Les syndicats de SFR redoutent que le plan social dégrade la qualité de service

Les représentants du personnel de l’opérateur au carré rouge jugent que le vaste plan de suppressions de postes va impacter les raccordements à la fibre, aujourd’hui caractérisés par de nombreux échecs, ce qui inquiète les pouvoirs publics.
Pierre Manière

2 mn

Patrick Drahi, le propriétaire et chef de file d'Altice France, maison-mère de SFR.
Patrick Drahi, le propriétaire et chef de file d'Altice France, maison-mère de SFR. (Crédits : Philippe Wojazer)

Ils tirent la sonnette d'alarme. Dans un communiqué conjoint publié ce mardi, les trois organisations syndicales de SFR (CFDT, Unsa et CFTC) alertent les pouvoirs publics sur de possibles dégradations de la qualité de service chez SFR, dans le sillage du vaste plan de suppression de 1.700 postes annoncé en mars dernier. Les représentants du personnel soulignent que l'opérateur de Patrick Drahi « a décidé de supprimer la totalité des emplois des salariés chargés de contrôler la qualité des raccordements fibre », qui s'élèveraient à 30 personnes.

Le sujet n'a rien d'anodin. Aujourd'hui, de nombreux raccordements à la fibre ne se déroulent pas correctement. Le mois dernier, une étude réalisée par InfraNum, qui rassemble des industriels des télécoms, estimait que 20% d'entre eux se soldaient par des échecs. Concrètement, certains sous-traitants, chargés par les opérateurs de réaliser les derniers branchements, ne travaillent pas dans les règles de l'art. Mal payés et sous pression, ils effectuent leurs tâches à la va-vite, semant la pagaille dans les installations. Résultats, certains clients peinent à être raccordés. D'autres sont soudainement débranchés.

Cédric O évoque des sanctions

L'Arcep, le régulateur des télécom, et le gouvernement s'en inquiètent depuis des mois. Ils appellent les opérateurs à régler ce problème sans traîner. « La situation actuelle n'est pas satisfaisante, et c'est un euphémisme de le dire », a déclaré Cédric O, le secrétaire d'Etat en charge des télécoms, le mois dernier. Lequel a brandi la menace de sanctions si les Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free faisaient la sourde oreille. Même son de cloche pour Laure de La Raudière, la présidente de l'Arcep. « Le déploiement [de la fibre] ne doit pas se faire au détriment de la qualité de service », a-t-elle lâché.

En alertant de la sorte les pouvoirs publics, les syndicats de SFR espèrent, bien sûr, que le gouvernement se rangera à ses côtés pour dénoncer le plan social, tout en mettant la pression sur la direction. Pour la CFDT, la CFTC et l'Unsa, ce plan est « déconnecté des attentes des clients et des obligations de l'opérateur ». Ils appellent, ainsi, « la direction à revoir sa copie ».

Pierre Manière

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Commentaires 2
à écrit le 02/06/2021 à 12:11
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Je confirme un travail fait à la va vite par des sous-traitants (de tous les opérateurs) sous-équipés et sous pression. Partout ils tirent des câbles n'importe comment et n'importe où, sans aucun contrôle de la ville, accrochant certains câbles sur d...

à écrit le 02/06/2021 à 10:59
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3 courriers recommandés à des adresses changeants afin d'"arrêter un prélèvement de force et toujours rien, je vais dans une boutique sfr dans laquelle on me donne en oucedé un numéro de téléphone qui ne fonctionne pas, heu... on le cherche depuis lo...

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