Messier s'explique sur les milliards perdus dans le rachat d'actions de Vivendi Universal

Le procès de Jean-Marie Messier a repris devant le tribunal correctionnel. Suivez le jour par jour avec notre envoyé spécial Jamal Henni.

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Récit de la cinquième journée d'audience, ce jeudi 10 juin :

Au menu de ce jeudi après-midi : le rachat d'actions Vivendi Universal par la société entre le 17 septembre et le 2 octobre 2001, qui coûtera un milliard d'euros (l'addition grimpe à près de 6 milliards si l'on étend la période jusqu'à début 2002). J2M, qui avait ordonné ces rachats, est jugé pour "manipulation de cours". En effet, le juge d'instruction Jean-Marie d'Huy accuse l'ex PDG d'avoir ordonné ces rachats en violant les règles en vigueur. D'abord, la quantité d'actions achetées ne doit pas dépasser 25 % du volume moyen échangé les trois jours précédents. Or les achats de VU ont atteint jusqu'à 40 %. Surtout, il est interdit d'acheter des titres pendant les quinze jours précédant la publication de résultats, et, tous les autres jours, pendant la dernière demi-heure de la séance. Deux règles qui n'ont pas non plus été respectés.

Aujourd'hui, J2M se justifie : "il s'agissait d'une bonne décision. Après le 11 septembre, les cours avaient été suspendus jusqu'au 17 septembre. La crainte était qu'à la reprise de cotation, il n'y ait plus d'acheteur, plus de liquidité sur le marché, et que cela fasse le jeu de la spéculation. Donc ne rien faire était livrer la société à la spéculation, être la cible des fonds spéculatifs".

Certes, "on n'avait pas coché 100% de toutes les cases [des demandes de la COB]. Nous n'avons pas respecté intégralement et tous les jours les règles. Et je ne nie pas les désaccords avec la COB. Mais la COB puis l'AMF ont décidé de ne pas relever de manquement, de ne pas ouvrir d'enquête".

L'ex-directeur financier Guillaume Hannezo a ajouté que les règles de la COB n'étaient pas "parfaitement claires", et en outre pas obligatoires, mais uniquement recommandées.

Jean-Marie Messier s'exclame : "Qu'est-ce que c'est que cette connerie ?"

Plus tard, Michel Prada, le président de la COB enverra bien un rappel à l'ordre à Vivendi Universal. Mais J2M lui répond de manière « flagorneuse », comme il l'admet aujourd'hui, avec une lettre remerciant ce "cher Michel" à plusieurs reprises. "Il se fout un peu de nous", commentera le chef du service d'inspection de la COB en recevant cette réponse. Et Michel Prada dira lors de l'instruction : « c'est le style inimitable de Jean-Marie Messier qui répond à des reproches en me faisant part de son admiration et de ses remerciements ». Aujourd'hui, J2M avoue : "J'avais le malheur de connaître Michel Prada car nous partagions des passions musicales communes...". En revanche, il dément avoir jamais offert un cheval à Gérard Rameix, directeur général de la COB, comme l'aurait écrit la presse : "Qu'est-ce que c'est que cette connerie ?", s'offusque-t-il.

Revivez l'audience d'hier, mercredi 9 juin, comme si vous y étiez.

 

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