Télécoms : le géant AT&T prêt à partir à l'assaut de l'Europe

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Le géant américain des télécoms étudierait des cibles au Royaume-Uni, en Allemagne ou aux Pays-Bas, selon le « Wall Street Journal. » Il envisagerait une opération avant la fin de l'année.

Un peu plus d'un an après l'échec de sa fusion à 39 milliards avec T-Mobile USA, la filiale américaine de Deutsche Telekom, le géant AT&T tourne son regard vers l'Europe, voire la « traque » selon le titre de l'article du « Wall Street Journal. » Le groupe issu de l'ex-monopole américain des télécoms « envisagerait le rachat d'un de ses homologues en Europe », un pari destiné à trouver des relais de croissance sur un nouveau marché mobile où il pourrait déployer la 4G et ses stratégies tarifaires lucratives. AT&T étudierait actuellement des cibles et une opération pourrait intervenir avant la fin de l'année selon les sources citées par le quotidien des affaires. Le néerlandais KPN, qui a pourtant déjà subi les assauts du milliardaire mexicain Carlos Slim (qui détient désormais 28% du capital), et Everything Everywhere, la co-entreprise d'Orange et Deutsche Telekom au Royaume-Uni, seraient notamment « dans le radar d'AT&T » écrit le quotidien de Wall Street. L'action KPN grimpe de plus de 3% jeudi après-midi à Amsterdam.

Un ex-actionnaire de SFR
Venir en Europe pour chercher de la croissance ? Le monde à l'envers, à l'heure où les opérateurs européens se lamentent de la baisse des prix et du recul du marché en valeur,  enviant leurs homologues américains qui pratiquent des tarifs élevés, en particulier pour leurs offres 4G. AT&T, qui est un peu le France Télécom américain, né de la scission imposée par l'antitrust de l'ex-American Telephone and Telegraph Company, a déjà eu des participations au capital d'opérateurs européens il y a une dizaine d'années : SBC (Southwestern Bell Corporation), qui a racheté son ex-maison mère et pris le nom plus connu d'AT&T, a notamment été actionnaire de SFR (plus exactement Cegetel) jusqu'en 2002, lorsque Vivendi et Vodafone se sont battus pour le contrôle de l'opérateur (finalement Vivendi racheta les 26% de BT pour 4 milliards d'euros et le britannique les 15% de SBC pour 2,3 milliards). Ironie de l'histoire, Vivendi cherche aujourd'hui une alliance ou un acquéreur pour SFR, ne croyant plus au potentiel des télécoms. Mais le « Wall Street » cite plutôt le Royaume-Uni, l'Allemagne ou les Pays-Bas comme pays pouvant l'intéresser.

AT&T vient faire les soldes en Europe
Au coude à coude avec Verizon sur son marché domestique, AT&T lorgne peut-être l'Europe tout simplement parce qu'il y a sans doute de bonnes affaires à rafler. Les valorisations boursières des opérateurs européens sont au tapis : KPN a chuté de plus de 50% en un an, l'indice Stoxx des télécoms en Europe accuse un repli de 17% sur douze mois et France Télécom a enregistré la plus forte baisse du CAC 40 en 2012 (-31% soit environ 8 milliards d'euros de capitalisation envolés), même s'il reste un gros morceau à avaler (avec l'Etat au capital), y compris pour AT&T. En revanche, la rumeur d'une volonté de désengagement de Deustche Telekom de leur joint-venture britannique circule depuis plusieurs mois. Les prises de participations de Carlos Slim dans KPN et Telekom Austria, même si elles affichent une moins-value latente de l'ordre de 2 milliards, ont peut-être inspiré AT&T, qui est d'ailleurs actionnaire (à hauteur de 9% environ) d'America Movil, le groupe du magnat mexicain...
 

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