Bouygues Telecom allumera la 5G au 1er décembre

L’opérateur de Martin Bouygues se donne « un objectif de couverture nationale d’ici un an ». En parallèle, Bouygues Telecom vient d’obtenir une baisse du prix de l’accès au réseau fibre de SFR dans les zones moyennement denses.
Pierre Manière
Martin Bouygues, le chef de file de Bouygues Telecom.
Martin Bouygues, le chef de file de Bouygues Telecom. (Crédits : © Benoit Tessier / Reuters)

Bouygues Telecom ne va pas tarder à allumer la 5G. Lors de la présentation de ses résultats au titre du troisième trimestre, ce jeudi, l'opérateur de Martin Bouygues a indiqué qu'il ouvrirait commercialement son nouveau réseau au 1er décembre. Le groupe s'est donné « un objectif de couverture nationale d'ici un an ». Pour étendre son réseau 5G, Bouygues Telecom déploiera de nouvelles antennes compatibles avec ses nouvelles fréquences 3,5 GHz, dédiées à cette technologie. Il va également « migrer progressivement les bandes de fréquences existantes 4G en 5G »« En parallèle, Bouygues Telecom poursuivra la densification de son réseau en termes de capacité et de couverture, notamment dans les zones très denses, nécessaire tant pour la 5G que pour la 4G, affirme le groupe dans un communiqué. Il se donne pour objectif d'avoir plus de 28.000 sites d'ici 2023. »

Bouygues Telecom rappelle que la 5G a deux objectifs. Le premier est de désengorger les réseaux 4G, de plus en plus sollicités, dans les grandes villes. Le second est de se tenir prêt à déployer de nouveaux services et usages, en particulier pour les entreprises, d'ici deux à trois ans, lorsque les réseaux 5G pourront être exploités au maximum de leurs possibilités. Outre des débits plus importants, la 5G disposera alors d'une très faible latence (la réponse du réseau lorsqu'on le sollicite) ou encore d'une capacité à gérer des myriades d'objets connectés. Autant de caractéristiques qui devraient intéresser les industriels soucieux d'accélérer leur numérisation.

La fibre continue de séduire les clients

Malgré la crise sanitaire et économique, Bouygues Telecom se porte bien. Sur les neuf premiers mois de l'année, son chiffre d'affaires s'élève à près de 4,7 milliards d'euros, en hausse de 6% par rapport à la même période lors de l'exercice précédent. Le résultat opérationnel, de 460 millions d'euros, se replie très légèrement de 5 millions d'euros, en raison, notamment, d'une baisse des cessions de tours télécoms. A l'instar de ses rivaux, l'opérateur continue d'engranger des abonnés. La fibre, en particulier, séduit de plus en plus les consommateurs. « À fin septembre 2020, le parc de clients FTTH [fibre jusqu'à la maison, Ndlr] atteint 1,4 million, grâce au gain de 378.000 nouveaux clients depuis fin 2019 dont 169.000 au troisième trimestre, précise l'opérateur. Le taux de pénétration du FTTH poursuit sa progression à 34% contre 22% un an auparavant. »

Toujours sur le front de la fibre, Bouygues Telecom a en outre remporté un important bras de fer avec SFR. Au début d'année, l'opérateur de Martin Bouygues avait déposé une demande de règlement de différend à l'Arcep, le régulateur des télécoms, dans le cadre d'un conflit avec son concurrent. Il jugeait que l'opérateur au carré rouge pratiquait des prix de gros prohibitifs pour accéder à son réseau de fibre dans les zones moins denses, qui regroupent les villes moyennes et les périphéries des grandes agglomérations.

Fibre : SFR contraint de baisser ses prix de gros

A l'époque, Bouygues Télécom était particulièrement remonté contre certaines augmentations tarifaires de son rival. Au 1er février, son tarif dit de « cofinancement » - dont bénéficient les opérateurs qui ont décidé de coinvestir avec SFR, par tranches de 5% de son périmètre en zone moyennement dense - est passé de 5,32 euros à 5,80 euros mensuels par ligne. En parallèle, le prix de location d'une ligne à l'unité a grimpé de 16,40 euros à 16,73 euros par mois.

Bouygues Télécom jugeait ces prix injustifiés, et a donc réclamé, selon l'Arcep, la suppression de ces hausses tarifaires. L'opérateur souhaitait également que son rival baisse le prix de location mensuel d'une ligne à l'unité dans une fourchette comprise entre 12,20 euros et 13,20 euros à compter du 3 janvier 2020. L'Arcep a finalement tranché en faveur de Bouygues Telecom. Ce mercredi, le régulateur a jugé que la hausse du tarif du cofinancement fixée par SFR « n'était ni justifié ni raisonnable », et l'oblige à rétropédaler. Idem pour son prix de location d'une ligne à l'unité. Ici, l'autorité a jugé que « la borne haute de l'intervalle tarifaire demandé par Bouygues Telecom, à savoir 13,20 euros par mois et par ligne, était raisonnable », et impose à SFR de s'aligner au moins sur ce prix.

Pierre Manière
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Commentaires 2
à écrit le 20/11/2020 à 11:42
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Il faut prendre conscience que pour l'instant la 5G n'est qu'une "innovation" que l'on veut nous faire prendre pour un "progrès", ce qu'elle n'est pas!

à écrit le 19/11/2020 à 12:12
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Encore un pas civilisationnel en arrière. "Le commerce est l'école de la tromperie" Nicolas Machiavel

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