Telecom Italia : les grandes manœuvres se poursuivent

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Pour se renflouer et doper sa capacité à investir, Telecom Italia réfléchit à vendre pour deux milliards d’euros d’actifs.
Pour se renflouer et doper sa capacité à investir, Telecom Italia réfléchit à vendre pour deux milliards d’euros d’actifs. (Crédits : Remo Casilli)
L’opérateur historique, dont Vivendi est le premier actionnaire, travaille sur une fusion de son réseau Internet fixe avec celui d’Open Fiber, qui appartient à l’énergéticien Enel. En parallèle, le groupe, qui a payé très cher ses fréquences 5G, réfléchit à d’importantes cessions d’actifs pour investir davantage dans le mobile.

L'état-major de Telecom Italia est sur tous les fronts. L'opérateur historique transalpin continue de plancher sur l'avenir de son réseau Internet fixe, comme sur les moyens de déployer la 5G, la prochaine génération de communication, plus rapidement à moindre coût. Le dossier le plus délicat est sans doute celui de l'avenir de son réseau Internet fixe.

Luigi Gubitosi, le patron du groupe, discute aujourd'hui d'une fusion de cet actif clé avec celui de son rival Open Fiber, qui appartient à l'énergéticien Enel et à la Cassa Depositi e Prestiti, la banque d'État italienne. Le projet pourrait permettre à Telecom Italia, tout comme à Open Fiber, de réaliser des économies en évitant, notamment, des duplications de réseaux fibre à travers le pays.

Mais les négociations ne sont pas faciles, et chacun tire la couverture vers soi. Luigi Gubitosi souhaite notamment que Telecom Italia conserve une forme de contrôle sur la nouvelle entité fusionnée. Mais ces desiderata ne plaisent guère à l'Agcom, l'autorité italienne des télécoms. Son président a ainsi déclaré la semaine dernière qu'un tel contrôle de Telecom Italia constituerait un « retour en arrière ». C'est-à-dire, en clair, à une forme de mainmise, de monopole de l'opérateur historique sur le marché de la fibre.

Vente d'actifs

Le devenir du réseau Internet fixe de Telecom Italia constitue, depuis longtemps, une pomme de discorde. Pendant longtemps, les deux principaux actionnaires de l'opérateur se sont écharpés à ce sujet. Le fonds américain Elliott, qui possède 10% de Telecom Italia et a désormais la main sur le conseil d'administration, milite depuis longtemps pour une séparation totale du réseau pour l'introduire en Bourse ou le fusionner avec Open Fiber. De son côté, Vivendi, le premier actionnaire de l'opérateur avec près de 25% du capital, n'est pas contre transformer ce réseau en une entité juridique distincte du reste du groupe. Mais il souhaite que Telecom Italia en garde le contrôle.

Sur le front du mobile, Telecom Italia cherche, vraisemblablement, des marges de manœuvre pour investir. Fin 2018, au terme de folles enchères, l'opérateur n'a dépensé rien de moins que 2,4 milliards d'euros pour ses fréquences 5G. Pour beaucoup d'analystes financiers, cet énorme montant constitue un lourd handicap pour l'entreprise pour déployer son réseau mobile de nouvelle génération. L'idée étant que ce qui est dépensé dans les fréquences ne l'est, mécaniquement, pas dans les infrastructures.

Pour se renflouer et doper sa capacité à investir, Telecom Italia réfléchit, comme l'a rapporté le quotidien La Repubblica la semaine dernière, à vendre pour deux milliards d'euros d'actifs. Une part d'INWIT, sa division de tours télécoms, pourrait être cédée. Tout comme ses activités dans les data centers et le crédit à la consommation.

Alliance avec Vodafone

En parallèle, Telecom Italia a annoncé, en février dernier, une alliance dans le mobile avec son rival Vodafone. Les deux opérateurs veulent partager leurs infrastructures dans le mobile et fondre leurs 22.000 tours télécoms dans une même entité. Ce qui leur permettra d'économiser de précieux deniers. En mai dernier, Luigi Gubitosi a même indiqué que si un autre opérateur souhaitait se joindre à ce projet, il serait le bienvenu. Il a même tendu une perche à son nouveau rival, Iliad Italia, l'antenne italienne de Xavier Niel.

« Les fréquences 5G ont coûté très cher, ce qui est bien pour les caisses de l'État, un peu moins évidemment pour celui qui paie, donc c'est important de partager les coûts, a affirmé le dirigeant. Si Iliad voulait être de la partie avec nous, cela nous ferait très plaisir. Nous allons nous voir avec Iliad tout comme nous voyons habituellement tous les opérateurs, et nous espérons trouver des points de convergence. »

(avec Reuters)

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