« Orange est plus fort qu’il y a huit ans », plaide Stéphane Richard

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Stéphane Richard, le PDG d'Orange.
Stéphane Richard, le PDG d'Orange. (Crédits : Stephane Mahe)
En campagne pour son renouvellement à la tête de l’opérateur historique, Stéphane Richard a notamment promis de poursuivre sa stratégie d’investissements dans la fibre, et ainsi repartir à la conquête des centre-villes face à ses concurrents.

Le PDG d'Orange Stéphane Richard a promis jeudi une accélération de la croissance des résultats pour les trois ans à venir en poursuivant sa stratégie d'investissement dans les réseaux avec l'ambition d'être reconduit pour un nouveau mandat à la tête de l'opérateur. Lors d'une journée investisseurs organisée à Londres, le numéro un français des télécoms a réaffirmé le cap tracé dans son plan stratégique "Essentiels 2020" et annoncé de nouveaux objectifs financiers jugés ambitieux. La réunion intervient à un moment clef pour l'opérateur historique dont le PDG de 56 ans, aux manettes depuis 2011, brigue un troisième mandat. Le conseil d'administration, où l'Etat français, principal actionnaire, est représenté par trois membres, tranchera le 20 février.

"Aujourd'hui, Orange est plus forte qu'elle ne l'était il y a huit ans", a plaidé Stéphane Richard devant des journalistes. "C'est ma conviction et elle est partagée par tout le monde autour de la table, y compris l'Etat", a ajouté le dirigeant qui a détaillé mercredi devant le conseil ses propositions pour les quatre années à venir. Le PDG peut compter sur le soutien des salariés et des syndicats après avoir pacifié une entreprise éprouvée par une série de suicides avant son arrivée en 2009.

Stéphane Richard est également crédité d'avoir permis à Orange de surmonter l'impact de l'arrivée de Free (Iliad ) sur le marché français du mobile en 2012 en faisant tôt le choix payant de la convergence du fixe et du mobile et de l'investissement dans le très haut débit. L'opérateur télécoms a annoncé jeudi tabler sur une croissance de son Ebitda ajusté d'environ 2% cette année avant une accélération, qu'il n'a pas quantifiée, en 2018. "Une solide journée investisseurs avec une chanson hommage 'je te promets' pour 2018", commente dans une note l'analyste Stéphane Beyazian de Raymond James, selon lequel Orange promet ainsi ses meilleures perspectives de moyen terme en 15 ans. L'opérateur télécoms compte poursuivre le déploiement à marche forcée de la fibre optique, notamment en France où son effort d'investissement lui a permis de repartir à la conquête des centre-villes face à ses concurrents.

Prudence sur les acquisitions et les contenus

Orange, qui a assuré à ce jour 70% de la construction du réseau de fibre dans l'Hexagone, prévoit ainsi de raccorder 20 millions de logements à la fibre en zones très denses et moyennement denses dès 2021, soit avec un an d'avance. Les détracteurs de Stéphane Richard, qui a échoué à faire aboutir les discussions avec Bouygues sur une consolidation, critiquent toutefois son incapacité à faire remonter le cours de Bourse, plombé par la férocité concurrentielle du marché français. Devant les analystes, le dirigeant a rassuré en estimant qu'il n'existait pas à ce stade de scénario crédible de rapprochement pan-européen et en promettant que le niveau élevé des investissements connaîtrait un pic en 2018 avant de diminuer.

Surtout, il a assuré que l'opérateur se montrerait prudent dans sa stratégie de contenus après avoir essuyé des revers cuisants en la matière par le passé. "Nous ne participerons pas à l'inflation attendue des coûts des droits de la Ligue", a assuré Stéphane Richard, en référence au prochain appel d'offres pour la Ligue 1 de football. Orange marque ainsi sa différence avec le numéro deux français des télécoms SFR, propriété d'Altice, qui a fait le pari de la convergence des télécoms et des contenus en y consacrant de lourds investissements. Le groupe fondé par le milliardaire Patrick Drahi est toutefois chahuté depuis plusieurs semaines en Bourse, faute d'être parvenu à endiguer le départ de ses abonnés en France.

| Lire aussi SFR : Patrick Drahi tente de rassurer ses troupes

"Le groupe se montre capable d'objectifs ambitieux sur les réseaux tout en améliorant la rentabilité et la génération de free cash-flow, et confirme sa prévision de baisse des capex à partir de 2019", soulignent les analystes de CM-CIC. L'action d'Orange gagnait 2,53% à 14,6 euros à 16h56, signant la plus forte hausse du CAC 40, en hausse de seulement 0,2% au même moment. Avec une hausse de 1% depuis le début de l'année, le titre fait mieux que la moyenne du secteur en Europe (-2%) mais moins bien que la maison mère de Bouygues Telecom (+30,6%) et Iliad (+11,2%). Il fait également moins bien que ses concurrents depuis la nomination de Stéphane Richard en 2011. Hormis Stéphane Richard, le conseil n'a pas reçu d'autres candidatures à ce stade mais le numéro un de Bpifrance, Nicolas Dufourcq, un ancien du groupe, pourrait faire figure de rival, selon deux sources proches du dossier.

