Télécoms : la fin du déploiement de la fibre vire à la foire d’empoigne
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Dans l'Hexagone, environ 80% des locaux sont raccordables à la fibre optique.
ALESSANDRO BIANCHI
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Dans l'Hexagone, environ 80% des locaux sont raccordables à la fibre optique.
ALESSANDRO BIANCHI
L'objectif du gouvernement d'apporter la fibre à tous les Français d'ici à 2025 sera-t-il tenu ? A vrai dire, le simple fait de poser la question aurait été presque inimaginable il y a quelques mois. Après tout, le chantier du déploiement de la fibre, initié en 2013, était encore récemment présenté comme un franc succès. Plus de 80% des Français et des entreprises peuvent aujourd'hui bénéficier de cette technologie. Mais le « reste à faire » n'a rien d'une promenade de santé. Les derniers locaux à raccorder sont généralement les plus difficiles et les plus coûteux. Et il reste de nombreux problèmes à régler pour y arriver. Mais surtout, l'esprit de concorde qui régnait entre tous les acteurs - les opérateurs télécoms, les industriels en charge des déploiements, les collectivités, le régulateur et le gouvernement -, et qui a permis au chantier d'avancer ces dernières années, a disparu.
La forte accélération du déploiement de la fibre, depuis 2018, a en parallèle accouché d'une avalanche de malfaçons, de raccordements ratés, lesquels ont débouché, dans tout l'Hexagone, sur de nombreux débranchements d'abonnés. Cette colère des clients est remontée jusqu'aux collectivités, et finalement au Sénat, qui représente les territoires. Après des années de passes d'armes entre les élus et les opérateurs, accusés de ne pas prendre ces dysfonctionnements au sérieux, une proposition de loi visant à en finir les malfaçons a vu le jour. Celle-ci a été votée il y a tout juste deux semaines au Sénat, et à l'unanimité.
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Mais le texte a semé la pagaille dans le petit monde des télécoms. Les opérateurs arguent qu'il va déstabiliser toute la filière et mettre à mal l'objectif, cher à Emmanuel Macron, de « la fibre pour tous » en 2025. L'Arcep, le gendarme des télécoms, et le gouvernement sont également de cet avis. Concernant les malfaçons et les raccordements ratés, « personne n'est d'accord sur le constat », souligne Patrick Chaize, le sénateur de l'Ain (LR) à l'origine de la proposition de loi. A ses yeux, le gouvernement, l'Arcep et les opérateurs ont tort de blâmer essentiellement les quelques « réseaux atypiques » en cours de reprise, et qui concentrent énormément de problèmes. Outre « ces grands incendies », explique-t-il, il y en a des myriades de « petits » à éteindre partout sur le territoire.