Numericable redécolle grâce à sa Box et à la fibre

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Eric Denoyer, le PDG de Numericable.
Eric Denoyer, le PDG de Numericable. (Crédits : DR)
Le câblo-opérateur a renoué avec la croissance de son parc d'abonnés et de son chiffre d'affaires. Déjà leader du très haut débit, Numericable veut accélérer dans la fibre en partenariat avec les collectivités.

Numericable est content de 2012, « probablement une des meilleures années de l?histoire récente de l?entreprise, depuis sa constitution en 2005 », ce qui en fait « une des exceptions sur le marché des télécoms français », avec Free, selon Eric Dunoyer, le PDG du câblo-opérateur. Le chiffre d?affaires a progressé, certes modestement, de 1,1% à 874 millions d?euros, « mais la croissance a toujours été un sujet chez nous, elle n?était pas évidente », alors que le câble perdait des clients, concurrencé par les opérateurs ADSL. L?excédent brut d?exploitation (Ebitda) a augmenté de 4,6% à 456 millions d?euros (soit un superbe taux de marge de 52%), ce qui lui permet de se comparer avantageusement à Orange, SFR et Bouygues Telecom, aux résultats en forte baisse en 2012.

Le parc client redécolle, grâce à la nouvelle Box
Ces bons résultats sont liés au redécollage du parc client, grâce notamment au succès commercial de sa nouvelle Box aux fonctions avancées (LaBox), qui s?est écoulée à 121.000 exemplaires depuis son lancement en juin. Numericable a gagné de nouveaux abonnés (1,62 million contre 1,58 million à fin 2011) y compris en propre, et pas seulement en marque (297.000 chez BBox et Darty), avec 972.000 clients en multiplay (+26.000) accédant à un débit de 30 Mégabits par seconde, dont 635.000 à 100 méga. Seuls les abonnés à la seule télévision (parfois analogique, dont le signal est maintenu) continuent de décroître (359.000, soit 19.000 de moins, ce qui devrait se poursuivre encore trois ou quatre ans. « L?affaire YouTube [les problèmes de lenteur chez Free, NDLR] a montré l?importance du débit et de la disponibilité. Numericable sait mieux que les autres servir cette demande et notre Box était ce qui nous manquait pour concrétiser l?avance du réseau » considère Eric Denoyer.

Le « câblo » se pose en allié des collectivités dans le très haut débit
Car Numericable est fier d?être enfin considéré par l?Arcep, le régulateur, et le gouvernement comme le leader français du très haut débit, avec une part de marché de 62% (et même de 81% si l?on inclut Bouygues Telecom qui est hébergé sur son réseau), loin devant Orange à 11%, SFR à 5% et Free à 3%. « Nous sommes le premier réseau de fibre optique en France » a souligné Jérôme Yomtov, le secrétaire général, alors que le réseau de Numericable, dont la fibre s?arrête à un répartiteur ou au pied de l?immeuble avant de se terminer en câble coaxial, a longtemps été méprisé par la concurrence. Actuellement 4,8 millions de foyers, sur les 9,8 millions raccordés par Numericable dans l?Hexagone, le sont en fibre optique, 6 millions le seront fin 2014. Et le « câblo » ne veut pas s?arrêter là : il se met à la fibre jusqu?à l?abonné (FTTH), dans les Hauts-de-Seine, à Sarreguemines, en co-investissant avec des collectivités ou en utilisant des réseaux d?initiative publique. Pour cela, il milite pour la suppression des zones dites AMII (appels à manifestation d?intentions d?investissement) du plan Très haut débit en zones non denses, qui sont réservées aux opérateurs privés et sur lesquelles les collectivités ne peuvent monter de projet. Ce qui n?arrange pas Numericable, qui souhaiterait co-investir avec les collectivités et bénéficier ainsi de subventions : « cela correspond à un gel des zones pour les collectivités qui ne peuvent lancer de projet, sont suspendues aux déploiements d?Orange et SFR, par des conventions peu engageantes. Il faut éviter le gaspillage en superposant les réseaux » plaide le PDG de Numericable, qui est clairement dans « une stratégie de déploiement en dehors de notre périmètre. »

« Numericable n?est plus un LBO, la dette n?est plus un sujet »
Pour autant, Numericable veut convaincre qu?il n?a pas besoin de fusionner avec un autre acteur. « Aujourd?hui nous nous développons très bien tout seul. Nous avons le potentiel de doubler notre taux de pénétration qui n?est que de 14% sur le territoire que nous couvrons. Les investissements sont pour l?essentiel derrière nous, le commerce est devant nous » fait valoir Eric Denoyer. « Numericable n?est plus un LBO, la dette n?est plus un sujet » affirme-t-il. Le câblo-opérateur, qui a émis deux tranches d?obligations de 360 et 500 millions d?euros l?an dernier, supporte encore une dette nette de 2,3 milliards d?euros mais son ratio d?endettement, descendu à 5 fois l?Ebitda, devrait tomber à 4 fois en 2014 ou 2015 selon le PDG : « il n?y aura plus d?effet de levier, nous pourrons alors nous refinancer en prêts bancaires » prédit-il. Numericable redevient ainsi progressivement une entreprise normale. Une façon sans doute aussi d?atténuer les craintes de Vivendi sur un éventuel mariage avec SFR, dont il a défendu l?intérêt dans une récente interview. Des discussions ont-elles toujours lieu avec SFR ? « Notre point de vue n?a pas changé, je n?en dirai pas plus? » a répondu le PDG.