(avec Reuters)

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a écrit le 12/12/2017 à 22:53 :
Orange est peut-être plus fort que il y a huit ans mais pas les salariés brutalisés économiquement et humainement dans des open spaces invivables, la situation sociale n’a absolument pas été apaisée les suicides sont toujours aussi nombreux il n’y a que la caste dirigeante et les syndicats complaisants et attachés à leurs attentions délicates de la Direction pour clamer que la situation sociale est apaisée. Ces acteurs restent le plus loin possible des salariés qu’ils ignorent et méprisent du loin de leur entresoi festif
a écrit le 11/12/2017 à 15:01 :
Dans sa conf de Londres SR afin de pousser sa reconduction au poste de PDG d’Orange, a joué la fuite en avant avec de la poudre de perlimpinpin : vous allez voir ce que vous allez voir… alors qu'il sait très bien que les fondamentaux jusqu' 2020 et même 2023 resteront les mêmes donc négatifs : Lowest cost en France qui s'accentue encore en cette fin d’année, pression règlementaire hyper-écrasante que ce soit sur le cuivre ou la fibre, augmentation des taxes sur la fibre, pression règlementaire sur le marché PRO et Entreprise s'aggravant, situation politique, économique, militaire, sanitaire de l'Afrique s'aggravant (corruption, dictature islamiste ou non, guerre, attentats islamistes, épidémies, émigration massive vers l'Europe, etc....), résultats des premiers mois d'Orange Bank atones, et maintenant annonce faite par SR de se diriger vers l'électricité (pourquoi pas le luxe, la haute couture, la gastronomie, j'en passe et des meilleurs).
Les médias macroniens poussent SR et le congratulent matin midi et soir afin de ne pas l’action Orange s’effondrer, afin de permettre la vente par Macron de la part de l’Etat dans les 3 mois.
Mais malgré les déclarations abracadabrantesques des brokers suite au speech de Londres l’action stagne et va recommencer sa chute : la bourse elle ne sait pas mentir.
Réponse de le 12/12/2017 à 22:55 :
Tout à fait d’accord il existe une alternative à la politique actuelle du tout fibre et convergence qui coûte énormément cher à l’entreprise et qui n’a réussi à aucun autre opérateur télécoms en France depuis Messier
a écrit le 11/12/2017 à 11:37 :
et maintenant la banque Orange-lessiveuse pour les futurs détenus corrompus ?
a écrit le 08/12/2017 à 16:03 :
Nicolas defourch est un fin connaisseur des télécoms et de la stratégie il a été d ailleurs à l origine du financement de la licorne Squareway ( sécurisation voix et data sur mobiles pour les entreprises ) quand richard n est intéressé que par le grand public alors que l amélioration d s revenus passera par les entreprises et non le particulier et ne pas être capable d offrir de la sécurité sur mobile pour une entreprise est pas digne d orange ( remarque il aurait utilisé Squareway il serait peut être pas mis en examen ;0))
a écrit le 07/12/2017 à 20:26 :
Monsieur Richard, Stéphane:

Stéphane Richard a fait l'objet le 12 octobre 2007 d'un redressement fiscal de 660 000 euros sur ses revenus de 2000, 2001, 2002, et 2003, montant comprenant « une pénalité de mauvaise foi d'un montant de 5 % »

Le 10 juin 2013, il est placé en garde à vue et est mis en examen pour escroquerie en bande organisée.
Il est à nouveau mis en examen en mai 2015 dans la même affaire Tapie pour chef de « complicité de détournement de fonds publics par une personne privée »

C'est bien joli la présomption d'innocence mais comment voulez vous que j'explique ensuite à mon fils qu'il doit être honnête pour mériter un bon salaire et un job à responsabilité.
Réponse de le 08/12/2017 à 3:30 :
La corruption pour certain il leur est difficile d'y renoncer. Et puis le francais aime bien les gens un peu suspect sous l'etiquette.
Il est certain que l'enseignement de la probite de nos jour, c'est un peu comment dire...depasse. Chacun pour soi, c'est bcp mieux. tant pis pour l'honnete homme.
Réponse de le 08/12/2017 à 18:11 :
OUI, Et toujours aussi arrogant et hystérique
Réponse de le 10/12/2017 à 16:18 :
Et encore, il n'a pas vu ressortir les dossiers porcinet de son relationnel avec ses secrétaraires ...
a écrit le 07/12/2017 à 19:25 :
Le renouvellement ça doit aussi s'appliquer a Orange. Byebye steph! Tu manquera pas
Réponse de le 10/12/2017 à 16:20 :
C'est très vrai. Il force a coup de batte de baseball tous les managers a changer de job tous les trois ans (voir moins), pourquoi pas lui-même ? privilège parasitique de la monarchie 2.0 ?
a écrit le 07/12/2017 à 18:55 :
le core market de orange, c'est pas les gens qui veulent payer deux euros, c'est les boites.........
faut laisser les investissements a free et sfr, et se contenter de demander a les utiliser quasi gratuitement en mettant le focus sur la qualite de service ' la ou ca gagne qqch'

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