ENTRETIEN. Pour éviter les ratés d’ici à 2030, l’Hexagone doit mieux se préparer à la fin du cuivre et au passage au tout fibre optique, alerte Patrick Chaize, sénateur et président de l’Avicca, l’association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel.D'ici à 2030, les Français, en métropole comme dans les outre-mer (DROM), n'utiliseront plus le réseau cuivre pour se connecter à Internet ou passer des appels fixes : celui-ci laissera définitivement la place à la fibre optique. Patrick Chaize, sénateur de l'Ain et Président de l'Avicca (Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l'Audiovisuel) détaille les conséquences, à l'occasion de l'Université de la transition numérique des territoires qui s'est déroulée à Dijon mi-septembre.
LA TRIBUNE - Quels sont les enjeux liés à la fin du cuivre prévue pour 2030 ?
PATRICK CHAIZE - Quand il y avait le cuivre, c'était le service universel, le réseau filaire de communication français et universel. Je le dis avec provocation, à l'époque, finalement, c'était « un réseau de confort ». Aujourd'hui, tout cela bascule sur ce réseau fibre. Cette transition est essentielle non seulement pour améliorer la qualité des services, mais aussi pour garantir la résilience de nos réseaux. Si nous ne préparons pas correctement cette migration, nous risquons de voir des coupures de service et des retraits économiques dans certaines zones. Il est crucial d'informer les usagers sur les enjeux de cette transition pour éviter des situations difficiles à l'avenir.
Comment remédier aux raccordements complexes ?
Les raccordements complexes concernent souvent des logements situés dans des zones sans infrastructures adéquates. La définition de ce terme est essentielle, car il incarne la réalité pour de nombreux foyers. Il s'agit d'un raccordement nécessaire à un logement qui est dépourvu d'un génie civil. C'est-à-dire, celui qui est alimenté par des câbles en pleine terre. Ce n'est pas forcément le raccordement long, à 150 mètres. Une des solutions envisagées est la mise en place d'initiatives législatives, comme celle de notre collègue Éric Bothorel, qui visent à simplifier ces processus. Cependant, il est impératif de trouver des solutions qui n'alourdissent pas le coût pour les opérateurs, mais qui soient justes et durables à long terme. Nous devons réfléchir à des alternatives, comme des mécanismes de location de fourreaux, et explorer toutes les pistes.