En ralliant la Firip, Orange fait un pied-de-nez à SFR

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Stéphane Richard, le PDG d'Orange.
Stéphane Richard, le PDG d'Orange. (Crédits : Reuters)
L’opérateur historique a annoncé ce mardi qu’il rejoignait la Fédération des industriels des réseaux d’initiative publique (Firip). Cette organisme rassemble les acteurs qui déploient et opèrent des réseaux Internet fixe à très haut débit dans les zones les moins peuplées du territoire dans le cadre du plan France Très haut débit, avec l’aide financière de l’Etat. Or ce plan est aujourd’hui torpillé par SFR, qui ne veut plus en suivre les règles du jeu.

Ce mardi, Orange a annoncé au salon des maires et des collectivités locales qu'il ralliait la Fédération des industriels des réseaux d'initiative publique (Firip). Cette organisation rassemble plus de 200 entreprises qui bâtissent et opèrent des réseaux Internet fixe dans les zones les moins denses de l'Hexagone. Dans ces territoires, qui concernent la moitié de la population (environ 12 millions de foyers), ces industriels déploient des réseaux en fibre optique pour le compte des collectivités locales, avec l'aide financière de l'Etat. La construction de ces réseaux Internet fixe s'inscrit dans le cadre du plan France Très haut débit (PTHD). Ce grand chantier à 20 milliards d'euros vise à offrir une connexion ultra-rapide à tous les Français d'ici à 2022.

Leader des télécoms en France, Orange devient le seul grand opérateur national membre de la Firip. Dans un communiqué, l'opérateur historique affirme que son adhésion témoigne d'une volonté d'accélérer les déploiements en fibre optique dans les zones les moins peuplées de l'Hexagone. Surtout, c'est l'occasion pour Orange de rappeler qu'il soutient le PTHD du gouvernement. « En officialisant aujourd'hui nos liens avec la Firip, nous rejoignons les ambitions du gouvernement dans sa volonté de proposer du haut débit pour tous en 2020, du THD pour tous en 2022, et la fibre pour tous en 2025 », affirme Pierre Louette, directeur général délégué d'Orange.

L'exclusion de SFR Collectivités

Difficile, en outre, de ne pas voir dans ce ralliement un pied-de-nez à SFR. Au mois de juillet, l'opérateur au carré rouge a annoncé qu'il voulait fibrer la France tout seul et sans argent public. Depuis, la filiale d'Altice, le groupe de télécoms et de médias du milliardaire Patrick Drahi, ne cesse de fusiller le modèle des RIP. Il a même indiqué qu'il était prêt à doublonner les réseaux d'initiative publique. Ce qui s'apparenterait à un torpillage du modèle économique du PTHD qui ne convient pas à Patrick Drahi, lequel souhaite plus que tout être propriétaire de ses propres réseaux. Cette initiative avait suscité l'ire de nombreux politiques comme des acteurs des RIP. Et le 18 octobre, la Firip a décidé d'exclure SFR Collectivités, la filiale de l'opérateur au carré rouge dédiée aux réseaux d'initiative publique.

Dans ce contexte bouillant, Etienne Dugas, le président de la Firip, voit l'arrivée d'Orange comme un bouclier. « Aujourd'hui, Orange est devenu plus pro-RIP que la Firip elle-même !, se félicite-t-il. A partir du moment où affichent leur appétence pour ces réseaux, et respectent les règles du jeu, il n'y avait aucune raison de leur refuser l'entrée à la Firip. Orange vient par exemple de remporter un RIP en Mayenne. En plus d'y déployer un réseau 'activé' [où tous les autres opérateurs télécoms, petits ou grands, pourront donc se raccorder, NDLR], ils ont amené un deuxième opérateur d'entrée de jeu [Free]. On ne peut donc pas leur reprocher de mettre des barrières à l'entrée pour conserver leur monopole. D'autre part, ils gagnent un grand nombre de RIP, et vont rapidement devenir le premier acteur du marché. »

Relations difficiles d'Orange avec les collectivités

Un discours qui tranche toutefois avec les critiques de nombreuses collectivités et acteurs des RIP, qui ont depuis longtemps accusé Orange de freiner leur modèle économique. Ils ont, entre autre, souvent reproché à l'opérateur historique de ne proposer ses offres Internet à très haut débit que là il avait gagné le droit de déployer ses réseaux, tout en y freinant la concurrence. Et ce, afin de protéger ses « très bonnes parts de marché dans l'ADSL, parfois supérieure à 50% », rappelait dans nos colonnes Stéphane Richard, son PDG, l'année dernière. Quoi qu'il en soit, le ralliement d'Orange à la Firip isole un peu plus SFR, dont les difficultés ont récemment provoqué l'effondrement de sa maison-mère Altice en Bourse.

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Commentaires
a écrit le 22/11/2017 à 20:44 :
Sur le même réseau, même boîte de raccordement, sfr refusait le dégroupage accepté par free et Orange, ben on est partis, et quitter la bonne combine qui offre moins de services de débit et moîtié plus cher, plus le refus de la gratuité vers les portables dans les dom tom. Altice est accrochée à ses bénéfices mais pas à ses clients, cherchez l'erreur!
a écrit le 22/11/2017 à 5:29 :
Il serait temps que la sixieme puissance se construise un reel reseau internet HB.
La Coree a reussi cet exploit, le moindre petit village au fond d'une vallee au fin fond recoit un rendement regulier en haut debit. 2022! On croit rever en lisant cette info.

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