Free Mobile : les problèmes de réseau en grande partie résolus

Les clients relèvent une nette amélioration des dysfonctionnements constatés en soirée. Free et Orange ont renforcé l'interconnexion de leurs réseaux, mais la quasi totalité du trafic continue de transiter sur celui de l'opérateur historique.

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Xavier Niel, le fondateur de Free, au lancement de son offre mobile le 10 janvier. Copyright AFP
Xavier Niel, le fondateur de Free, au lancement de son offre mobile le 10 janvier. Copyright AFP (Crédits : AFP)

Après un mois et demi de dysfonctionnements récurrents en soirée, les clients du nouvel opérateur Free Mobile sont nombreux à noter « une nette amélioration depuis une semaine environ, même s'il y a encore des coupures le soir » relève Frédéric. « La couverture n'est pas aussi bonne qu'avec mon ancien opérateur mais on n'est plus obligé de renouveler à chaque fois les appels pour qu'ils aboutissent » observe Sophie. « A lire les forums, les problèmes ont disparu », avance même un dirigeant de Free. Finis les ennuis d'accès au réseau ? « Les problèmes de capacité sont résolus. Nous avons rajouté la semaine dernière, et encore en ce début de semaine, des liens physiques permettant de passer davantage d'appels simultanés » avait déclaré Maxime Lombardini, le directeur général d'Iliad, la maison-mère de Free, la semaine dernière au « Monde ».

97% du trafic de Free encore sur Orange
Concrètement, c'est en fait Orange, à qui Free loue son réseau, qui a installé des centaines de passerelles en plus entre leurs deux c?urs de réseau, en région parisienne et à Lyon, des « BPN » pour « blocs pairs numériques » : ce sont des boîtiers reliés en fibre optique qui permettent d'acheminer 31 communications simultanées (de la voix mais pas de transfert de données). Avec des effets visibles depuis le week-end du 7 avril sur les problèmes d'engorgement du réseau en soirée.

Orange a accéléré les cadences et en a livré plusieurs milliers depuis janvier (près de 4.000), dépassant de loin les prévisions initiales du contrat. Free doit payer davantage que prévu, mais ce ne sont pas ces frais d'interconnexion qui alourdissent tant la facture, mais le trafic généré par les 2,5 millions d'abonnés conquis en trois mois, selon les estimations des opérateurs concurrents qui analysent le nombre de nouvelles cartes SIM appelant leurs propres clients. Or selon nos informations, ce sont encore 97% des communications de Free Mobile qui transitent actuellement sur le réseau d'Orange. Stéphane Richard, le PDG de l'opérateur historique, a d'ailleurs déclaré à « Libération » ce mardi que le contrat d'itinérance signé avec Free pourrait lui rapporter « jusqu'au double » du 1 milliard d'euros prévu sur six ans, « en fonction de la capacité de Free à développer son réseau. »

Le rapport final de l'Agence nationale des fréquences (ANFR) sur l'état du réseau de Free Mobile, qui devait être remis le 30 mars au ministre de l'Industrie, Eric Besson, puis au régulateur des télécoms, l'Arcep, se fait attendre. « Si Iliad multiplie par 2,5 le nombre d'antennes installées comme promis, on peut imaginer que 15% à 20% du trafic de Free passeront sur son réseau en propre » estime un analyste financier. L'impact n'est pas neutre pour les analystes qui vont devoir ajuster leurs prévisions : lissé sur la durée du contrat, le milliard d'euros de frais d'itinérance se traduisait par 167 millions par an dans leurs tableurs, un montant qui va au moins doubler à 333 millions, sans doute davantage sur les premières années, risquant d'alourdir les pertes de démarrage.

 De gros consommateurs, y compris sur les forfaits à 2 euros


Au-delà de l'interconnexion, Free a de son côté semble-t-il réparé les équipements de signalisation défectueux mis en cause lors des trois grandes pannes d'ampleur nationale, qui ne se sont pas reproduites depuis le 20 mars. L'opérateur communique très peu sur son déploiement : tout juste sait-on qu'il a investi 142 millions d'euros dans le déploiement de son réseau mobile en 2011 (hors licences 4G), pour une enveloppe estimée au total à 1 milliard. L'équipementier télécoms qui lui fournit les stations de base, Nokia Siemens Networks, a l'interdiction de parler du contrat. Le rythme suit-il celui des recrutements de clients ?

« Ils seront à 3 millions au second semestre » table un concurrent ; « à 5 millions à la fin de l'année » prédit un analyste. Iliad dévoilera courant mai le nombre de clients engrangés au premier trimestre, avec la publication de son chiffre d'affaires, mais ne devrait pas en dire plus sur la répartition entre ses diférents forfaits ni sur leur consommation. Or il semble qu'il s'agisse de gros consommateurs, tant sur les forfaits « illimités », sans surprise, que sur les forfaits à 2 euros : selon Stéphane Beyazian, analyste chez de Raymond James Equities, les clients dépasseraient allègrement les 60 minutes et 60 SMS pour dépenser plus de 6 euros (en revenu moyen par abonné hors taxe), le tout restant moins cher que certaines cartes prépayées. La course de vitesse pour dimensionner le réseau en adéquation avec le nombre de clients et le trafic est donc sans doute loin d'être terminée.
 

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Commentaires 3
à écrit le 19/04/2012 à 9:10
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bonjour, depuis hier 18-4-2012 je n'ai plus de réseau sur mon portable, j'ai souscris un forfait à 2 euros, que ce passe t-il ?

le 19/04/2012 à 16:34
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Ne vaudrait il pas mieux changer votre alias avant de... troller ???

à écrit le 18/04/2012 à 21:27
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Retourné chez Sosh. Je préfère un service 5? plus cher mais qui fonctionne. Si on n'a pas besoin de téléphone mobile, Free est parfait, c'est sûr.

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