La Commission européenne souhaite que les géants du Net comme Google, Facebook, Amazon, Microsoft ou Netflix, dont les services sont particulièrement gourmands en bande passante, participent au financement des réseaux Internet fixe et mobiles. « C’est un pas gigantesque qui a été fait », se félicite Arthur Dreyfuss, le président de la Fédération française des télécoms (FFT).C'est une vieille, très vieille revendication de l'industrie des télécoms qui vient de faire son nid à Bruxelles. Lors d'une conférence de presse, ce mardi, Margrethe Vestager s'est montrée déterminée à faire payer une partie de la note des réseaux aux géants américains du Net. « Je pense qu'il y a une question que nous devons examiner avec beaucoup d'attention : celle de la contribution équitable [des Gafa] aux réseaux de télécommunications », a lancé la vice-présidente de la Commission européenne, également en charge de la concurrence.
C'est la première fois que le sujet est abordé aussi frontalement par Bruxelles. Pour justifier de faire passer les Google, Amazon, Facebook et autres Netflix à la caisse, Margrethe Vestager souligne qu'ils génèrent « beaucoup de trafic pour exercer leur activité », mais sans participer, d'aucune manière, au financement des infrastructures Internet fixe et mobiles. « Les Gafa n'ont pas contribué aux investissements visant à étendre la connectivité », constate-t-elle.
« Réorganiser la juste rémunération des réseaux »
Signe que l'affaire est désormais prioritaire, Thierry Breton a largement conforté sa sortie. « Une poignée d'acteurs occupent à eux seuls plus de 50% de la bande passante mondiale, a affirmé le commissaire français en charge du marché intérieur sur Twitter. Il est temps de réorganiser la juste rémunération des réseaux. C'est désormais l'un des principaux chantiers de notre espace numérique. » Dans l'Hexagone, même son de cloche pour le Medef. « Oui, les Gafam doivent participer au financement des réseaux télécoms, a déclaré Geoffroy Roux de Bézieux, son président, sur Twitter. C'est une juste contribution de ceux qui publient des contenus et occupent toujours plus de bande passante. »
Député En Marche et très investi dans le numérique, Eric Bothorel s'est également montré favorable à une telle mesure. « Qu'une partie de ceux qui consomment de la bande passante financent une partie des infrastructures télécoms ne me choquerait pas, surtout les plus gourmands », a déclaré le parlementaire, par ailleurs pressenti pour devenir ministre du Numérique dans le prochain gouvernement Macron.