Le chantier de la fibre bousculé par le Covid-19

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En raison des retards dus au confinement et aux gestes-barrières qui compliquent les chantiers de pose, un million de prises raccordables ne le seront pas, montre une étude commandée par Infranum, qui regroupe les industriels des télécoms.
En raison des retards dus au confinement et aux gestes-barrières qui compliquent les chantiers de pose, un million de prises raccordables ne le seront pas, montre une étude commandée par Infranum, qui regroupe les industriels des télécoms. (Crédits : DANIEL MUNOZ)
Le chantier pour déployer le très haut débit sur tout le territoire français souffrira en 2020 d'un retard dû au coronavirus, avec un retour à un niveau de 4,3 millions de prises fibre installées, inférieur à celui de 2019, ont prévenu lundi les acteurs de la filière.

Les acteurs de la fibre ont souffert du Covid-19. Le chantier pour déployer le très haut débit sur tout le territoire français souffrira en 2020 d'un retard dû au coronavirus, avec un retour à un niveau de 4,3 millions de prises fibre installées, inférieur à celui de 2019, ont prévenu lundi les acteurs de la filière. L'an dernier, 4,8 millions de prises avaient été raccordées. Les acteurs prévoyaient avant la crise sanitaire un nombre record de 5,3 millions de prises raccordées à la fibre optique cette année, notamment en zone moyennement dense et rurale.

En raison des retards dus au confinement et aux gestes-barrières qui compliquent les chantiers de pose, un million de prises raccordables ne le seront pas, montre une étude commandée par Infranum, qui regroupe les industriels des télécoms. "On a un assez bon niveau de confiance" sur cette estimation à la condition que des mesures pour la reprise soient mises en place, a précisé à l'occasion d'une visioconférence Etienne Costes, chargé du secteur télécoms et technologies pour le cabinet EY et coauteur de l'étude.

Forte baisse d'activité

Lors du confinement, les chantiers sont descendus à entre 40% et 50% de leur activité nominale. Les entreprises déclarent depuis être revenues à 75%, et estiment qu'elle seront à 90% à partir de septembre. Alors que les opérateurs, le régulateur des télécoms et des acteurs publics avaient exprimé des inquiétudes quant la survie de la filière, composée d'une myriade de sous-traitants, les diverses mesures de soutien de l'État et des donneurs d'ordre semblent avoir limité les dégâts, selon les auteurs du rapport.

Ainsi, "11% des acteurs interrogés envisagent de licencier. C'est à la fois peu, mais quand même significatif pour une filière censée tourner à plein", a dit M. Costes. "Tous les opérateurs télécoms ont pris des mesures sur les délais de paiement", a déclaré le président d'Infranum Etienne Dugas. En revanche, seul "Orange a accepté de payer un surcoût pour aider les entreprises de la filière à accélérer plus fort et plus vite". Le chantier de déploiement de la fibre optique en France s'inscrit dans le plan "THD" qui vise une couverture intégrale du territoire d'ici à 2022 en internet très haut débit, fixe et mobile. Pour tenir cet objectif, la filière présentera dans quelques jours ses propositions pour un plan de relance.

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Commentaires
a écrit le 17/06/2020 à 22:41 :
Ah c'est encore bien Franco Français cette analyse. Par son manque total de réalisme quant à la réalisation du projet fibre, on a trouvé le coupable le COVIR 19.
Personne ne souligne que le réseau fibre aurait du être terminé depuis longtemps, bien avant l'arrivée du COVIR 19 et que cela aurait facilité le télétravail.
Dans son commentaire le censuré a bien décrit la situation, copie conforme pour les zones blanches 4G, copie conforme pour la gestion de la pandémie, etc. Pendant encore combien de temps la France accumulera les ''copies conformes'' en perdant beaucoup de temps pour identifier un coupable et son suivi d'explications inutiles.
a écrit le 17/06/2020 à 9:11 :
Un article très intéressant, avec des chiffres dont le recoupement permet de comprendre la pagaille régnant dans cette filière. A ce stade ce n'est plus une "filière" mais une accumulation d'intérêts divergents, politiques, locaux, sociaux, propice à tous les effets pervers au détriment du contribuable. Chacun tire à hue et à dia sans le sens qui l'arrange. L'article parle d'ailleurs justement d'une "myriade de petits sous-traitants" qu'il faudrait aider à rester faibles et dépendants.
Le bon sens serait de ne pas aider les maillons faibles et de renforcer les entreprises solides. Le haut débit n'a pas pour vocation d'être une ambulance sociale de plus. Son ambition est d'assurer un fluide d'information vitale dans tous le système économique. Sans ce fluide c'est la survie de l'ensemble qui est menacée à court terme. Rien à voir avec les horizons chimériques que les superstitions écologistes fixent pour l'apocalypse.
a écrit le 16/06/2020 à 13:42 :
Réponse à PAFO :
Un peu gros l'argument de la menace américaine. Ce n'est pas à cause d'elle si nous avons un réseau fibre digne d'un pays émergent. Les paramètres français suffisent : programmes flous, "controles" inopérants, dilution totale des responsabilités, GRH de service public, inertie locale et courte vue. En gros le même diagnostic que pour le covid.
Ca va coûter très cher au gouvernement car des millions de gens rament désespérément sur internet et se disent dix fois par jour "Merci Macron !".
Ne pas faire du très haut débit pour tous LA priorité absolue avant le prochain épisode covid relève de la trahison et cette trahison sera franco-française.
Réponse de le 17/06/2020 à 2:09 :
La trahison, c'est surtout de payer la fibre, les JO 2024 et le sauvetage d'entreprises du luxe (air france, automobile, ...) alors que notre indépendance alimentaire à l'horizon 2050 n'est pas du tout assurée.
Réponse de le 17/06/2020 à 13:46 :
Répons à truc :
Votre réponse montre que pour les écologistes la priorité n'est pas le haut débit, problème capital aujourd'hui, mais l'"indépendance alimentaire de la France dans 30 ans" …
a écrit le 16/06/2020 à 9:10 :
Complément d'information à cet article, avec plus de détail sur les données chiffrées sur le site du cabinet Tactis : https://www.tactis.fr/covid-deploiement-fibre-ftth/
a écrit le 16/06/2020 à 8:17 :
Nous dépendant totalement des USA en informatique alors que des sociétés européennes et françaises sont compétentes dans ce domaine. Nos systèmes et applications informatique peuvent être facilement rendu inopérant grâce au quasi-monopole étranger. Nous n'avons aucune indépendance numérique (même l'armée), et l'Europe devrait au minimum imposer une norme rendant obligatoire le maintient de fonctions élémentaires de nos systèmes dans toutes les situations. Sinon cet investissement massif en fibre est absurde.
a écrit le 15/06/2020 à 22:56 :
Personne n'est dupe. Déjà, avant le covid, les opérateurs étaient incapables de donner les dates de raccordement aux utilisateurs victimes de lignes cuivre à bout de souffle. Il n'y a pas de programme et tous les prétextes sont bons pour persévérer, en particulier les transferts de responsabilité aux collectivités locales.
Le covid a pourtant montré qu'un débit rapide et fiable est prioritaire, en particulier en zones peu denses (télétravail). Il est aussi vital dans les zones de tourisme, notamment sur les cotes.
En Bretagne Nord on a une explication pour le nom Orange : c'est la combinaison de deux couleurs, au début on rit jaune et à la fin on voit rouge.

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