Porteuses de solutions pour demain et clés de la souveraineté technologique, les pépites qui développent des innovations de rupture ne cessent d’éclore dans l’Hexagone. Ces startups peinent toutefois à trouver des investisseurs privés, frileux face au temps long de la R&D. Dans un contexte de chute de financement dans la tech au niveau mondial, les deeptech semblent toutefois avoir davantage d'arguments que les pépites du digital pour triompher de la crise.Technologies quantiques, robotique, mais aussi biothérapies ou aide à la transition écologique : après dix années marquées par l'innovation numérique, la French Tech entre dans une deuxième phase. Celle-ci est placée sous le signe des entreprises de la deeptech, autrement dit, de l'innovation profonde et de rupture.
« Une révolution technologique s'ouvre dans des secteurs stratégiques », a entonné la directrice de la Mission French Tech, Clara Chappaz, en ouverture de la table ronde « Financer les deeptech, un enjeu crucial », qui s'est déroulée le 6 mars dernier au Grand Rex de Paris dans le cadre de la première édition de Tech for Future, le grand événement tech de la rédaction de La Tribune.
Sorties des laboratoires de recherche, ces innovations portées par des startups visent à apporter des solutions aux grands enjeux de société et à redessiner le monde de demain.
« Il n'y a aucune raison que ces entreprises ne soient pas européennes et françaises, puisque nous avons les talents et l'expérience de la French Tech. Nous pouvons construire ici les leaders de cette révolution technologique », a-t-elle martelé.
1.800 startups deeptech sur les plus de 20.000 de la French Tech
Si elle ne représente encore qu'une petite proportion des 20.000 startups de la tech tricolore, la deeptech se renforce. Quatre ans après le lancement du plan Deeptech par Bpifrance, le paysage français en compte 1.800. L'an dernier, 320 de ces jeunes pousses ont été créées, soit le double comparé à 2018. Certes, c'est encore loin de l'ambition initiale des 500 créations annuelles d'ici à 2025.
« Mais nous voyons bien que nous sommes dans une dynamique », estime Paul-François Fournier, directeur exécutif innovation et membre du Comité exécutif de Bpifrance.