LA TRIBUNE - Au moment où les terrasses rouvriront à travers l'Hexagone ce mercredi, vous serez devant le Conseil d'Etat pour défendre un référé déposé début mai, en tant que président national de l'UMIH Nuit, la branche qui rassemble les professionnels du monde de la nuit. Peut-on rappeler la genèse de cette démarche ?
THIERRY FONTAINE - Ce référé-liberté demande au Conseil d'Etat d'intégrer en urgence les établissements de nuit dans le plan de déconfinement au même titre que les concerts et les mariages. En effet, ces derniers vont pouvoir se tenir librement à compter du 30 juin, alors qu'ils se déroulent de la même manière, c'est-à-dire en lieux clos, dans un contexte festif, avec de la danse et des boissons alcoolisées.
Le ministre de la santé Olivier Véran a lui-même botté en touche lors d'une interview télévisée, car il n'existe pas d'explication logique. Nous devrions connaître la décision du juge soit à l'issue directe de l'audience, soit dans un délai d'une semaine pour ce type de procédure.
Votre profession a également mené, au cours des derniers mois, des concertations avec Bercy. Quelle a été la teneur de vos échanges ?
Comme dans le cas de la restauration, le gouvernement nous a concerté, mais ensuite, il tranche, mais pas en notre présence.
On nous a quand même demandé jusqu'où nous étions prêts à aller pour réouvrir...
En attendant, nous étions capables de proposer des efforts en faveur de l'instauration d'un "pass sanitaire" au sein de nos professions, alors que le reste du secteur de l'hôtellerie-restauration (CHR) ne le prévoie pas dans son protocole de déconfinement.