image » tiendra-t-il toutes ses promesses pour ce qui concerne le volet studios de tournage ? Ce projet industriel permettra-t-il réellement d'atteindre en France, en 2030, une superficie globale de surface des plateaux de tournage de 158.190 m2 et 187.000 m2 de décors extérieurs permanents ?
Intégré au plan France 2030, cet ambitieux appel à projets lancé par l'État via la Caisse des dépôts et consignations avec le Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) en tant qu'opérateur, vise à investir globalement 350 millions d'euros en subventions (et 1 à 2 milliards en fonds privés) dans une dizaine de grands studios à dimension internationale, dans la production numérique (animation, jeu vidéo, effets spéciaux...) et la formation aux métiers de la création audiovisuelle.
L'objectif est colossal : doubler la capacité nationale de production audiovisuelle et cinéma à 7,2 milliards en 2030 et hisser la France parmi les leaders européens des studios de tournage de films et de séries, juste derrière le Royaume-Uni.
Six mois après l'annonce, en mai au festival de Cannes, des 68 lauréats (dans douze régions) par la ministre de la Culture, Rima Abdul Malak, soit près d'un an après le dépôt des dossiers, le (long) chemin des négociations, visant à boucler les plans de financement avec les dirigeants des onze studios de tournage retenus, semble se dégager. Dissipant peu à peu les inquiétudes sur la capacité de l'Etat à mobiliser un niveau de subventions attractif ?
Pics Studio finalisé, 80% des subventions garanties
Selon nos informations, sur onze projets (dont Bry-sur-Marne, La Montjoie à Saint-Denis, Terralab Solutions à Reims, Provence Studios à Marseille et Martigues, La Victorine à Nice, Pics Studios à Montpellier), huit sont bouclés ou en passe de l'être du point de vue des aides d'État et atteignent les niveaux de subventions souhaitées.
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Le dossier du pôle cinématographique Pics Studios à Montpellier, l'un des deux plus complexes et des plus chers (187 millions d'investissements), est quasi finalisé avec un niveau de subvention en phase avec la cible voulue par les experts de la commission. Trois projets sont encore en approfondissement, et parfois en lien avec les collectivités afin de déterminer précisément les catégories d'investissement. C'est le cas des studios de la Victorine à Nice, où la Ville n'a pas encore signé le contrat de concession avec un opérateur privé. Ainsi qu'à Provence Studios Marseille, qui intègre un projet de réaménagement de la raffinerie Saint-Louis Sucre dans les quartiers Nord.