Surveillance : le vrai prix de la NSA pour les entreprises et le contribuable américains

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Suite au vote du USA Freedom ACT le 2 juin par le Sénat, les autorités américaines ne pourront accéder qu'au cas par cas aux données de leurs citoyens, et non plus de manière automatique et généralisée.
Suite au vote du USA Freedom ACT le 2 juin par le Sénat, les autorités américaines ne pourront accéder qu'au cas par cas aux données de leurs citoyens, et non plus de manière automatique et généralisée. (Crédits : Reuters)
Le programme de surveillance de la NSA pourrait infliger des pertes désastreuses aux grandes sociétés de technologies basés outre-Atlantique. Il aurait par ailleurs coûté 574 dollars par an à chaque contribuable américain.

Voilà qui devrait renforcer encore davantage la méfiance des américains envers la NSA. Selon un rapport de la Fondation de l'Information et de l'Innovation Technologique, les entreprises américaines pourraient perdre plus de 35 milliards de dollars en activité à l'étranger après les révélations d'Edward Snowden sur la surveillance massive et systématique des Etats-Unis sur le web.

"Les clients étrangers boudent les entreprises américaines. Lorsque les historiens écriront sur cette période de l'histoire, il se pourrait bien que l'un des thèmes soit de savoir comment les Etats-Unis ont perdu leur leadership mondial sur la technologie", affirme le rapport.

Il y a deux ans déjà, la Fondation de l'Information et de l'Innovation Technologique avait estimé que ce mode opératoire pouvait coûter aux États-Unis entre 21,5 et 35 milliards de dollars en 2016. A ce jour, le rapport affirme que les pertes réelles "seront probablement largement supérieures à 35 milliards de dollars".

De nombreuses entreprises étrangères assurent que le programme de la NSA, nommé PRISM, aurait causé l'abandon de certains produits technologiques. Les sociétés basées aux Etats-Unis, telles que Microsoft, Intel, Apple, ou encore IBM auraient d'ailleurs subi une baisse des ventes en Asie, en Europe et en Amérique du Nord.

Cinq recommandations à suivre

Les pertes financières ont poussé les grandes entreprises de technologie comme Apple ou Google a inclure non seulement un système de cryptage dans leurs smartphones, mais aussi à s'opposer publiquement à l'autorisation du chiffrement de données par les autorités.

Pour renverser la tendance, les auteurs du rapport ont émis cinq recommandations au gouvernement : accroître la transparence des activités de surveillance aux Etats-Unis et à l'étranger, abandonner le chiffrement de données, renforcer les traités d'assistance judiciaire mutuelle, travailler à établir d'autres normes juridiques quant à l'accès aux données du gouvernement, et compléter les accords commerciaux comme le partenariat Trans-Pacifique qui interdit le protectionnisme et les barrières numériques.

Quand les impôts financent l'espionnage

Imaginez qu'en France, 20% de vos impôts soient destinés à la Loi sur le Renseignement. C'est en tout cas ce que l'opération massive de surveillance de la NSA aurait coûté à chaque contribuable américain, soit à peu près 574 dollars par an, selon Steve Hanke, professeur de sciences économiques appliquées à l'université de John Hopkins.

En tenant compte des documents divulgués par Edward Snowden, cette taxe couvrirait la collecte des métadonnées des téléphones de chaque citoyen, les mandats judiciaires pour les données de leurs emails ou de leurs comptes sociaux, la mise en place de câbles (fibre optique) sous-marins, et les écoutes des téléphones de dirigeants étrangers. Le calcul a notamment été réalisé à partir d'autres documents tels que le « black budget », qui détaille les dépenses de la communauté du renseignement des Etats-Unis. Au final, environ 20 % de ce budget de 52.6 milliards de dollars est affecté à la NSA. Mais cela devrait bientôt changer.

Freedom Act, grand rédempteur ?

En effet, auparavant, les autorités avaient accès à toutes les données téléphoniques des Américains via leurs opérateurs, mais désormais, et grâce au Freedom Act voté par le Sénat américain le 2 juin dernier, les autorités n'auront accès à ces données qu'au cas par cas, et non plus de manière automatique et généralisée.

Le texte prévoit par ailleurs de redonner à la NSA le pouvoir de traquer les suspects considérés comme des "loups solitaires" et de les mettre sur écoute. En outre, cette réforme ne concerne que la collecte d'informations sur le sol américain et ne change rien à la surveillance pratiquée à l'étranger.

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