Le Cosmetic' Recherche Tour, mené par le CNRS et le pôle Cosmetic Valley, a fait étape à Grenoble fin avril. Et l'étape iséroise de ce "Tour de France" a été l'occasion de mettre en lumière un projet interdisciplinaire et innovant, Cosmethics, porté par l'Université Grenoble Alpes et lauréat d'une enveloppe Idex. Une occasion d'affirmer aussi que la filière pèse plus qu'anticipé dans le tissu régional, avec des compétences développées au sujet de la peau, du packaging ou des sciences humaines, malgré un manque d'identification encore bien réel de ce secteur exportateur."Nous avons lancé un programme inédit et interdisciplinaire autour du sujet des cosmétiques, car ces produits se trouvent eux-mêmes à la confluence entre beauté et santé, jeunesse et vieillesse, corps et estime de soi", explique Anne-Marie Granet-Abisset, professeur émérite d'histoire contemporaine à l'UGA et chercheuse au sein du LARHRA (Laboratoire de recherches historiques Rhône Alpes).
C'est pourquoi elle est même devenue la coordinatrice du projet de recherche Cosmethics, qui, après avoir décroché un premier financement de 700.000 euros en 2017, a poursuivi sa route en remportant une nouvelle enveloppe de 500.000 euros, qui vient tout juste d'être débloquée par l'Université Grenoble Alpes (UGA), dans le cadre des appels à projets de recherche interdisciplinaires permis par sa labellisation IdEX (Initiative d'Excellence). De quoi sécuriser et accompagner ce projet sur les trois prochaines années.
Un programme qui se veut "unique"
L'objectif de ces travaux se veut bien plus large que la formulation d'un nouveau produit:
"Il s'agit d'affiner l'analyse des modèles sociaux et culturels de la jeunesse et de la peau idéale, bases du quatrième secteur économique français, qui n'est autre que la filière cosmétique. Pour cela, nous nous intéressons au sujet du mécanisme de la pigmentation de la peau, de la perception des produits par les différents acteurs",assure la chercheuse.
Mais pour ses instigateurs, ce programme, qui fait intervenir à la fois des chimistes, pharmaciens, chercheurs issus des sciences humaines et sociales représente aussi une occasion d'aller explorer des champs plus larges, allant même jusqu'à la cosmétovigilance.
"Une telle interdisciplinarité est unique en France sur la thématique des cosmétiques", assure la chercheuse. Car au total, ce sont bien huit laboratoires de l'UGA spécialisés en sciences humaines et sociales, en ingénierie, en santé et en sciences qui sont impliqués et collaborent avec le CEA, l'ESRF (synchrotron) et le CHU. Soit près d'une quarantaine de personnes.
Une première qui a d'ailleurs attiré l'attention du pôle de compétitivité Cosmetic Valley et du CNRS. Leur "Cosmetic' Recherche Tour", tour de France de la recherche appliquée au secteur de la cosmétique, a récemment fait étape à Grenoble. Il est même devenu l'une des mesures phares retenues, en octobre 2020, par les Etats généraux de la filière parfumerie-cosmétique, en vue de favoriser les synergies public/privé et de renforcer sa capacité d'innovation du secteur.
Stéphanie Gallo Triouleyre