Fibre dans les campagnes : les grands opérateurs accélèrent

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L’arrivée progressive des Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free - aux noms bien connus du grand public -, est perçue comme un catalyseur des abonnements.
L’arrivée progressive des Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free - aux noms bien connus du grand public -, est perçue comme un catalyseur des abonnements. (Crédits : © Lisi Niesner / Reuters)
Depuis un peu plus d’un an, Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ont signé de nombreux accords pour commercialiser progressivement leurs offres Internet fixe à très haut débit dans les territoires les moins peuplés de l’Hexagone.

Le déploiement de la fibre constitue un des plus gros chantiers industriels français du moment. Il mobilise l'État et tout l'écosystème des télécoms. Les grands opérateurs nationaux, c'est-à-dire Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free se livrent à une concurrence féroce pour équiper les infrastructures dans les grandes villes. Mais dans les campagnes, moins peuplées et bien moins rentables, la donne est différente. Comme les grands opérateurs n'ont pas souhaité y aller spontanément, des réseaux dits d'initiative publique (appelés RIP) ont vu le jour. Ici, ce sont les collectivités qui déploient leurs propres réseaux de fibre, en bénéficiant d'aides financières de l'Etat.

Elles font appel à des opérateurs d'infrastructures, qui sont soit des filiales des grands opérateurs (Orange Collectivité ou SFR Collectivité). Soit d'autres acteurs peu connus du grand public, à l'instar de Covage, Axione (qui appartient au groupe Bouygues), Altitude ou TDF. Ces derniers signent ensuite des accords avec les opérateurs de détail, lesquels commercialisent les abonnements. Les campagnes et zones peu peuplées sont un des grands enjeux du déploiement de la fibre et de l'accès à Internet à très haut débit. Ces territoires regroupent 40% de la population. Ils représentent 17 millions de locaux et habitations à raccorder. Sachant qu'aujourd'hui, 2,5 millions de prises fibre ont été déployées sur les RIP. Le sujet est des plus sensibles. Dans les campagnes, de nombreux foyers n'en peuvent plus de devoir composer avec un ADSL à bout de souffle.

Multiplication des accords

Depuis longtemps, le déploiement de la fibre suscite des craintes dans ces territoires. Beaucoup redoutent que les grands opérateurs rechignent à y commercialiser leurs offres Internet, en particulier dans les départements où ils n'ont pas été choisis pour déployer la fibre. Par le passé, Orange et SFR ont été accusés d'agir de la sorte pour faire pression sur les collectivités qui n'avaient pas encore sélectionné leur opérateur d'infrastructures, afin de décrocher la timbale. L'opérateur historique a essuyé d'autres critiques. Comme il dispose d'énormes parts de marché dans l'ADSL en zone rurale, de nombreux élus l'ont accusé de traîner les pieds pour commercialiser sa fibre, afin de profiter au maximum de sa « rente du cuivre ».

Mais depuis un an, ces craintes semblent s'atténuer. « Nous sommes confiants, a déclaré Sébastien Soriano, le président de l'Arcep, le régulateur des télécoms, lors d'une audition au Sénat la semaine dernière. C'est vrai qu'il y a eu une inquiétude de voir les réseaux publics boudés par les grands opérateurs commerciaux. Mais ce risque est de plus en plus derrière nous. » De fait, les Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free ont récemment multipliés les accords avec les opérateurs d'infrastructures pour commercialiser leurs offres de fibre sur leurs réseaux. Après avoir signé avec Altitude, Covage et Axione, Orange a annoncé, ce lundi, sa venue sur les RIP de TDF. SFR et Bouygues Telecom ont eux-aussi signé avec tous les opérateurs d'infrastructures alternatifs. Il en va presque de même pour Free, à qui il reste à trouver un terrain d'entente avec TDF. Toutefois, ces accords ne sont pas du tout synonymes de commercialisations immédiates. D'une part, parce que les grands opérateurs veulent souvent installer leurs propres équipements, ce qui prend du temps. D'autre part parce qu'à leurs yeux, certaines zones sont plus ou moins prioritaires.

Un effet domino

Reste que ces accords semblent démontrer leur appétence pour la fibre dans les campagnes. D'après Etienne Dugas, le président d'Infranum, un organisme qui fédère les industriels des RIP, il y a un effet domino. Selon lui, dès qu'un grand opérateur prépare la commercialisation de ses offres sur un territoire, les autres ne tardent pas à faire de même pour ne pas prendre de retard et perdre des parts de marché.

L'arrivée progressive des Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free - aux noms bien connus du grand public, au contraire des petits opérateurs alternatifs - est perçue comme un catalyseur des abonnements. Car jusqu'à présent, le taux de pénétration de la fibre dans les campagnes (c'est à dire le nombre d'abonnés par rapport aux nombre de locaux couverts) n'est « que » de 16%, contre 39% dans les grandes villes, et 42% dans les villes moyennes et les périphéries des grandes agglomérations.

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Commentaires
a écrit le 02/10/2019 à 6:04 :
Il est content l'habitant d'une agglo de 500 000 habitants qui ne peut pas avoir la fibre, de savoir que les "zones faiblement peuplées" vont être équipées
a écrit le 01/10/2019 à 21:30 :
L'ADSL n'est pas seulement a bout de souffle, il est de plus en plus lent, à cause de la multiplication exponentielle des javascripts qui, en douce, interfèrent masivement dans la navigation sur le net. Il n'est pas rare d'avoir une cinquantaine, voire plus d'une centaine de ces parasites invisibles qui rémunèrent les sites pour qu'ils les rendent inévitables.
On trouve maitenant des scripts de facebook discrètement intégrés aux sites, meme quand on surfe sur son propre compte bacaire ou dans la zone 'réservée" aux abonnés de compagnies aériennes, etc. Ceci en n'ayant pas de compte facebook ! Sans parler de Google avec sa multitude de scripts invisibles dès qu'on se connecte à l'internet.
On paye pour cette bande passante indésirable ; les sites "gratuits" ne sont donc pas gratuits.
Il est pathétique aussi de voir le retard des parlementaires censés nous protéger du piratage de nos données (cf. la 'protection" désuète et empoisonnante de la loi anti-cookies).
Réponse de le 02/10/2019 à 2:34 :
l'ADSL est à présent aussi lent que le bas débit sans live box de 1999 :
retour à la case départ,
avec intrus et plantes parasites invasives " pour compensation " MERCI.
Réponse de le 02/10/2019 à 14:43 :
Bloquez les cookies, les javascripts, les bibliothèques tierces, le webRTC, les images lourdes, les fontes de caractères exotiques, le précache et d'autres joyeusetés dont j'ignore l'existence...

Les pages vont se charger à une vitesse spectaculaire avec un desgin des années 90.

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