Entre ses mauvais résultats, la perte de son patron, l’offre de rachat du fonds KKR et la possibilité d’une scission de son réseau Internet fixe, l’opérateur historique transalpin suscite des interrogations sur son avenir.A quoi ressemblera Telecom Italia dans les prochains mois ? Et qui en tiendra les rênes ? Voici les questions que se posent, aujourd'hui, les observateurs des télécoms de l'autre côté des Alpes. Il faut dire que l'opérateur historique italien fait l'objet de grandes manœuvres. La première est survenue fin novembre. Le fonds américain KKR a dégainé une offre de près de 11 milliards d'euros pour acquérir l'intégralité du groupe.
L'initiative a été reçue sans engouement particulier par les principaux actionnaires de l'opérateur. D'un côté, l'Etat italien, qui possède près de 10% de Telecom Italia via la Caisse italienne des dépôts (CDP), affirme n'avoir pas tranché. « Nous sommes encore dans les toutes premières étapes où beaucoup de choses doivent être évaluées, a assuré Mario Draghi, le chef du gouvernement. C'est une décision d'extrême importance. » Pour rappel, l'Etat italien dispose du pouvoir de s'opposer à un tel deal, au regard du caractère stratégique de l'opérateur.
Premier actionnaire de Telecom Italia à hauteur de près de 24%, Vivendi s'est d'abord montré opposé à ce rachat, estimant l'offre de KKR largement sous-évaluée. Le géant français des médias, dirigé par Vincent Bolloré, a précisé n'avoir « aucune intention de céder sa participation ». Mais cette position pourrait changer si KKR relevait suffisamment son offre...
Mauvais résultats
Cette offre de KKR symbolise aujourd'hui l'intérêt des fonds d'investissements pour les opérateurs télécoms européens, dont les cours de Bourse sont au plus bas. Leurs valorisations se sont effondrées ces dernières années. Les investisseurs boudent aujourd'hui ces acteurs qui, à l'instar de Telecom Italia, souffrent d'une forte concurrence tout en investissant des milliards dans les réseaux de nouvelle génération, comme la fibre ou la 5G. Un constat qui agace les dirigeants des télécoms. « Quand vous voyez que KKR fait une offre sur Telecom Italia avec une prime de 50% sur le cours de Bourse, vous vous dites qu'il y a quand même un problème », a récemment déclaré Stéphane Richard, le PDG d'Orange.