Inaugurée en 2009 sur l'ancien site de la Manufacture d'Armes de Saint-Etienne, la Cité du Design a longtemps vivoté, considérée comme trop élitiste par le grand public et peu pragmatique par les entreprises. Une page que le maire LR de Saint-Etienne Gaël Perdriau veut définitivement tourner, avec une enveloppe de 60 millions d'euros à la clé. L'équipement, dont la direction générale a été confiée à l'ex-secrétaire d'Etat, Thierry Mandon, est appelé à porter la mutation de tout un quartier, en s'appuyant (entre autres) sur les entreprises.60 millions d'euros pour transformer en profondeur la Cité du Design, mais aussi tout le quartier attenant. Soit un espace de 70.000m² accueillant aujourd'hui 300 chercheurs, 2.000 étudiants et 150 startups dans un espace certes intéressant d'un point de vue du patrimoine immobilier (puisque l'ensemble est bâti autour des anciens bâtiments de la manufacture d'armes de Saint-Etienne) mais considéré comme peu animé et finalement peu visité.
Pas à la hauteur en tout cas d'un quartier dit "créatif" où doivent grouiller avec plaisir de multiples acteurs de la vie culturelle et économique. Et c'est bien là, tout l'enjeu du plan Cité du Design 2025, présenté cette semaine par la métropole stéphanoise.
Un plan de marche dont la construction avait été commandée à Thierry Mandon, directeur de la Cité depuis 2018 et ex-secrétaire d'Etat. En janvier 2019, quatre mois seulement après son arrivée, celui-ci confiait déjà à la Tribune : "Dans un quartier créatif, il doit y avoir de la vie. Ce n'est pas suffisamment le cas ici. Il faut absolument créer de l'animation pour développer le potentiel créatif de ce quartier". Un constat partagé par Gaël Perdriau.
"Il s'agit de faire de ce quartier un lieu unique en France et en Europe, référence du croisement des arts, du design et de l'urbain, un véritable outil d'attractivité du territoire".
Les mots du maire LR de Saint-Etienne et président de Saint-Etienne Métropole, sont forts. À la hauteur de ses espoirs de voir Saint-Etienne érigée enfin, et sans débat, en "Capitale française du design".
Un statut autoproclamé depuis des années, mais contesté et remis régulièrement en cause par les velléités en la matière d'autres métropoles françaises, Nantes et Lille notamment, malgré son label unique de ville française créative design Unesco.
Stéphanie Gallo Triouleyre