Huawei renoue avec de gros bénéfices malgré les sanctions américaines

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Reuters

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Huawei a-t-il tourné la page des sanctions américaines ? Ses derniers résultats semblent le montrer. Fin décembre dernier, le géant chinois des télécoms et des smartphones, qui s'est vu interdire en 2019 de s'approvisionner en technologies « made in USA », avait indiqué qu'il avait « surmonté cette tempête », en faisant état d'un chiffre d'affaires de « plus de 700 milliards de yuans » (89 milliards d'euros) en 2023.
Ce vendredi, le groupe confirme, dans un communiqué, que ses ventes se sont élevées à 704 milliards de yuans (plus de 90 milliards d'euros) l'an dernier. Mais surtout, Huawei a publié, ce même jour, son bénéfice net, jusqu'alors inconnu. Celui-ci a grimpé en flèche : il a plus que doublé, progressant de 144% sur l'exercice, à 87 milliards de yuans (11,2 milliards d'euros).
Une performance solide, donc, dont son état-major se félicite :
Sous l'effet des sanctions américaines, Huawei a opéré une profonde transformation. Si les télécoms - et en particulier la vente d'équipements 5G, une technologie où il est toujours considéré comme le plus en pointe - restent son cœur de métier, le groupe de Shenzhen a élargi ses activités. Il se pose désormais comme un « accompagnateur » de la transition numérique. Il revendique sa capacité à proposer toutes les solutions, des terminaux au cloud, en passant par les logiciels d'intelligence artificielle, pour numériser tous les secteurs de l'économie.
Cette mue a vraisemblablement permis à Huawei de remonter la pente. La chute avait, il est vrai, été brutale. En 2020, le groupe avait dégagé un chiffre d'affaires de 891 milliards de yuans, avant de voir ses ventes dégringoler de près de 30% l'année suivante. A l'époque, beaucoup se demandaient si Huawei, privé de technologies américaines, serait capable de rebondir.
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Si le groupe a repris sa marche en avant, sa situation demeure toutefois tendue. Les Etats-Unis n'ont pas cessé leurs attaques envers Huawei, qu'ils accusent toujours d'espionnage pour le compte de Pékin. En Europe, le groupe de Shenzhen doit composer avec un climat de méfiance, si ce n'est de défiance, qui ne cesse de s'accroître. En janvier dernier, le Parlement européen a même adopté une résolution alertant sur la « vulnérabilité » des infrastructures critiques du continent, avec dans son viseur, les équipements 5G de Huawei et de son compatriote ZTE.
Huawei affiche, de son côté, sa détermination à rester coûte que coûte en Europe. Le groupe a d'ailleurs débuté la construction d'une usine d'équipements 5G près de Strasbourg, en France. Cet investissement, d'un montant de plus de 200 millions d'euros, doit lui permettre de préserver ses parts de marché sur le Vieux Continent.
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