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Commentaires
a écrit le 22/03/2013 à 11:19 :
Le service client et le service de Numericable est une véritable calamité Je suis partit de chez eux aprés en avoir supporté beaucoup pendant 15 ans Bon débarras
Réponse de le 22/03/2013 à 13:35 :
vous avez entierement raison Mordrakheen, avant cela s'appelait noos ça a changé plusieurs fois de nom, j'ai des articles de journal sur eux affolant les trois quarts des gens qui étaient chez eux dont moi se plaignaient, jamais un aprés service correct, il ne venait jamais en dépannage vous restiez des mois sans service,, ça marchait plus ou moins, plutôt moins d'ailleurs que plus.
Réponse de le 23/03/2013 à 2:19 :
Le service client de tous les opérateurs est une sombre bouze sous traitée on ne sait de moins en moins où... Finalement, la vraie question devient : le produit de base nous convient-il ? Et si oui, a quel prix ? En cas de merde, c'est la galère, partout :-)
a écrit le 22/03/2013 à 10:17 :
En ce qui me concerne, le débit (85Mb/s), l'utilisation possible de Youtube et autre services google est un vrai point positif avec Numericable.
En revanche ce que j'attends toujours c'est un vrai débit en Upload ! Aujourd'hui ce n'est que du 5Mb/s c'est vraiment faible pour une utilisation poussée de g33k que je suis.
a écrit le 22/03/2013 à 10:11 :
"Dans les Hauts-de-Seine ET a Sarreguemines" ? Parce que sinon, c'est faux: Sarreguemines est en Moselle.
a écrit le 22/03/2013 à 9:25 :
Enfin un article avec les bons chiffres sur Numéricable ! Ceux du dernier article sur le FTTH étaient erronés.
a écrit le 21/03/2013 à 21:11 :
J'ai fait tous les opérateurs (sauf Free). Numéricable est une entreprise absurde (administratif, SAV malien, sous traitance réseau câble), avec un produit qui ne fonctionne pas. D'un point de vue marketing, ils ont fait de bonnes offres il y a 1,5 ans (sur le mobile avec Bouygues, sur l'entrée de gamme, mais toujours avec abonnement). Ils semblent avoir de gros moyens en rachetant Darty et ils ont aussi peut être avoir racheté le réseau France Télécom Cable à de bonnes conditions (j'avais aussi lorsqu'il n'y avais pas de TV ADSL dans mon village : c'est devenu horrible à l'arrivée de la TNT). Je ne sais pas pourquoi le câble n'a jamais fonctionné en France. Mais c'est un fait qui est parti pour durer (je les ai quitté il y a 4 mois pour l'ADSL et je revis). Je ne serais pas surpris qu'il tente de se vendre ou de s'introduire en bourse pour empocher une plus valus vite fait.
Réponse de le 22/03/2013 à 8:29 :
@ Toledo: Il y a 2 raisons pour lesquelles le câble n'a pas décollé en France.
1) Les 2 principaux acteurs du câble étaient France Télécom (FT Câble) et Vivendi (NC Numéricable) et leur stratégie était de développer l'ADSL et le satellite (Canal Sat).
2) Le marché était éclaté entre plusieurs câblo-opérateurs ayant chacun des régions disjointes difficiles à optimiser pour le réseau (plusieurs têtes de réseau).
Les fusions successives, FT/NC Numéricâble, Noos,UPC puis les 2 entités restantes, ont permis la création d'un réseau cohérent s'appuyant sur les meilleures technologies (Cisco, Juniper,...).
Réponse de le 22/03/2013 à 16:03 :
@Bubu

Bonjour le discours marketing... les meilleurs technologies rien que ça!
Réponse de le 22/03/2013 à 22:24 :
@ CRC32: vous avez mieux que Cisco et Juniper pour les routeurs, CMTS ?
Réponse de le 23/03/2013 à 2:26 :
Bubu est manifestement un résident de Champs... Maintenant, juniper, c'est plutôt pas mal quand on essayé les autres. Ciscoco, bon.. ca eu été pas mal il y a 20 ans, mais c'est un peu l'IBM du routeur. Quand on est a la DT, on en met uniquement dans dans le tuyau pour éviter de se faire rouster par le boss et parce qu'ils payent le marketing derrière, mais surement pas pour le rapport performances/poids/prix ;-)

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