Pourquoi l'imprimeur loirétain Maury réduit la voilure
Guillaume Fischer
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Le site du groupe Maury à Malesherbes, d’une surface de 30 000 m2, sera mis en vente à partir de 2025. (DR)
Reuters
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Le site du groupe Maury à Malesherbes, d’une surface de 30 000 m2, sera mis en vente à partir de 2025. (DR)
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La baisse récurrente des ventes de presse et la réduction accélérée des commandes des catalogues et dépliants publicitaires depuis 2020 par la grande distribution deviennent de plus en plus difficiles à absorber, même chez les majors de l'impression hexagonale. Pour maintenir leurs marges, ils doivent notamment réaliser d'importantes économies au niveau de leurs charges fixes. Le groupe Maury a ainsi fait le choix d'arrêter l'une de ses deux entités du Loiret, sans diminuer toutefois les effectifs.
Ainsi, dès avril prochain, les machines situées à Malesherbes, qui réalisent principalement l'impression des couvertures de magazines et de livres, commenceront à être transférées sur le site principal du groupe, basé à Manchecourt à une dizaine de kilomètres. D'ici juin 2025, cette usine de 80 000 m2 intégrera également par étapes les quelque 130 salariés du site de Malesherbes qui fermera concomitamment ses portes. Si Jean-Paul Maury, PDG du groupe familial, ne précise par leur montant, les économies réalisées se chiffreront en millions d'euros. A la clé, notamment, une réduction substantielle de la facture énergétique. Selon le dirigeant, elle aurait grimpé en flèche pour l'ensemble du groupe, de 4,5 millions d'euros à 10 millions d'euros en 18 mois.
La réduction de voilure chez Maury s'inscrit dans un contexte de baisse marquée de ses activités d'impressions de journaux (et de catalogues et dépliants publicitaires. Elles représentent respectivement 50% et 12% des recettes totales (123 millions d'euros en 2023). Leader hexagonal de l'impression de magazines, Maury produit quarante hebdomadaires (Paris match, Elle, Le Point, L'Express, Diverto, TV magazine, Challenges, etc.) ainsi qu'une centaine de mensuels (L'Auto-journal, Beaux-arts, France Football, etc).
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Confronté à un recul moyen annuel de 7% de leur diffusion imprimée, les éditeurs ont été par ailleurs lourdement impactés par la hausse du prix du papier au moment de la crise sanitaire. Il a doublé entre 2022 et 2020 passant de 500 à 1.000 euros la tonne, avant de rebaisser début 2023 mais sans retrouver ses cours précédents. Conséquence, la réduction des tirages impacte sévèrement l'activité magazine chez Maury. Moins centrale, l'impression de catalogues publicitaires pour le compte de la grande distribution a quant à elle dévissé de 50% depuis 2021. En cause, les questions environnementales et les campagnes de boycott de cette forme de publicité.
Guillaume Fischer