Produire et consommer de l'électricité en circuit court : le pari de Selfee auprès des collectivités locales
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Nathalie Jourdan
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

Photo d'illustration
DR
Comme la tomate et la crevette, l'électron parcourt souvent des centaines de kilomètres avant de venir alimenter les convecteurs et les ampoules d'une cantine ou d'une mairie. Et si les préceptes du circuit court alimentaire s'imposaient aussi sur le marché complexe de l'électricité ? C'est le pari que veut relever la startup Selfee, jeune agrégateur et fournisseur d'énergie verte aux collectivités installé à Paris et Rouen. Créée en 2017 par Sandra Magnin, ancienne juriste de la CRE (Commission de régulation de l'énergie) et Dominique de Maricourt, ex-cadre d'Engie en charge de la commercialisation, elle est active sur le marché depuis 2019.
La solution qu'elle a développée est unique en son genre. Elle permet à des communes ou à des agglomérations d'acheter en circuit court de l'électricité renouvelable à des producteurs locaux et à un prix défini localement. Autrement dit, affranchi des fluctuations des prix du marché européen dont on mesure la volatilité depuis quelques mois, dont la flambée des cours s'est accélérée depuis la guerre en Ukaine.
Unique intermédiaire entre le producteur d'énergie et la collectivité acheteuse, Selfee lui garantit financièrement son approvisionnement de jour comme de nuit et que le vent souffle ou pas (on parle d'équilibrage dans le jargon). Son objectif : inciter progressivement les territoires à prendre en main leur destin énergétique de la centrale à la prise comme on dit de la fourche à la fourchette.
À lire également
Engagée depuis l'origine dans un programme de R&D avec la Ville de Paris sur la problématique de l'autoconsommation territoriale, le jeune opérateur a déjà convaincu une petite dizaine de collectivités urbaines et rurales d'utiliser sa solution pour une partie de leur patrimoine bâti. C'est le cas par exemple de l'agglomération du Grand Châtellerault où l'on se félicite d'avoir recours à ses services. « Nous avons élaboré ensemble une première solution pour six bâtiments et leur accompagnement a été aussi instructif que stimulant », témoigne Philippe Eon, son directeur des stratégies.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Nathalie Jourdan