Le fonds américain KKR se branche sérieusement sur Telecom Italia

Le fonds américain a lancé une opération d'acquisition de Telecom Italia, dont le conseil d'administration a qualifié l'offre d'amicale. KKR met 12 milliards de dollars sur la table pour s'offrir l'opérateur historique italien. Pas assez pour Vivendi, qui n'a pas raccroché au nez de KKR. L’État italien hésite encore pour sa part.

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(Crédits : Stefano Rellandini)

Telecom Italia (TIM) a annoncé dimanche que son conseil d'administration avait examiné une offre non contraignante de 12 milliards de dollars (10,8 milliards d'euros) du fonds américain KKR visant à privatiser l'opérateur télécoms. L'offre de KKR représente une prime de 45,7% par rapport au cours de clôture de vendredi et intervient alors que l'administrateur délégué de TIM, Luigi Gubitosi, est bousculé, notamment par son premier actionnaire Vivendi, à la suite de deux avertissements sur résultats en trois mois.

Le conseil d'administration de TIM, présidé par Salvatore Rossi, s'est réuni pendant plusieurs heures dimanche après-midi et, dans une brève déclaration, n'a pas indiqué s'il allait soutenir l'offre, qualifié d'"amicale" par KKR. Le Trésor italien a assuré que l'intérêt des investisseurs étrangers pour les entreprises nationales était "une nouvelle positive pour le pays". "Le gouvernement suivra de près l'évolution de la situation (...) et évaluera soigneusement (...) les projets relatifs aux infrastructures (de TIM)", a précisé le Trésor.

Une offre qui ne valorise pas TIM, selon Vivendi

Le groupe de capital-investissement KKR a pris en 2020 une participation de 37,5% dans le réseau fixe dit du "dernier kilomètre" (Fibercop), celui menant jusqu'au client, de Telecom Italia. Le projet de KKR verrait Telecom Italia isoler son réseau fixe pour être géré comme un actif régulé par le gouvernement selon le modèle utilisé par Terna ou Snam, deux gestionnaires de réseaux d'énergie, ont déclaré deux sources proches du dossier. Dans l'incapacité d'endiguer l'hémorragie des revenus du groupe, Luigi Gubitosi a commencé à chercher des moyens de tirer profit des actifs de TIM, en étudiant notamment un projet de fusion - qui n'a pas abouti - entre ses principaux actifs de téléphonie fixe et ceux de son rival Open Fiber.

Vivendi, qui fait pression pour remplacer Luigi Gubitosi, estime que l'offre de KKR ne valorise pas suffisamment TIM, a déclaré une source proche du groupe français de médias. Un porte-parole a indiqué que Vivendi restait disposé à travailler aux côtés des autorités et des institutions italiennes pour le succès à long terme du groupe italien.

D'autres fonds à l'affût

Les sociétés de capital-investissement CVC et Advent ont parallèlement étudié d'éventuels projets pour TIM, en travaillant avec l'administrateur délégué de Telecom Italia, Marco Patuano, désormais conseiller chez Nomura. Un porte-parole des deux fonds a déclaré qu'ils étaient ouverts à travailler avec toutes les parties prenantes sur une solution pour renforcer TIM.

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