Rand Hindi, chevalier blanc anti-Gafa
Patrick Cappelli
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Rand Hindi, créateur de SNIP
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Rand Hindi, créateur de SNIP
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« Le pire d'Internet. » C'est ainsi que Rand Hindi, fondateur de Snips, qualifie les enceintes connectées Alexa d'Amazon, Google Home ou HomePod d'Apple. Des appareils qui écoutent les conversations et envoient les données dans le cloud. Un risque sérieux pour la confidentialité qu'il compte bien éliminer avec son assistant vocal « made in France ». Le trentenaire reçoit dans ses bureaux du Silicon Sentier, sourire aux lèvres et tutoiement immédiat. Son look - gilet à capuche extra-long, pendentif en argent, bracelets et pantalon bouffant - tranche avec l'uniforme jean, chemise blanche, barbe de trois jours en vigueur dans l'écosystème startup. Une appétence pour la mode qui lui vient de sa mère, chasseuse de designers, tandis que son père, trader en matières premières, lui a donné le goût des théories macroéconomiques. Dès ses 10 ans, Rand démonte la télé et sa console de jeux pour comprendre leur fonctionnement.
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Après une électrocution de trop, sa mère le met devant un ordinateur pour qu'il apprenne à coder. À 14 ans, il monte avec un copain un réseau social, Planet Ultra. Début 2000, il surfe sur la vague Internet en lançant Hinran, une agence Web. Rebelle, le jeune homme arrête le lycée et prépare son bac S à domicile, qu'il obtient sans mention, car il privilégie maths et physique au détriment des autres matières. Or, l'University College of London, que vise le jeune homme, réclame une mention bien à ses étudiants. Au culot, il va voir le directeur des admissions, qui lui fait faire des exercices : « Avec mes huit ans de codage, je les ai facilement résolus et l'université a fait une exception. » La première d'une série. Alors qu'il s'ennuie en licence, il découvre le machine learning. Une révélation : « J'ai compris qu'au lieu de programmer un ordinateur, je pouvais montrer à la machine ce que je voulais, lui donner des datas et la laisser travailler ». Le geek se spécialise en biotechnologie, discipline dans laquelle il obtiendra son doctorat en 2010 sans avoir passé de master, une étape pourtant obligatoire.
Patrick Cappelli
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