Propagation du Covid-19 : après Google, Facebook ouvre ses données

Concurrence: criteo porte plainte contre facebook en france
DADO RUVIC

Concurrence: criteo porte plainte contre facebook en france
DADO RUVIC
Alors que 4 milliards de personnes dans le monde sont appelés à se confiner pour lutter contre la propagation du coronavirus, les géants de la tech répliquent. Facebook, utilisé par plus de 2 milliards d'internautes dans le monde, a annoncé lundi le partage de précieuses données "agrégées et anonymisées". Le plus grand réseau social au monde dit ainsi vouloir aider les chercheurs à mieux analyser la propagation de l'épidémie.
Dans le détail, le géant de la Silicon Valley va proposer aux chercheurs "trois nouveaux types de cartes de prévention des maladies" mises à jour quotidiennement, selon un communiqué de presse. Les données partagées, notamment celles de géolocalisation, proviendront des utilisateurs ayant laissé l'option "Historique des positions" activée dans leurs paramètres, a précisé Facebook selon l'AFP.
Le premier type de cartographie, dit de "regroupement", "révèle la probabilité que des personnes d'une région entrent en contact avec des personnes d'une autre région, ce qui permet de mettre en lumière les endroits où des cas de COVID-19 peuvent apparaître ensuite", selon une note sur le site dédié.
Une autre mesure, dite de "connectivité sociale", permet de quantifier et de visualiser les liens sociaux que les habitants d'une région entretiennent avec d'autres régions. L'objectif : "aider les épidémiologistes à prévoir la propagation de la maladie, et à identifier les régions qui auront le plus besoin d'aide", affirme Facebook.
Enfin, un troisième outil permettra de visualiser le respect du confinement à l'échelle régionale. "Les tendances en matière d'amplitude de mouvement montrent, au niveau régional, si les gens restent près de chez eux ou s'ils visitent de nombreux quartiers de la ville, ce qui peut permettre de savoir si les mesures préventives vont dans la bonne direction", justifie le groupe.
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Ces cartes s'inscrivent dans le cadre du programme "Data for good", lancé par le réseau social en 2017. Ce dernier vise à fournir une multitude d'informations aux organisations humanitaires, mais aussi aux institutions publiques de santé, en période de crise sanitaire par exemple. En France, le programme est par exemple réalisé avec l'université PSL qui regroupe 11 établissements d'enseignement supérieur (comme l'Institut Curie, le Collège de France ou encore l'École nationale supérieure de Chimie de Paris). Le CNRS, l'Inria et l'Inserm sont également intégrés au programme pour travaille sur des "modèles de stratégies de déconfinement pour aider à la prise de décisions publiques sur cette question", souligne le communiqué de presse.
En parallèle, le groupe invite ses utilisateurs américains à remplir volontairement un sondage destiné à l'université californienne, Carnegie Mellon University. L'idée est de cartographier les personnes ressentant des symptômes liés au Covid-19 pour identifier les régions les plus touchées.
Et de poursuivre : les données "peuvent aider à déterminer où allouer les ressources médicales nécessaires, comme les ventilateurs respiratoires (...)" Le sondage pourrait être "rapidement étendu" à l'échelle de la planète dans les jours à venir si les résultats américains sont concluants, précise le patron de Facebook.
Le groupe américain a assuré qu'il ne recevrait pas les données de santé partagées via ce sondage, et dit avoir pris toutes les précautions pour éviter que les utilisateurs puissent être identifiés. Car le retentissant scandale Cambridge Analytica, qui a écorné l'image de Facebook en 2018, a levé le voile sur les pratiques laxistes du groupe en matière de protection des données personnelles.
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Le groupe de Menlo Park n'est pas le seul à partager ses données. Vendredi dernier, le géant Google a annoncé partager ses données de localisation pour évaluer le confinement. En France, l'opérateur télécom Orange a par exemple annoncé travailler avec l'Inserm là aussi sur l'exploitation de données de géolocalisation anonymisées afin de mieux suivre les mouvements de la population dans l'Hexagone pendant la pandémie.