Son annonce avait pris de court les organisations syndicales en mars dernier. Trois ans après le plan de départs volontaires qui avait vu 5.000 collaborateurs quitter l'entreprise, le groupe Altice France - SFR a ainsi présenté un plan "Transformation et ambitions 2025".
Un plan en quatre actes prévoyant le recrutement de 1.000 jeunes diplômés qualifiés en sécurité et en IA notamment, le recrutement de 1.000 apprentis par an, une formation renforcée des salariés mais aussi, - et c'est bien là la goutte de trop pour les syndicats du groupe -, le départ volontaire de 400 salariés de la branche distribution (boutiques) et 1.300 de la branche télécom, dès 2021. Soit 11% de l'effectif du groupe (15.000 salariés).
Après trois mois de négociations et discussions, les syndicats ont décidé, ce début de semaine, de claquer la porte. Et de mener, ce jeudi, un mouvement national de grève, dans le cadre d'une intersyndicale. Une action qui n'est pourtant pas "dans l'ADN de l'entreprise", assure Philippe Pernot, délégué syndical UNSA basé à Lyon, syndicat majoritaire chez SFR. "Nous sommes un syndicat réformiste, ouvert à la négociation. Mais là, aucune discussion n'est possible, la direction reste campée sur ses décisions et refuse de nous donner les informations nécessaires à la compréhension du projet, alors qu'elle a été condamnée à ce sujet par le Tribunal... Nous réfutons l'ampleur du plan et la méthode".