Comment IBM "ouvre la boîte noire" de l'intelligence artificielle

Ibm, l'une des valeurs a suivre a wall street
© Tobias Schwarz / Reuters
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Ibm, l'une des valeurs a suivre a wall street
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Pour que l'intelligence artificielle ne fasse plus peur et qu'on accepte qu'elle prenne des décisions à notre place sur la base de modèles prédictifs et auto-apprenants, il faut que les hommes soient capables de la comprendre et la maîtriser. C'est aujourd'hui le plus grand frein à son déploiement, à la fois au sein des entreprises, mais aussi dans la société tout entière. Car l'IA, comme le big data d'ailleurs, fonctionne comme une boîte noire : conçus dans l'opacité, les algorithmes aboutissent à des décisions que leurs concepteurs n'expliquent pas, ou dans un langage inaccessible au grand public. Le scandale autour de Parcours Sup', dont l'algorithme fonctionne avec des données mais sans IA, montre bien que la confiance et la transparence sont le plus grand défi de l'ère de la donnée-reine.
L'entreprise américaine IBM, pionnière de l'intelligence artificielle avec son programme Watson, a décidé de s'attaquer au problème en commercialisant, à partir du 19 septembre, une nouvelle solution logicielle capable "d'ouvrir la boîte noire" de l'IA. Cette sous-couche destinée aux entreprises s'appuie sur une technologie maison. Elle est capable de détecter automatiquement les biais des algorithmes afin d'en diminuer l'influence, et d'expliquer en temps réel, dans des termes "faciles à comprendre" comment l'IA prend les décisions, ce qui permet à l'utilisateur d'en "garder la maîtrise", explique Jean-Philippe Desbiolles, vice-président Cognitive Solutions chez IBM France :
Ces nouvelles capacités de confiance et de transparence fonctionnent avec des modèles construits à partir d'une grande variété de "framework" (systèmes) de machine learning tels que IBM Watson, AzureML, AWS SageMaker, Tensorflow et SparkML, soit la plupart des cadres d'IA populaires utilisés par les entreprises. Le service peut aussi être programmé pour "surveiller les facteurs de décision uniques de tout flux de travail de l'entreprise, ce qui permet de l'adapter à l'utilisation spécifique de chaque organisation".
L'autre particularité du logiciel, c'est-à-dire sa capacité à déceler et à expliquer les biais des décisions algorithmiques en temps réel et pour toutes les organisations, est une première mondiale, d'après IBM.
Le logiciel recommande aussi des données à ajouter au modèle pour atténuer tout biais qu'il a détecté. IBM indique aussi mettre à disposition de la communauté open source la boîte à outils AI Fairness 360, une bibliothèque d'algorithmes, de codes et de tutoriels inédits, destinés à fournir des outils aux universitaires, aux chercheurs et aux spécialistes des données, pour intégrer des solutions de détection des biais dans les futurs modèles d'IA.
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IBM espère que sa solution va lui permettre de développer son activité IA et populariser Watson, tout en faisant progresser l'ensemble de l'industrie sur la question de la transparence des algorithmes et de la lutte contre les biais. L'enjeu business est fort pour le géant américain, qui a mené une étude auprès de 5.000 décideurs en 2018 sur la confiance qu'ils accordent dans l'IA.
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Verdict : "Si 94% des sondés sont convaincus que l'IA est un sujet de compétitivité stratégique majeur et un atout pour se différencier de la concurrence, à peine 35% ont un niveau de confiance élevé, donc acceptable, dans leur propre organisation pour tout ce qui touche à l'analytics ou à l'IA", décrit Jean-Philippe Desbiolles. Il reste du pain sur la planche.