Déploiement de la fibre : Orange risque gros après la gifle du Conseil d’Etat
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Christel Heydemann, la patronne d'Orange.
Reuters
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Chez Orange, la décision a fait l'effet d'une bombe. Il y a deux semaines, le Conseil d'Etat a tranché en faveur de l'Arcep dans un gros conflit avec l'opérateur historique. Dans une décision très attendue, la plus haute juridiction administrative de l'Hexagone a conforté le régulateur des télécoms, qui considérait qu'Orange n'avait pas respecté certains engagements de couverture en fibre. C'est l'opérateur, furieux d'une mise en demeure de l'Arcep à ce sujet, qui avait saisi le Conseil d'Etat.
Les obligations d'Orange concernent les villes moyennes et les périphéries des grandes agglomérations. En 2018, l'opérateur s'est engagé à couvrir en fibre optique environ 3.000 communes, regroupant plus de 12 millions d'habitations. En réalité, Orange a pris deux engagements. Celui de rendre au moins 92% de tous ces locaux « raccordables » à la fibre - le reste étant « raccordables sur demande » des clients, avec un délai plus long - à fin 2020. Le deuxième engagement consistait à rendre 100% des locaux raccordables à la fin 2022.
La mise en demeure de l'Arcep concernait l'engagement de 2020. Elle a été décidée le 17 mars 2022, et priait Orange d'honorer sa promesse « au plus tard le 30 septembre 2022 ». Après avoir été débouté par le Conseil d'Etat, l'opérateur s'est montré rassurant. « Orange a d'ores et déjà dépassé le seuil de couverture de 92% de locaux raccordables, source de la mise en demeure du régulateur, qui était attaquée devant le Conseil d'Etat », a-t-il indiqué.
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Sauf que, selon nos informations, Orange n'avait pas respecté son obligation à la date du 30 septembre fixée par l'Arcep. Cela signifie que le régulateur, qui va nécessairement devoir solder la procédure en cours, pourrait parfaitement sanctionner l'opérateur... Celui-ci encourt une amende pouvant atteindre jusqu'à 3% de son chiffre d'affaires, d'après le code des postes et communications électroniques. Interrogé par La Tribune, l'Arcep affirme simplement que « la procédure suit son cours ».